II
qu'ils fassent vite! — Qui donc? — Nos poilus ! » Propos sous la lampe dans une famille de bourgeois paisibles. Lithographie. H. : 26. L. : 37.
N° 367. — DoMERGUE (Jean-Gabriel). L agence Wolff. Présentée sous les traits d'une affreuse commère, elle veut faire avaler un gros canard à un petit homme qui en va tantôt étouffer. Et elle dit : « Il est un peu gros, il passera tout de même ». Lithographie en couleurs, janvier 1915. H. : 29. L. : 36.
N* 454. — DuRASSiER. Taise\-vous, méfie\-vous ! Dans la tranchée, un poilu, le doigt sur les lèvres, donne cet utile conseil. Lithographie, 1914. H. : 44. L. : 33.
N° 506. — Abel Faivrk. Pensons aux pessimistes. « Tu écris ?... — A mon filleul. C'est un civil que j'ai adopté ». Reproduction lithographique. H. : 28. L. : 28.
N" 508. — Geoffroy. Cest aujourd'hui le i^ octobre. Le Kaiser furieux crie la date du jour au perroquet de l'agence Wolff, lequel répète sans cesse : « Le 15 août à Paris, le 15 septembre dans la capitale des Russes! » Aquarelle.
N'^ 573. — Jean Louis Forain. Les Pessimistes. « Qu'on ne compte pas sur nous pour une campagne d"hiver ■». Propos de deux civils allant, d'un pas ferme, sur la plage. Lithographie. [V opinion, 3 juillet 1915). H. : 25. L. : 29.
N" 570. — J-L. Forain. Le Permissionnaire : « Faut bien aller les rassurer ». C'est la raison pour laquelle il consent à quitter la tranchée. Lithographie {ropinton, 24 juillet 1915). H. : 24. L. : 39.
N°569. — J-L. YoRAiN. Paysages de guerre (IV). « Plus bas... on vous entend du front ». Rappel à la prudence, d'un civil à deux autres civils, dont l'un porte sous son bras une serviette de député. Ils traversent la place de la Concorde. Lithographie [Lopinion, 21 août 1915). H. : 28. L, : 39.
N" 621. Galinier. Mais hélas... ce n^était qu'un rêve! 44 ans après ! La mort, revêtue de l'uniforme allemand, cherche vainement à anéantir l'armée française. Lithographie en couleurs. H. : 27. L. 19.8.
N° 645. — Gilbert Gauthier. La chauve-souris. Guillaume II, les bras étendus, est fixé sur une porte comme une chauve souris. Des inscriptions sont attachées à son corps. < Traité de Francfort : Mes chers officiers, je vous invite à dînera Paris le 11 août 1914, Guillaume ». — « Je veux la
Champagne et cinquante milliards ». — « Mon sabre ne sortira de mon fourreau que pour y rentrer bien ébréché ». Enfin la légende de Guillaume I"", en date de 184g.
184g +1 -+ 8 + 44-9= 'i^?' -il sera empereur.
1871 4-14-8 + 7+1 = 1888 : il mourra.
1888 + 1+8 + 8+8 = 1913 + I =: igi4. La déchéance des HohenzoUern. Photogravure. H. : 33. L. : 22.
N'^731. Hansi. — Seiner Majestàt alter Goti.Le vieux Dieu de S. M. l'Empereur Guillaume. Il fume sa pipe, assis sur des nuages. Un téléphone le met en rapport avec l'agence Woift. Un phonographe ressasse que l'Allemagne est au-dessus de tout. Sous les nuages, Reims flambe, des Zeppelins et des Tauben jettent leurs bombes. Lithographie en couleurs. H. : 49.
N° 787. — Ibels. L'antéchrist perdra sa couronne et mourra dans la solitude et la démence. Prophétie de Johannès, verset 37. Wilhelm, les mains et les jambes rouges de sang, danse les yeux hagards. Lithographie en deux tons, 1914.
N" 8go. — JONAS. La Marne, anniversaire. Des poilus s'élancent, baïonnette au canon. Au-dessus d'eux plane la victoire de Samothrace. Lithographie. H. : 40,3. L. : 30.
N'' 937. Labusquiére. En Egypte. Au Caucase. Au Caucase fcommuniqué allemand). Pour des raisons stratégiques, les Turcs opèrent une retraite en bon ordre. En Egypte : même communiqué. Lithographie en couleurs. H. : 36. L. : 44.
N°g58. — Alph. Lalauze. La Marne. Septembre 1914. Un soldat brandit un drapeau allemand qu'il vient d'enlever. Fac simile. H. : 42.8. L. : 33.5.
N° 1226. — Maurice Neumont. /p/^.« J'ai reçu le mandat de défendre Paris contre l'envahisseur. Ce mandat, je le remplirai jusqu'au bout ». (Galliéni, 3 septembre igi4). Paris. « Fluctuât nec mergitur ». Estampe n° 0. Procédé en couleurs. H. : 41, L. : 29.
N" 1287. — D'OsTOYA. N» X de la série : \S Lnvasion des Barbares Quatorze médaillons indiquantles régressions depuis l'ancêtre pithécanthrope jusqu'au kronprinz actuel, produit nec plus ultra d'une culture intensive. Lithographie.
N" 1270. — Orel Les suites d'un surmenage intensif. « Madrid. 8 novembre : Une dépêche reçue à 1 ambassade d'Allemagne dit que le kronprinz est effectivement à Strasbourg, atteint de violentes surexcitations nerveuses qui l'obligent à se soumettre à un traitement énergique et continu ».
(De notre correspondant : Journal des Débats). — Le kronprinz gambade sous les jets d'eau des doucheurs. Photogravure. H, : 25. L. : 35.
N'^ 1590. — Regamey... ici 4 !
« Certainement que vous pouvez rentrer puisqu'on vous dit qu'il n'y a plus de danger » : paroles d'un gardien de la paix aux prudents civils qui avaient fui Paris à l'approche de l'ennemi. — Héliogravure. H. : 27.5. L. 17.5.
N° 1724. — Tap. — Saint Pierre et le vieux Bon Dieu, 1914. Saint Pierre : « Patron, c'est votre copain Guillaume qui vous demande au téléphone ». Le bon vieux Dieu allemand : « Encore ! dis-lui m.... ! > Lithographie, septembre 1914. H. : 32. L. : 25.
N° 1738. — Abel Truchet. Le Tuyau. « Et ça, vous savez, je le tiens de quelqu'un qui est bien informé ! > Lithographie. H. : 30. L. : 41.
N° 0.27. — Armengol. Kolossal! Le Zeppelin 3006 passe dans un ciel de sang. Il emporte accrochées à ses nacelles la Tour Eiffel, le Palladium Belge, le Sphinx d'Egypte, et la principale église de Moscou. Lithographie en deux tons (noir et rouge), 1914. H. :34. L. : 47.
N** 0.85. — HoRATio. Le cheval de Troie.
— Que signifie ce grand cheval de bois ? demande une Grecque à un héros de la guerre de Troie.
— C'est un bateau que nous montons aux Troyens, répond le grand chef.
Dessin à la plume coloré au pastel. H. : 27. L. : 25.
N° 0.349. — Manfredini. Kommuniqué. Un officier au bureau de l'agence Wolff. Son fond de culotte garde des traces des coups de pieds qu'il reçut. Légende : « du grand quartier général... Urgent! Nouvelle grande victoire en Champagne. J'ai les détails sur moi ». Dessin à l'encre de Chine. H. : 26.6. L. : 21,4.
G. 'ViGNAL. Nos bêtes et la guerre, 1914. Planche VI de l'album paru sous ce titre. Légende : «: Comme les canards de l'agence Wolff ne les nourrissent pas, c'est nous qu'ils veulent manger >. Et les canards de se sauver de toutes parts.
Cette liste ne saurait prétendre être complète. Depuis le jour où elle fut établie, c'est par liasses que le Musée de la Grande Guerre a reçu d'autres œuvres dessinées ou gravées. La bonne humeur
française alla croissant dès l'aube des jours sombres où elle jaillit pour brandir le fouet vengeur jusqu'au matin radieux où elle attachera à ses fusains les roses de la victoire. Il fut loin d'en être de même en Allemagne et les dessinateurs fatigués le devinrent au point que l'autorité s'affligea puis s'alarma de leurs défaillances. Ne savaient-ils donc plus mentir? Plusieurs années de guerre avaient-elles vidé leurs cerveaux? Que devenait la causticité germanique, rironie berlinoise, la plaisanterie maniée jusqu'alors comme une artillerie lourde par les capitaines humoristiques du triste Kaiser ? Les cinémas euxmêmes, qui composaient des films si ingénieusement truqués, perdaient le sentiment de leurs devoirs sacrés et s'avisaient de « tourner la vérité » en la respectant. Le gouvernement allemand, s'inspirant de directives qui émanaient du grand quartier général, prit donc des dispositions. Une usine fut créée [Bild und Film Ami) pour la fabrication intensive de ces projections en trompe-rœil. Le Tem.ps du 30 septembre 1917 fournit, sur cette entreprise, des renseignements typiques. Il n'était point seulement question des spectacles de l'écran, mais encore de toutes les manifestations où la caricature pouvait essayer de tuer par le ridicule.
Considérant que les Alliés ont popularisé dans le monde entier des silhouettes désobligeantes du Kaiser, du kronprinz, de Hindenburg et d'autres demi-dieux dont les neutres ont maintenant l'audace de sourire, le gouvernement allemand décrète la mobilisation des caricaturistes de l'empire, lis devront s'appliquer à mettre désormais les rieurs du côté de la facétieuse Germania. D'après les termes de l'engagement, « les dessinateurs devront s'attaquer aux personnalités dirigeantes de l'Entente, particulièrement à celles qui se sont montrées le plus combatives. Ils devront s'inspirer des insuccès des Alliés et des victoires allemandes pour tourner l'ennemi en ridicule ». Et comme nous sommes au pays de la méthode, on spécifie que ces clichés, fournis gracieusement par 1 Etat, devront être insérés dans tous les quotidiens et mesureront alternativement « sept, neuf ou quatorze centimètres ». 11 y
iq8 les fausses nouvelles de la grande guerre
aura ainsi trois calibres de plaisanteries réglementaires pour rép'indre à toutes les exigences de cette stratégie inédite. M. Poincaré et sa casquette n'ont qu'à bien se tenir !...
C'était militariser l'humour, armer les crayons et les vouloir conduire à 1 exercice Mesquine psychologie ! En avant la landstiirm du Simplicissimus et des Flies^ende Bl'âtter ! Partez à l'assaut, Hussards de l'Humour!
Nous ne savons pas si ces carabiniers du croquis mordant firent beaucoup rire l'Allemagne, mais on s'en amusa beaucoup chez nous. Raoul Ponchon trouva là une inspiration joyeuse pour l'un de ses plus alertes poèmes. Décrivant la fureur du Kaiser en présence de ses humoristes sans idées, notre poète ajoutait ^ : -
J'ordonne donc que, dès demain, On recrute ces faux artistes Dans tout mon empire germain, Soi-disant caricaturistes.
Ils seront aux frais de l'Etat Logés, nourris à la caserne, Et traités comme des soldats ; Ils porteront casque et giberne.
Et des officiers retraités.
Qui sont de kulture choisie, Leur feront des cours de gaîté Et des leçons de fantaisie.
Ils leur apprendront notamment A dauber, sans aucun scrupule, Nos seuls ennemis — l'Allemand Ne prête pas au ridicule.
Ceux qui n'auront pas l'esprit prompt.
Je verrai, d'après leurs esquisses, A les envoyer sur le front, ■Voire à les priver de saucisses.
Par contre, ceux-là, hors de pair, Habiles sur leurs camarades, Seront bardés de croix de fer Comme de galons et de grades.