‹ Les fastes de RouenChapitre 28 sur 28 · SCH DERGVLE GRI8EL · texte numérisé non relu

SCH DERGVLE GRI8EL

Et la couronne sur le l^ont, Quand ses commandemens ils font :

Mais sur tous ceux que plus il aime, Et qu*il chérit d*heur plus extrême, Sont ceux qui sont bénins et doux, Plus prompts à pardon qu*à couroux, Dont la clémence est excessive, Et qui la vengeance ont tardiue (l).

Ce poème est suivi de quelques Odes et de quelques sonnets qui n'ont ni la force ni la pointe du sonnet ni la gaieté fleurie du stile lyrique : témoin ce commencement de son chant de la paix :

François c'est près qu'il nous faut Chanter vn chant d'esiouyssance.

Pour le double bonheur d'en haut, Â ce coup venu pour la France, Dieu de son saint œil de pitié Luy nottuelant son amitié, Â ceste fois l'a regardée, Car oubliant tous ses forfaits.

Preste de succomber au faix, De sa Tutne il l'a gardée ^2).

La seconde partie est intitulée les Vœux aux Dieux an- Ci) GollBtet n'a pas toosgioura donne le texte. Notas le rétablisBons d'après celui des PRBMisass Œvvrbb postiqves db Ibbah Gbisbl fiovsmiois a Très chrestien Boy de France et de Nauarre, Henry lUI a Roven, de llmprimerie de Haphael du Petit Val, Libraire et Imprimeur ordinaire du Roy, 1599, In^i2.

(2) Ibid, p. t7.

tiques, et à mon avis c'est ce qu'il a fait de plus supportable, puisqu'il y a beaucoup plus de poésie que de (dans?) tout le reste, soit que la matière en fût d'elle même plus capable, soit qu'il eut plus travaillé cet ouvrage. Il s'adresse à Jupiter, à Phœbus, à Mercure et aux autres fabuleuses divinités des anciens, ce qu'il fait avec de petits vers lyriques et en peu de paroles. Voici comme il y parle à la Déesse Flore :

O Déesse printamniere, Des autres saisons courriere, Qui des arbres les rameaux Charges de bourgeons nouueaux, Dont la plaisante ouverture Les bigarre de peinture, Aportant au laboureur L'espérance d'un fruit meur, etc. (1).

Ses amours consistent en plusieurs sonnets et en quelques Odes où je n'ai rien renôoiitré qui mérite d'être rapporté ici.

Sa quatrième partie intitulée Bouquet poétique est un mélange de toutes sortes de vers. Il y a des acrostiches figurés en fleurs de lys et autres imitations grotesques, des Odes Pindariques qui n'ont rien du grand génie de Pîndare, des odes Horaliennes qui n^en ont seulement que le tlti'e ou le nom. Et d'autres sortes de vers qui sont ipàs

(I) Voir OËvvRES POETIQYBS DB Iehan Grisbl RovBiCNOis, etc.,p. 37.

SUB HLËROULË GmSL. 223

trainans et fades au possible et qui ne sont considérables que par tes hommes illustres auxquels ils sont adressés, car il y en a au cardinal du Perron, à la Roque, le poète et à q^lques autres.

Avec tpAt cela, pour montrer qu'il avoit lu les anciens poètes, il voulut imiter leurs inventions et enpherir même encore dessus elles, puisqu'à T^xemple dç Thepcrite qui fut lé premier auteur de ces bizarreries, Il composa un poème intitulé la Hache d'Armes antique et un autre Les Ailes d'Amour au^c Dames vertueuses. A quoi il ajouta» de son invention propre, les œufs de Pâque aux François, le tout sous ces diverses figures d'une hache d'armes , des ailes d'Amour et de deux œufs njttureis ; et dédia le tout à Philippes Des Portes, abbôdeThiron, qui en qualité d'iioiir néte homme et favorable aux enfans des Muses dont il etoit des premiers favoris, reçut sans doute favorablement les prémices de ce jeune homme ; mais qui en qualité de grand favori des Muses et d'intelligent dans son art en connut mieux que moi le foible et le ridiculcy Au reste, j'avertis le lecteur que dans toutes les éditions cette de-^ dicace à ce fameux abbé ne se rencontre pas, non plus que ces acrostiches figurés qui ont été ajoutés à quelques unes et d'autres caractères et en autre marge. Et voici comme il y parle dans un sonnet à ce fameux poète :

Cher amy d'ÂpoUon et soleil de nostre aage, A qui les saintes sœurs leurs secrets ont ouvert,

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Des Portes, qui noos as le premier descouvert Gomme il faut mignarder nostre françois langage.

Si j*eôtois aujourd^huy en humeur de rapporter icy de mauvais vers, je n'aurois qu'à continuer ce sonnet éoni la suite n'est pas fort polie et dont la conclusion n'est pàsfort surprenante.

Cet auteur vivoit à Rouen l'an 1599 et de cette mesme famille, sans doute, est sorti un certain Etienne Grisel, excellent poète latin; comme je l'ay reconnu depuis quelque temps par Védition de ses œuvres, qui me semblent aussi pleines de feu et de génie que celles-ci en sont dénuées.

Guil. Colletet, Histoire M. S. des Poètes François. Bibliot. du Louvre F. 2398. T. 3« (feuillets 256 et 257) de la copie.

Nous devons la transcription de cette Notice A l'obligeance de notre confrère, M. Prpsper Blanchemain.

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