AV£RT1SSBMBNT. XI
(le Cardinal de Lorraine), par le jurisconsulte François Hotman, dont l'exemplaire unique vient d'être payé, à la vente de la Bibliothèque de M. Brunet, 1,400 fr. par la ville de Paris. (1)
Pour nous, rimporlance de ces deux mois in-8* a été grande. Sans le Mois de Janvier il eût été impossible de compléter la lacune de 144 vers, qui s'étend du vers 2 de la page 7 au vers 16 de la page 12 de >/ notre édition, et devait prendre place après le vers 24 de la page 9 du
Est etiam iummi radiis aarata tenalas.
Il nous a fourni encore, avec une Epttre dédicatoire et un Coupd'œll ou Sommaire de ce Mo\& (Synopsis), 130 vers queGrisel a jugé à propos de supprimer dans son édition in-4*, par Trimestre. G*est donc un total de 274 vers nouveaux que nous lui devons, pour ce môme Mois de Janvier, qui ne compte que 3tO vers dans le M. 8.
Quant au Mois de Novembre, il est entièrement nouveau. Dans Glio HoTHOMAGmisis, Gulot, sur les 2816 vers du M. S., en a transcrit 837, qui auraient sauvé d^une ruine totale l'ouvrage de Grisel, si, par malheur, le M. 8. lui-même fût venu à disparaître. Mais pour le Mois de Novembre, personne ne Ta connu, personne n*en a cité un seul vers, et le prêt obligeant qu'a fait M. E. Frère de son exemplaire unique, a permis d'enrichir notre édition d'un mois complet de 624 vers. Ainsi se trouve comblée d'autantlà lacune regrettable qu'offrent encore les Fastes , en l'absence des deux Mois d'Octobre et de Décembre.
C'est en 1836, .à la vente de la bibliothèque de l'abbé Barré, que M. E. Frère acquit ce Mois de Novembre, non porté au catalogue, mais réuni avec d'autres opuscules en un seul volume. C'est de là qu'il a été retiré pour en faire une brochure particulière. Notre confrère croit aussi que le Mois de Janvier, possédé par la Bibliothèque
(i) Kotr VAnnuaire-BulleHn de la Société de VHistoire de France, 1868, p. 134-137.
%n AVERTISSEMENT.
de Rouen, a Ja môme provenance; seulement il devait se trouver déjà il l'état de brochure distincte.
Le Mois de Janvier, petit in-S"*, est composé de 2 feuillets préliminaires, de 20 pages de texte, sur papier grisfttre, grossièrement fabriqué. Il a une ancienne couverture de papier jaunâtre, avee de fortes mouillures du commencement à la fin.
Le Mois de Novembre, de même format, se compose aussi du même nombre de feuillets préliminaires et de pages de texte, sur même papier. Il a une couverture en papier gris, toute moderne, et les marges en sont plus rognées que celles du Mois de Janvier.
Jusqu'à présent toutes les tentatives faites pour retrouver les deux Mois d'Octobre et de Décembre, qui manquent, sont restées sans résultai. Ni les réclames publiées dans ï Intermédiaire^ ni les recherches faites par plusieurs de nos confrères, à Paris, et même en Angleterrot par M. Andriçux, ni les demandes adressées par nous aux bibliothèques publiques de Gorbeil» Reims, Lyon et Strasbourg, ou bien aux bibliothèques privées des P.P. Doctrinaires de Nîmes et d'Aviguon, n'ont pu aboutir. Il semble donc qu'il faille renoncer à retrouver le complément de ces deux mois, en admetttant qu'ils aient jamais été composés.
Mais une chose bien plus surprenante, c'est que, nulle part non plus, on ne rencontre la trace d'un seul exemplaire, soit d'un mois isolé de l'édition in-8». Janvier ou Novembre, soit d'un seul Trimestre de réditiou in-é".
Ainsi, aujourd'hui, aussi bien à l'état de Manuscrit qu'à celui d'Imprimé, les Fastbs de Rouek sont un ouvrage absolument introuvable. On peut même presque dire qu'il a été, pour nous du moins, publié sans l'être, puisque notre édition est fkite d'après un Manuscrit unique, et que certaines parties du Mois de Janvier, et la totalité du Mois de Novembre sont la réimpression de deux exemplaires également uniques, ayant chacun, pour cette raison , toute l'importance d'un Manuscrit.
Ni le M. S., ni les exemplaires uniques des deux mois ne pouvaient
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être remis entre les maios de j'imprimeur, chez lequel, malgré tout le soin désirablei ils n'auraient peut-être pas échappé à tous les hasards de l'impression. Il a donc fallu les traiter comme les MM.8S., et les ouvrages les plus rues, c'est-érdire en faire la transcription pour Tusage de la typographie. Ce travail de copier MU vers, sans compter les Épltres dôdicatoires et les Titres, nous n'avons pas hésité à le ftûre, et cette partie de notre t&che n'a pas été la moins ingrate ni la moins pénible. Lire un texte latin, fort net en apparence, mais où l'on ror trouve souvent les variations, les bizarreries, et mêmes les inconséquences d'une orthographe mobile, capricieuse, et parfois en désaccord avec les principes généralement admis-, deviner lUie foule de mots forgés arbitrairement par l'auteurY obligé d'exprimer dans une langue morte des fkits et des idées modernes; transcrire d'un bout à l'autre le texte ainsi reconstitué, tout cela n'a pas été sans demander du temps ni causer de l'embarras à celui que ses confirères de la Soeiiti des Bibliophiles normands avaient chargé de faire cette édition des *^ FastbsobRoubn.
Expliquons aussi en quel sens cette publication est fidèle. Bien que l'orthographe de Grisel ail été visiblement retouchée dans le M. S. du xvin* siècle, comme le montre le simple rapprochement du Mois de Janvier avec la jpartie correspondante du M. 6., l'orthographe de ce dernier a été religieusement conservée. Toutes les modifications se sont bornées & remplacer la conjonction cùm par quum ; à distinguer les s et les œ, précaution inconnue dans le M. 8. ; à supprimer bon nombre de grandes lettres et d'accents d'écriture, que rejette la critique moderne, enfin à modifier la ponctuation, toutes les fois que le sens ou la clarté l'exigeait.
Dans la réimpression des^PsAOïiENTS du Mois de Janvier, et celle du / Mois de Novembre tout entier, nous avons suivi, toujours et de très près, l'édition donnée par Grisel lui-même, pour Torthographe , mais non pour la disposition du volume, page par page, avec les négligences et les fautes manifestes.
tit AVSi^lSSBIfENT.
• Mais si, au Doa^ du. bon sens et de la clarté^ nous avons repoussé luie fidélité superstitieuse et toute exiérieure, tant pour le M. 8. que pour rimprîmé,simis'n*avons pas voulu non plus d'alt^tions maladroites ou* arbitraires. Les corrections introduites {le-nombre et la nature des^plus* ino^xirtantes ont été toujours kidiquéa^ dans les .Rbkârqubs sur'LA. yBBSincAVioii), n*!ont eu d'autre but quedelS&ciliter rinteliigence du texte, où c'eût été trop de maintenir, 4Mliis raison, à t^ôté des obscurités du fond-, les obscurités, de la forme. 14 nous a ^iembléque, pour un ouvrage de ce genre, un texte intelligible devait l'emporter sur un texte trop typograpbiquement servile.
Gomme l'édition in-4* était notre point de départ, c'est par Trimestres «^ ttott par Mois détachés, ainsi que Grisel l'avait llBLit diâis rédtiion in*a*, que nous avons cru devoir publier les Fastes ob Roosn, eten cela nous avons respecté le dernier mode de publication, que l'auteur lui-^méme avait adopté pour son poème, édition in-^^".
Dans le but d'éviter les confusions, qui ont toujours un inconvénient, môme pour des Bibliophiles émôrites, il a paru nécessaire de séparer nettement le TexUf lés ilotes interprétatives du textes et les Remarques critiques sur ce même texte.
:« !ISoutes> les ^Mcplications ayant pour objet d'élucider la signification des .mots, de rendre compte des faits signalés, d'éclairer tous les pas- «ages.obscurs, nous les avons réunies, mois par mois, aous le titre de NoxBS SUR LB Tbxtb, avoc un chiffre correspondant au même chiffre intercalé dans le texte.
. Toutes les notes critiques se rapportant k rétablissement du texte 04 a la versification proprement dite ont été placées à la suite de ces NoTBS, sous le titre distinct de Rbmarqubs sur la VisRSiFiCATioir, avec rindication par un chiffre du vers qu'elles concernent. . Si Ton veut s'en tenir à la pensée générale, on peutpresque courir eu lisant les Fastbs OB Rouen; il est rare que le contexte n'offre pas, dans son ensemble, un sens immédiatement perceptible, el dont l'esprit est tout d'abord satisfait. Mais cette clarté n'est souvent
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qu'à la surface ; qfu'on aille au fond des choses^les difficultés surgissent de toutes parts. G*est ce qu'on reconnaît bien vite, quand on a quelque peu pratiqué ce poèmes et qu'on le lit non pour soi, mais pour >es 'autres. Ces difficultés se révèlent k l'étude et presque è cfaaque pas, pour qui veut se rendre un compte exact de toutes'choses. Notre plim a été de ne point omettre une seule de ces difficultés» et les solutions que nous en avons données, nous avons t&ehé de les rendres brèves, sobres d'érudition intempestive, en les appuyant sur des textes contemporains ou sur les grandes autorités, parfois bien difficiles à con* cilier pour que ces solutions fassent toujours concluantes et sérieuses. Quand nous en avons été réduit aux conjectures, nous les avons exposées avee les motifs qm nous paraissaient les rendre probables à un haut degré.
Comprise et exécutée de cette façon, notre éditron offre, pour qui sait lire un texte latin, une traduction presque constante des Fastes, et nous croyons- même que ees explications multipliées du texte auront, ea maints passages, un avantage réel sur une traduction, fûtelle la plus littérale et la plus exacte possible^ puisqu'une traduction'! ne donnerait que la lettre du texte, tandis que nos notes se sont étudiées à' en dimner l'esprit.
Afin de compléter, en partie, l'œuvre de Grisel, et de rendre moins regrettable; la lacune des deux mois, nous avons eu recours & des A»- v^ PENDicBS. Dans l'un d'eux on trouvera le Sommaire des sujets qu*il aurait pu traiter, sommaire inédit, donné par Ouiot, son émule, Phomme qui a tant fait pour sauver de ToubU la mémoire et l'œuvro: de son devancier.
Snsuite» de nombreuses Additions et Pièc^bs anSTiFiCATivES, dispo-. sées mois p9^ mois^ viej(inent éolairet et compléter encore les passages du texte oti la brièveté des NoTB^ pouvait laisser quelque chose à.; désirer., f , , •
Enfin, trois Index, contenant ies noms de personnes^ de lieux et y/^ de choses i par ordre çilphabétique, font saisir, d'un seul coup-d'oil^.
XVl AYERTNSKMMf;
la prodtgiease variété des matières traitées et en facilitent la re^ clierche. • -
Gotiime à oôtéde rœuvre il dst indispensable de connaître rhommeet y récrivain, non^éennood aossly en goise d'Introduction, une Énn» sdr Obisél, comprenant I* Vm 'Notice biographique \ 7^ Les témoignage» arUétieurs sur Vaùleur et sur ses Fastes-, 1" Des Beeher^tes sur tesdi- ^ verses éditions desFaUes, ^ sur leur date; 4" Une élude critique sur ces Fastes; 5* La Bibliographie. des cnvrage^ de yaialeur; %• Lesfièces jus^ ti/tcatives de l'Iniroductioh.
• Pour retracer sa vie; nous avons pnisé nos renseignements aux sources mêmes, autant qu'on peut appeler de oenom le M. S^relati* véftient moderne des Fastbs, en les complétant ^r ceux que oontiennent les exemplaires des deux mois qui nous restent, et les aatSres ouvrages de Grisel que nous avons pu consulter % Les exemplairea^en étant aussi des plus rares, le texte latin avait donc son importance. Il a été conservé dans les Pièc^ Justificatives de V4ntrùduction, et nous nTen avons donné que la traduction daàs notre; Élude, jfùXkr en faciliter la Idbture, débarrassée d'un perpétuel amalgame de latin et defran^is.
Pour énumérer les œuvres, nous avons eu recours aux BiMiotbéques de Rouen et de Patis, et aux Manuscrits qu'i 1 nous a .été donné de consulter, grftce à nos recherches personnelles, on à robligëatice de tous ceux qui ont bien voulu nous prêter leur concours. ■ ' ■
Le nombre en est si considénJble que le rappel de leur nom tiendrait une grande place ici. Qu'on nous excuse de ne pas le fkire; nmisla mention du service rendu est toujours consignée après le renseigne*^ ment qui constitue le service. Une seule éxoèjplfon dera fiifte pour M. Delzons, l'un de nos bons amis, professeur au Lfdée- SSaiïit-l.oiâS{^ à-Paris; qufn'a pas hésiié à parcourir quatre ôitvl^es de t^Vil^]; Ve*^' trouvés par lui, sur notre indication, dans la Bibliothèque de rUhtvêr- ' site, à la Sorbonne, et à nous en adresser de nombreux extràitl,'(f'où jaillit un jour nouveau €fur la biogra^te de liotre autôili^. Nous le
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prions d'en recevoir ici nos sincères remereimetiUi les adressant aussi à tous ceux qui nous sont venus en aide, av^ l'espoir qu'on voudra bien ne pas nous imputer à mal tout oùbH involontaire.
Des méprises, des erreurs d'interprétation^ il a. dû, malgré tout notre soin, nous en échapper quelques unes. (I) La vaste étendue du si^et, la difficulté de la forme Jointe à l'obscurité du fond, le grand nombre d'auteurs à consulter, non seulement pour ce qui est phn (H>mmun et plus cminu, mais même pour ce qui tfvait été jmqu'içi négligé et le moins observé, les contradictions perpétuelle des éôri* vains entre lesquels il a fallu se prononcer, tout cela nous l'invoquons comme autant de circonstances atténuantes, parce que tout csala, comme autant de pièges semés sur notre route, noua aura sans douta fait&ire des faux pas,, dans le temps môme où noua y regardions de plus près, et où nous étions le plus sur nos gardes. Notre pqète disait au Mois de Janvier : .^ ^
Milité iMÉB Mtoo AiStaBt iM oagiitt arasai; logni» ^ eniai eaabU'taaeote idaft ?
. P, S^ttnléft iS.
Nous redirons avec Kii rV L'ignorince, c'est bien k craindre, nous a « dérobé la connaissante'^ d'une foule de choses; car quel homme « possède un ^voir universel? • Il faudrait une habileté qui n*esi pas la nétré pour avoir toujours dégagé avec certitude l'inconnue dans les nombreux problèmes de toute sorte, que soulèvent, à chaque pas, les ters du- poème de Orisel. Tjoin de nous ranger parmi ces espfits
(i) ta void deux qoe insas noas emj^reasoM ds isetifier :
P. 190, 1. 91. Le CimtunUm' deBréiagne M impriraé à ftonen, m i499, et non en 14^4, comme nous Tavions dit sur la foi d*une autorité que Brunet a rectifiée.
P. 522, ligne 28. Il y a des (dits figurées par des vers, dans les oeuvres de Jeaa Grisd ; mais c'est dans un autre exemplaire que celui que nous avions consulté.
ÏITIII
dou^ <i\tii« péliélimilwi' capable de percer tous les voiles» bous orofpni' Qvolr '.•f«elqdeft>is bronchA sur œ sol eneote MSBxp&erè, dauscoTUste dhaiDi» dè^Ms' vieilles mouré locales, trop souTéal wh^ vert par la ^èussidre et^par led décombses. liais au premier qui s^ngage daas unû.Vole nemrellev s*U s'ég^rp ItaVibis» il eatibien dû ^nalqu'indulg^nèe: CKaillëuire Ses «léOriseo Aêa&ea' serviroâtsadvènit à é^ttas pqur se ^ider et les mettre an» le ebemiâ de là vérité, et, si ipjLolqoes ' cinès de ses assert^oBB sarprenneai par leur fioQveantéj qgCofï n'oublie pas que sou;9eDt, e» ftiit d'bistoifts^ ta paradootè dliier est devenu la banalité du iendesMin.
, Bbûu, dans un Tolume de prés de sept éems pages, et de la nature de oelvd-MBi, composé en majeure partie de textes latins et en vieux irafiçais, sans parler des ittdieatigns d'auteuito, de.cbiflires et de dates à l'infini^ il est à peu près sûr^e toutes les ftùitss typographiques ns sont pas relevées dans les Corrections, Malgré cëia, nous avons Tes^ poir que le mérité VM 4«ft SMBK«S,,f«, Uovm, a'aura point à souffrir des imperfections de Véditâoa et dctréditmir. ;fi9< tout cas, comme Tun de nos plus ieméiens imprimeurs rouennais, Le Talleur, dans sa Préfa6^de$ Chroniques de NqrmanàiepiïOiaa .rAdirons 4 njoUtO tour : ^. Pjrkms^ ^U9i lecteurs que s'il y a aupuaq^^Ueux vic^ fiesaf Iptuire j^. de le supportep «t.benig^iifiiuet le ooi;riger, laissai: lo, paillQ etre- «f.^eUlir lé grain : A cette fin que mon ignorance ne pHissA toîlir « aux trespassez leur imu^telle renomôe et gloire. » ;Ge seront l^^.^^rniefs.jpAQts de cet Averiissetnien^ ^gréB un labeur de près de cinq années consécutives pour mener à bonne fin cette édition des Fastes db Bosw^liiAJMn^^airam.tMiéfd/^imdrtaAu^ VIS po«^Uile du gw&> eA.dtila soimiep de 90s d<»alos <isQli?ére9i.
^- ' • * f Rouen, n Février i87o;
ÉttlDÈ LlttÊnAÏUE