II AVERTISSEMENT
normandes eut d'en faire prendre une copie au xvni* siècle. Telle fut même alors la rareté des exemplaires qu'il ne trouva pas les trois Trimestres réunis dans la même main, et qu'il lui fallut s'y reprendre à deux fois, et dans deux endroits différents, pour arriver à la transcription de la partie: dé i*èiitrÀ^ qui nous fesle en manuscrit.
Voici la description de ce Manuscrit.
C'est un petit in-folio, en beau papier, relié, avec une couverture de velin vert$ 35? oe^timètres de hauteur sur 20 centimètres de largeur; tranches rouges. Il se compose de cahiers formant 146 pages, les trois premiers feuillets non foliotés, les p. 5 & 113 foliotées, et le reste, en papier blanc, sans fol i otage. Ces cahiers ont été réunis après la transcription, comme le prouvent deux rappels au bas des p. 88 et U4, qui ont été rognées en partie, par la reliure.
Les trois premiers feuillets offrent, pêle-mêle et en assez grand nombre, les noms des auteurs et des ouvrages, qui, chez tous les peuples, et surtout dans les temps modernes, depuis Ovide jusqu'à Lemière, ont traité des sujets identiques à celui des Fastes.
Ce Manuscrit est de deux mains. Les deux premiers Trimestres, celui d'Hiver (janvier, Février, Mars), et celui de Printemps (Avril, Mai, Juin), .«ont d'upe assez belle écriture de la seconde moitié du j^vui*' sii^cip.. Ils vont de la p. 5 à la p. 79, et celui qui a fait cette transcription est inconnu. Seulement, au bas de la p. 79, on lit cette remarque» d'une autre inaln. : « Ces deux trimestres ont été copiés sur a un impj:imé<fi)L-<4'' d^ns ,.19., Bibliothèque des PP. de la doctrine à « Paris. » Ces pères, de la X)octrine^ ou pères doctrinaires, posse»seurs d'un exemplaire, de ces deux Trimestres, faisaient partie de la congrégatipiï des prêtres séculiers de la Doctrine chrétienne, dont le fondateur Ait le vénérable César de Bus, à la fin du xvi* siècle. . , La .transcription en fut faite avant l'année 1777, comme on le verra plus loin. Elle prouve que celui qui l'a faite n'avait que peu ou point de connaissance de la langue latine. Aussi les fautes, qui commençaient dès le titre, y* étaient- elles nombreuses. Une autre. main les a
AYERTlSgBIUENT. lU
corrigéQ&, dans plus d'un passage, où se tral^issait u^ejgnoriance ab-. soluedu latin. Ainsi, le transcripteur avait mis ^^i^ ^sUei; ; jVoua, LibriyFruciilis,Siccis. Qores,Minor, Texmine. Persicos, Dixero, Ice, CapiSy Sempla, etc., mots qui sont des barbarisines bu des non-sens à la place qu'ils occupent, et le correcteur les a sagement remplacés par Nona, Libi, StruciUiSf Succis, Cxlebs, MiroVy Tegmine^ Per Vicos, Devexq, IpStB^ Caplaé, Tèmptûy etc. De plus, il a rétabli, ici uh mot oublié, là un vers passé, sfans arriver' cependant à donnerai! tè^te toute la correction désirable, comme le prpiivènt nosHÊMARQUES ^ur ik insksincATio^. Aussi la révision, la restitution dii texte dé Griielk dû être ' notre premier soin. ' ' - ** ''•'!
Le transcripteur a eu le bon esprit de cdiii^efv^ les mots mis en manchettes, tels (pxé les donnait rimprimé. Mais, adoptant une disposition quin^était pas eelte de llmprlmé -(les deux'^oia dejJ^nvier etdeNovMEtbte defédHion 4ti-8* en font foi>, contrairement. à rusige généralement ^oplé, il a placé i^hexàmètre et ie^ pentamètre, exactement: en ligne, an lieu de porter ce dernier an. peu plua.yers. 1a • droite*': " i . l'i ,1 ■; iii'! ■:/<[ ,. . ■ .
De plus, U ne «'est pas rendu oompte d|ùn .proc^déi suivi, iquelqu^o » ibis par les hnpvimeurs-du xvn* siècle poDrleaiveirsiiatios/: c'était de mettre un.acdent aigu sur Jâ syllabe préeédànt iiaatédSaieittant'lç^ enclitiques qiAe et ne. Ainsi» le tei^ iumprliii»^^: Sédition in-S"", Mois de Janvier, porte : ' ■ ■ ;. • ; • n:-. vi
Mystar&mque sacro, maltipliciqae choro.
Qela a été certainement reproduit, de la mé^aajsià^oii, dan^ l'édition in-4''i coiDiDe. le prouvent tou^ leç autres Quvragjss dei Qrisel, sortis des mêmes presses. La eopitO supprime taus ces.aocents aigus, dont le transcripteur ne s'est pas rendu compte.
Il ne serait pas juste de l'en blâmer, puisque Tusage contraire a prévalu. Mais, parfois, il les transforme en accents graves, de la façon
IV AYBUTJSSfillfiNT.
la plus ihtehipesiive, donnant ainsi Talr d'adverbes à dos mots qui sont toute autre diof^e :
Tom donant (meros inôpei haiecé gemella
Pimèqfêê, ' M: S: p. 44, t. 5.
Ou bien cet accent aigu est encore reporté, ^ous la forme d'accent grave, sur TencliUqvfe elle-même, de sorte qu*avec Tenclitique ne on rencontre des mots dont, au premier abord^ il devient assez difficile de démêler le sens, surtout quand ils ont leurs similaires :
ifire duo ffttis tn^nè cotunnia clathris.
Gbare videsf
M. S. p. 97. vents.
De plus, ou peut y signaler la multipUoité des. grandes lettres, nulle distinction entre les œ et les a?» une .ponctuation sans aucun souci du sens, des accents d'écriture, ire^etés.par la critique moderne, et mal plaoés, notamment sur le mot «um, fût-il préposition, des vers faux, par l'absence d'un mot nécessaire, ou quelquefois par rémission d'une syllàbeî où par la répétition d'uue môme syllabe dans un mot.
Enfln^ il y a une lacune considérable, au Mois de Janvier, p. 9 du M. S., où se lisefit ces deux vers à la suite l'un de l'autre :•.
Bst etiaai Mami radiif omata senatasi Membra ; prope inferiùs compoanere cnices.
Vers 24 et 25.
Leur réunion n'offre aucun sens. C'est qu'il y a, en cet endroit, une lacune de 144 vers, qui ne peut s'expliquer que par l'absence de deux feuillets dans l'imprimé in-4*', ou^ par l'omission involontaire des mêmes feuillets, dufôitdu transcripteur. Cette lacune, que n'a point aperçue le correcteur de la transcription, serait devenue irréparable» sans le secours de l'édition in-S**. (I)
(1) Nous en reparlerons plus loin.
ÂYERTISSEMBIIT. V
Il doit y avoir encore une lacune dans la transcription du Mois d'Avril, parce que ce mois n*a que 182 vers, tandis que tous les autres en ont bien davantage, de 228 à 524. Cette pensée nous estvenuede ce que le texte y passe brusquement du 2, jour de la fôte de Saint-François de Panl6,au 17, jour de l'intronisation de Hugues, archevêque deHouen. Il est peu probable que Grisel, infidèle à son plan, ait omis les fôtes religieuses et les faits historiques compris dans ces quinze jours» où se placent, le 5, Tarrestation du roi de Navarre, dans le château de Rouen, parle roi Jean; le 8, la mort de Richard-Cœur-de-Lion, qui avait encore son toral>eau dans la cathédrale; le 12, la fondation d6}1Ëglise 8ainte*Groix-Saint-Ouen, et la translation du cœur' dç Gulllaume VU d*B8toUteviîIe, archevêque de Rouen et cardinal du "Saint- Siège ; le f 3i Hhtrônisation de Louis d*Hçircourt, archevêque de Rouen ; le 14, rentrée de Charles VIII, reçu par rarchevêqûe Robert de Croixmare; eÂfin, le f5, Ilntroduction dan6 Rouen des eaux de la ôource. de Damétal; par les soins du cardinal 6eôrgesd*Amboise et des Éche-; vins (1). Ce n*est pas, il semble, au silence de Tauteur, mais à l'absence d*nn ou deu^t feuillets dans Timprimé, ou bien encore à une omission du transcripteur, qu'il fkut attribuer ce manque absolu dé détails sur la moitié du mois d'Avril. Cette lacune se placerait à la page 51 du Manuscrit, entre le vers 24, qui termine le récit d'un miracle de Saint-Vincent de Paule, à la date du 2 avril :
In sicolo feeit vir bonns îsta freto,
et le vers 25, annonçant que l'archevêque Hugues réclame pour lui le 17* jour du même mois :
Hogonem sibi poit decimam lux septima sompsit (S). Par compensation, une autre main que celle du transcripteur,
(i) Le Grand Calendrier ou Journal historique de la ville et dioce%e de RoUen (par PeufBer), p. i8-34.
(2) Dans notre édition, la lacune serait, p. 141, entre les vers 106 et 107.
Vf AYERTISSEMENT.
a coipplété le titre du Trimestre d'Hiver, en donnant le lieu de T impression; le nom de l'imprimeur, avec mention de la. date et d|^ privilège 0). .. ., ... * ,'.
Mais il faut savoir moins gré, &,, celui qui Ta fait, d*avoir injtercâlé, dans les manchettes, uà certain nombre d^lndication^ w français formant une disparate choquante au milieu des autresr qui, sont en; latin. ....
lia transcription du Trimestre d'Été (Juillet, Août,, Septep^rjB^ est d*une autre main que celle des. deux TrimejstrQS nrécédents^ De cellelai&ous pouvons affirmer tout à la. foi^ la date précise^ 1^. ^r9y^nance
et'r^'teur. ^ " ■.'.-■'.'•* •.-'■Tk-^ " ' '
A la, an du mois de Septembre, la page U2 Qfu^M.,§.jP^rj^;eii.ej(ret, cette mention, de la môme main qu| afait J|a, transpjçifitîon,: « Cppié «^1777, le 3a novembre. » Dq là on peut supposier .que .c'est antérj^eûrement à cette date qu'avait été^^aite la, première transcription, à Pa]^> celle çles deux premier;» Tnmesfj^i^a de Tannée, ^^yé8.dans la Jtabli|0.thèqua doi? Itères DoctrMiair^Js. ..^«(^
A }^ p^ ^^?^vi ^' 3*. ^^V «consignée la note que voici t ^fUe^te^ copie « aité faite sur un imprimé in-i" de3^. pages s«^^s daiç^.xû UeiA. Cet «.imprimé signé sur le couvert: Ëic libris Lud: Çoi^iiàf^ ilQld ç:)f « . ^provenant de la bibliothèque. de feu M. l'abbé Saas, ohaii. de Âouen, « à la vente duquel il a passé dans. les, mains de M. Hailletd^ Couronne, « séc. perpétuel de l'acad. des Se. B. L. et Arts de Rouen.
« C'est de cet imprimé qu'on a tiré en 1762, les vers qui sont cités « dans les Affiches et Annonces de Normandie, n® 4 de ladite « année.
« (*) Il a été imprimé à Paris vers f-650, chés Gervais AUiot, comme « les deux autres trimestres précédens qui sont de mémQ format et de <c mêmes caractères. »
Tout est précieux dans cette note, l'indication du format, la suc- Ci) Voir le titre, p. 1 de notre édition.
AVERTISSGM&liT. VII
cession des possesseurs de cet exemplaire du troisième Trimestre, l'usage qu^on en fit à Rouen, la date approximative de Timpression, le nom de llmprimeur^ qui fut le même que celui des deux Trimestres précédemment transcirits. Contentons-nous de signaler tous ces points, sur lesquels nous aurons & revenir.
Pour le moment, bornons-nous à chercher le nom de l'auteur de cette note, auquel on doit a\issi la transcription ; car l'identité des deux écritures est évidente.
Parmi les Manuscrits <ïe la ÏBibliothèque de Rouen, Fotidd Martainville* 86 trottVQ un in-folio ^ intitulé Guo Rothomagbnsis, écrit en entier de la main de Jean André Guiot, né à Rouen, prêtre de cette ville. Au premier, coup d'œil, on reconnaît facilement la même main dans la copie du Trimestre d'Été de notre M. S., et dans le M. 8. Guo AoTHOMAGBMSts. Mais, comme pour ne |>as laisser de place au moindre doute, les Mois de Juillet, d'Août et de Septembre de ce dernier ouvrage, renferment trente citations, formant un total de 366 vers empruntés à notre M. S. avec le nom d'Hercule Grisel, en toutes lettres, au débat, et généralement abrégé dans la suite (H« Gr . ou Uerc. GrOt accompagné d'un chiffre de pagination le même que celle du M. S. En rapprochant donc la citation donnée par Clio Rothomagsmsis, ouvrage qa*on sait bien être de la main de Guiot, et la transcription des mêmes vers dans notre M. 8. ,on voit clairement que c'est la ménl^ personne qui a fait l'une et l'autre, d'où la conséquence incontestable que la transcription du Trimestre d'Été de notre M. 8. est bien de la main de Guiot
La copie de ce prêtre rouennais du xviii* siècle, poète latin luimême^ qui se posait en imitateur des Fastbs db RoufiN dans Guo Rothomagbnsis, a des qualités d'exactitude et d'intelligence que n'offre pas la transcription des deux Trimestres précédents. Ainsi Guiot a observé la disposition généralement adoptée pour le placement de rhexamètre et du pentamètre, et on ne peut guère relever que quelques erreurs d'accentuation ou de ponctuation.
X AYSRTISSEMEfIT.
« Parmi ces pièces, il s'en trouve d'extrêmement rares et incori' ' « nues, »
Le M. S. des Fastes n'a pas eu, dans ce catalogue, les honneurs d'un article spécial, moins heureux qu'un autre M. S. de la bibliothèque de Guiot, Glio Rothomagensis, qui y figure sous le n* 2295.
Ge lot considérable « de 4 à 500 volumes » contenant tant de « pièces rares et inconnues sur la Normandie, * fut adjugé en bloc, au prix de 150 fr., comme nous l'apprend l'un des catalogues de la Bibliothèque de M. Haillet de Gouronne, rédigé par Tilliard, où les prix sont consignés manuscrits, (f)
On croit qu'après la vente des livres de M. Haillet de Gouronne, en 181 1, le M. S. des Fastes passa entre les mains de Noël de la Morinière, mort à Drontheim, en Norwège, le 22 février 1822.
Ge qu'il y a de plus positif^ c*est que M. Edouard Frère l'a acquis de Merlin, libraire à Paris, vers 1825, et que, depuis cette époque, il n'a pas cessé de rester entre ses mains.
Telles sont les destinées, à peu près certaines, de ce M. S. unique, sans lequel les Fastes de Rouen de Grisel auraient disparu presque en entier, puisque, des trois TrimestfQ^ qu'il contient, il a été jusqu'ici impossible de retrouver un seul etènftplaire imprimé.
Aussi, nous croyons être l'interprète de la Société des Bibliophiles NORMANDS en adressant de sincères remercîments à M. Edouard Frère, qui, loin de vouloir rester le possesseur exclusif et jalouk de ce précieux M. S., l'a mis avec autant d'empressement que de bonne grâce à la disposition de ses confrères.
Dans notre édition des Fastes, ce n'est pas seulement le M. S. qui est unique, ce sont encore les deulc exemplaiiies imprimés, in-8'', des Mois de Janvier et de Novembre, qui servent à le compléter. Aujourd'hui chacun de ces exemplaires est aussi rare que ce fameux pamphlet politique du XVI* siècle, l'EpiiitË léNvotfeE^u Tigre db' la France
i\) 11 est dans la bibliothèqae 4e M. Lormieri,