I. Polybe, Paradoxe sur le mensonge. Figaro, 28 août
3. « Moins on sait de choses, plus les gens en inventent... Il vaudrait mieux dire la vérité, simplement. Alors, chacun prendrait courage, car, dans tous les temps, j'ai vu que la vérité, même dans les plus grands malheurs, n'était jamais aussi terrible que ces inventions... Si les Républicains (en 1792) se sont si bien défendus, c'est qu'ils savaient tout, c'est qu'on ne leur cachait rien et que chacun prenait les affaires de la patrie pour son propre compte. Mais quand on cache leurs propres affaires aux gens, comment auraient-ils confiance? Un honnête homme n'a rien à cacher et je dis qu'il en est de même d'un gouvernement honnête » .
(Le Blocus, Erckmann-Chatrian).
extraits les caissons des arsenaux et les hommes des casernes. Il serait convenable de la dresser sous les Atcs de Triomphe du passé en attendant que les victoires du présent, revenues avec les armées, ne la fissent descendre du piédestal ou n'y prissent place à côté d elle.
Par malheur, il n'est point sage, disent les gouvernants et les chefs d'armées, de dire toute la vérité à la nation. Les succès même, trop généreusement proclamés, sont de nature peul-être à illusionner le pays sur la faiblesse de l'ennemi et à retirer aux combattants cette âpreté dans la lutte, cette fièvre du désespoir qui leur sont de si précieux moyens pour terrasser l'envahisseur.
Quant aux échecs, quant aux défaites, point n'est besoin de souligner ce qu'une vérité trop crûment jetée en pâture à l'impatience publique pourrait provoquer d'abattement, de panique et d'irrémédiable affolement.
Les psychologues qui, du fond de leurs cabinets ministériels ou dans leurs bureaux d'état-ma'or soutiennent cette thèse, se rencontrent avec tous les liseurs et analystes de cette âme collective que composent les âmes de tous les concitoyens d'un même Etat. L'expérience des temps a fait la preuve que, plus que jamais aux périodes où le destin de la patrie est en jeu, l'antique axiome « toute vérité n'est pas bonne à dire » justifie sa raison d'être.
Tout serait au mieux si la sagesse de la nation s'en remettait aveuglément à ceux qui la défendent comme à ceux qui la dirigent, si chacun acceptait la vérité dans la mesure qu'on la lui dévoile, et s'en contentait passivement, au jour le jour, en attendant la révélation totale ou partielle que lui apporterait le lendemain Les communiqués pris à la lettre, lus avec « la foi du charbonnier », les gens de l'arrière vivraient dans une béatitude relative, quelles que pussent être les difficultés auxquelles
fussent aux prises les gens de l'avant. Accepté le principe que la vérité intégrale serait connue un beau matin et que l'on n a besoin, pour être au courant des événements, que de la portion congrue, découpée dans « le plat du jour », par une censure aux ciseaux impeccables, et Ion attendrait avec un minimum d'émoi le moment où, le grand voile enfin déchiré, les maîtres de nos esprits et de nos cœurs, aux côtés de nos généraux, nous montreraient pourvue de tous ses membres, cette déesse Vérité qu'Aristote, dans V Ethique à Nicomaque^ déclarait préférer encore à Platon lui-même, bien qu'il lui fût très cher.
La nature humaine malheureusement, et s'agit-il du peuple le plus impassible, n'admet pas ces accommodements. Dès qu'une gaze légère ou dès qu'un rideau épais cache tout ou partie de la vérité, un peuple qui fait la guerre se presse autour de l'idole dissimulée, et, par les moyens les plus variés, qu'ils soient bons ou mauvais, légitimes ou coupables, s'efforce de ramener à la lumière une beauté qui lui est devenue d'autant plus adorable qu'elle est celée à sa vue.
Les bureaux de censure, bientôt, ne semblent ouvrir des blancs dans les journaux que pour qu'une multitude d'imaginatifs s'accoudent à ces fenêtres percées sur l'infini et le mystère. De ces balcons, chacun des rêveurs découvre, à sa manière, les spectacles qu'on lui voulut dissimuler. Une demicolonne enlevée dans un article suffit amplement à provoquer un commentaire qui dépasserait la colonne entière.
Les coups de ciseaux d'Anastasie ne mutilent pas tant les écrits des journalistes qu'ils ne donnent passage, à travers l'exact tissu des faits, à la verve inventive des nouvellistes. Chacun recoud le texte. Le stoppe selon son tempérament L'optimiste ne se sert que de fil bleu, le pessimiste ne saurait
user que de fil noir. La reprise est toujours mauvaise, mais pas toujours visible. Le public qui n'a pu lire l'article écoute volontiers celui qui supplée, par un bon récit, au fragment « échoppé ». Ce public sent bien que ce n est là qu un pis aller ; il aimerait mieux les vingt lignes mystérieusement condamnées que les vingt minutes de discours par lesquelles on prétend y remédier. Mais comme il lui faut à tout prix savoir quelque chose, il bénit quand même le bavard et s'en va rendre service à autrui en colportant l'hypothèse dont il vient de recevoir confidence. Il arrive qu'il flaire bien, en cette belle histoire, une vague odeur de mensonge. Mais il vaut mieux respirer le mensonge que ne rien respirer du tout. Et. peu à peu, ce relent devient pour lui un parfum II n'en redoute plus le méphitisme. Il y trouve un plaisir réel, la satisfaction d'un besoin périodique. Ainsi les fumeurs d opium vomissent-ils de leur pipe d'initiation pour se délecter, dès la seconde boulette, du néfaste poison. Ainsi les alcooliques de bas étage firent-ils la grimace sur le premier verre de tord-boyau, qui, plus tard, le burent par demi-litres.
Et puis, la guerre est une merveilleuse excitatrice de l'imagination. Le roman chez la portière y prend une ampleur soudaine. Tel qui, pendant la paix, eût dédaigné de colporter des ragots de quartier, incline tôt, pendant que l'on se bat, à faire collection d'on dit et à briller dans l'art de les répandre à propos II ne s'agit plus de rumeurs dont le rebondissement ne va pas plus loin que le coin de la rue, que le tapis d'un salon à la mode. Il est question, cette fois, non plus de mesquines réputations à écorner, de pauvres calomnies à recueillir et à amplifier innocemment : c'est la défense nationale qui est tout entière en jeu. Le sujet est noble par essence. Il s'y mêle de la bravoure, de superbes élans, de l'héroïsme. Et si au lieu d'admirer, on
blâme, les responsabilités dont on fait le thème du discours sont d'une terrible envergure. Mentir pour planter une pointe d'aiguille dans le dos dune « jeune fille du monde », petits ieux de société que ne pratiquent pas volontiers les gens d'honneur. Mais gonfler un peu, aux jours des combats, la vaillance d'un régiment, ou souligner la faiblesse d'un chef, c'est là un exercice de l'esprit bien fait pour séduire et pour réunir des adeptes dans toutes les classes, à tous les échelons de la société. N'y a-t-il pas le mensonge bienfaisant, celui qui régénère le moral des déprimés, qui les ramène au sentiment de la victoire certaine, alors qu'ils voient l'ennemi déjà aux portes delà capitale ? N'y a-t-il pas l'obligation de mentir généreusement lorsque, par contre, on se trouve face à face avec l'un de ces incorrigibles optimistes qui ne voient pas l'imminence de tel péril dont la réalité crève les yeux? Il est fort patriotique, en telles occasions, d'abaisser l'enthousiasme trop confiant ou de redonner de l'exercice aux cœurs mollissants. Tout cela est question de nuance, de tact et de doigté, et lorsque l'on n'a pas — n'est-il pas vrai ? — l'honneur de servir sa patrie les armes à la main, au moins doit-on, sans se retenir, souscrire au devoir de la servir les discours à la bouche.
Et enfin, il faut que Ton parle, fût-ce pour ne rien dire d'utile. Imagine-ton une nation qui, dans le moment où elle peut être réduite à néant, se taise, laisse toute éloquence à l'artillerie, et attende, dans le silence, la décision finale? De même que la guerre est à toute minute mobile et change de face seconde sur seconde, de même il ne s'écoule pas un seul instant sans que la curiosité de tous ne réclame un aliment nouveau. C'est un ogre aux ventres innombrables qu'une population de millions et de millions d'habitants. Il faut que cet ogre mange. Son appétit est de jour et de nuit. Comme dans
l'antique tonneau des Danaïdes, tout ce que l'on jette en ce monstre insatiable est aussitôt dévoré. Les journaux paraissent le matin, le midi et le soir. Peuvent-ils servir jamais un menu assez copieux pour qu'entre leurs successives éditions, la pensée publique ait le temps de digérer ? La table est mise pour un repas incessant. Au reste, la nourriture qu'apportent les imprimés est toujours, quoi qu'il en soit, parcimonieusement distribuée. Sait-on jamais les secrets préparatifs d'une cuisine où les choses sont dosées avec un art suspect ? Tel fait est narré tout au long. Il semble que l'on s'en pourrait satisfaire. Mais cela n'est qu'une apparence. On ne s'en satisfait pas. Plus le récit paraît complet, plus la nécessité s'impose d'y greffer des détails encore. Tel autre fait n'est mentionné qu'en bref. Il y a un pourquoi à ce demi-silence. En attendant le plat nouveau, c'est à qui décortiquera ce pourquoi. Et chacun s'y emploie avec une activité fébrile.
Au surplus, les journaux auraient-ils vingt feuilles au lieu de deux, cette terrible boulimie ne serait pas guérie. Cet extraordinaire festin a ceci de satanique et de fabuleux que, plus les services sont nombreux, plus les convives ont faim. L'actualité, à peine née, est vieille. Le détail, à peine publié, appartient déjà au passé. Et le passé n'est point tout, dans cette frénésie de connaissance qui porte chacun à absorber, avec la même hâte, les horsd'œuvre et les pièces de résistance.
Ce que les agences télégraphiques apportent, n'a déjà plus qu'un intérêt secondaire, sitôt qu'on y a abaissé un rapide regard. Ce qui fut accompli hier ou le matin même ne pèse que peu à comparaison de ce qui sera réalisé ce soir ou demain à l'aube. Bt c'est cela surtout qu'il faut savoir. Non point en se fiant à de vagues prophètes hallucinés qui questionnent la Kabbale, ou trouvent leurs inspirations dans des textes moyenâgeux. Mais en écou-
tant aux portes, en ayant des moyens d'accès dans les ministères, au Parlement, au Sénat, dans la famille des chefs. A défaut, les indiscrétions de seconde main, ce que dit « l'ami d'un ami », les hautes relations par ricochet, ne sont pas à dédaigner.
En réalité, il est des circonstances où l'on peut devancer l'avenir. La guerre ne s'improvise pas. Elle est orchestrée comme une symphonie. Il y a des projets à long terme, des combinaisons que l'on ne proclame pas, des conciliabules de chefs d'Etat ou de ministres alliés, des préparatifs occultes dans les camps, dans les usines ; il y a des décisions prises, en principe, qui seront seulement appliquées, en fait, un mois, deux mois plus tard. Savoir cela, c'est aller au-devant des dépèches, des journaux, c'est vivre la guerre par anticipation. Comment n'être pas séduit par d aussi exaltantes perspectives? Et quelle fierté plus tard, quand les choses se dessinent sous la forme qu'on leur prêta lorsqu'elles étaient encore dans le néant, quel rejaillissement d'honneur pour celui qui sut les garantir comme inévitables !
Ainsi, par un raisonnement préconçu, ou — le plus souvent — par la seule pente d'un instinct qui nous entraîne tous, peu ou prou, à faire les gestes des augures, l'informateur, le colporteur des on dit, le Renseigné, se font-ils légion en tout pays dès que les ambassadeurs reçoivent leurs lettres de rappel. Et comme dans cette course à la nouvelle, il est impossible au plus grand nombre de garder la mesure, comme le racontar, automatiquement, grossit à la façon d'une boule de neige en roulant dans la ville, le plus souvent, ce qui se murmure à l'oreille est saturé de mensonge. Propageât-il d'abord une vérité rigoureuse, celui qui la met en circulation ne l'a pas encore perdue de vue qu'il la voit changer de forme et aboutir au
premier carrefour irréparablement revue, corrigée et augmentée. En ces temps troublés, la folle du logis n'est jamais chez elle : elle court les avenues comme une prostituée, du soir au matin et du matin au soir. Et sa démence est généralement si complète que si elle rencontre la vérité, — laquelle est toujours moins brillamment vêtue qu'elle, — elle l'insulte et l'accuse de mensonge. «Que de gens, d'ailleurs, a dit d Ablancourt, préfèrent un mensonge agréable à une austère vérité ». Tout bien jugé, il en va de cela comme pour les trop jolies filles et les très honnêtes femmes.
Mais cette « jolie fille » qui s'appelle Fausse nouvelle, jouit d'un extraordinaire privilège dont bénéficient bien rarement les courtisanes. Alors que celles-ci rencontrent les difficultés les plus insurmontables — sauf de rares exceptions — à reprendre rang parmi les femmes dignes de respect, tout mensonge qui rôde en cherchant aventure (et en guerre plus que jamais) devient bien vite une vérité. Au moins en a-t-il si complètement l'apparence que cette métamorphose lui suffit et qu'il peut être à peu près assuré de faire un beau chemin dans le monde. Après avoir couru de lèvre en lèvre, il peut alors essayer de prendre la forme écrite et trouver des admirateurs, bien qu en ait dit autrefois M*"" de Staël quand elle déclara que « le mensonge est plus dégoûtant dans les écrits que dans la conduite ».
Ecrit ou parlé, le mensonge affecte mille physionomies Il y a le mensonge pour rire, le mensonge pour être utile, le mensonge pour nuire, le mensonge « par amour de l'art », ciselé, fignolé, combiné, paré comme s'il sortait des mains d'un artiste amoureux de son argile animée. Il y a le mensonge qui s'ignore, et qui, tout en se donnant à tout le monde comme une péripatéticienne, se croit les pures et indiscutables vertus de la farouche
Lucrèce. Fréquent mensonge que celui-là; c'est lui que promènent presque toujours, dans les carrefours des villes et sur les mails des bourgades, les porteurs de nouvelles. Tout est inexact en lui, mais lui-même se croit vérité de tout point. Il ne sait pas d'où il sort, qui l'a mis en circulation. Mais tout le monde proclame son authenticité : donc il est authentique. Tout au plus, dans quelques jours, convaincu par l'arrivée de renseignements précis, pourra-t-il convenir qu'il était exagéré. Mais Joseph de Maistre n'a-t-il pas établi que l'exagération est le mensonge des honnêtes gens ?
Où commence le mensonge, où finit l'exagération ? Qui donc aurait l'autorité de délimiter cette subtile frontière ? Aussi, les honnêtes gens comme les autres pratiquent le nouvellisme en temps de guerre, tout en remettant à l'avenir, seul juge, le soin de faire un équitable départ entre ce qui était vrai et ce qui Tétait moins ou pas du tout.
Est-ce à dire qu'optimistes, pousse-au-noir, rêveen-rose, clabaudeurs, échotiers, potineurs, flaire-levent, ramasseurs de bouts de scandales, se lancent dans la carrière en acceptant délibérément de bafouer la vérité pour la mieux servir, et fassent litière de toute exactitude pour y trouver le bon fumier sans lequel les beaux mensonges ne fleurissent qu'à-demi ? Faut-il croire que tous les informateurs et pourvoyeurs de récits inédits, que tous les chasseurs de bruits qui courent, se mettent en route avec l'intention formelle d'échanger et de fabriquer de fausses rumeurs comme on fabrique et échange la fausse monnaie?
Non certes ! Et soutenir ce vilain paradoxe serait noircir gratuitement tout un peuple beaucoup moins machiavélique. S'il y a, à n'en point douter, — et nous le constaterons au moment des « scandale?^ » de 1917 — quelques ateliers souterrains où, pour des motifs intéressés, la fausse monnaie de l'opinion est
frappée sur les coins du mensonge, ce n'est là qu'exception Les cyniques de la nouvelle inexacte se comptent et ne feront jamais nombre. Quant à l'armée, à la formidable armée des autres, elle est plutôt faite de bons enfants qui, dans des proportions variables et avec un « coffre » plus ou moins puissant, mentent comme on respire, sans s'en apercevoir. Ils seraient fort courroucés si on leur disait qu'ils peuvent être dangereux et qu'en bien des cas ils ne font pas une bonne action. Ils se prétendent plutôt des bienfaiteurs de l'humanité et s'indigneraient si on leur rappelait le mot de Chateaubriand : « Ce qu'on gagne par le mensonge en réputation d'habileté, on le perd en considération ». Ils exercent leur métier de nouvellistes avec une sorte d'esprit d'apostolat. Consolateurs des affligés, temporisateurs des exaltés, ils rallument ou étouffent sous la cendre, tour à tour, les feux près desquels se réchauffe ou risque de se brûler la confiance nationale. Stratèges en chambre, ils tiennent leur rôle pour indispensable. Orateurs de cafés, ils savent servir, d'une main experte, le meilleur apéritif qui convient à l'esprit public. Visiteurs des salles de rédaction, ils prétendent inspirer à la presse ces articles lucides, ces traits de lumière qui parfois percent l'ombre des lendemains ténébreux. Et ils vous citeraient cent exemples pour prouver que leurs révélations, plus promptes que celles des télégraphies sans fil, ont jusque dans les cabinets ministériels et jusque dans les cajibis des généraux au front, touché la raison des Excellences ou des tacticiens et provoqué des actions heureuses.
Au deuxième tome d'un ouvrage où est étudiée la psychologie de la Fausse Nouvelle de guerre, il convenait — n'en déplaise à tous les nouvellistes cons-
cients ou inconscients — qu'un court chapitre rappelât l'attention du lecteur sur le ver qui, presque toujours, se tient caché au cœur du faux bruit illusoire offert à l'appétit des affamés par les maraîchers, marchands de primeurs politiques, militaires ou autres. Ce ver est celui que condamnait dé à le Décalogue lorsqu'il ordonnait à Moïse, du haut du Sinaï : « Tu ne mentiras pas ». Moïse lui-même oublia Tordre du buisson ardent. Un jour vint où il fut condamné à ne point pénétrer dans la terre promise, parce qu'ayant douté de la parole du Seigneur, il crut, l'infortuné, que Dieu lui avait donné une fausse nouvelle !
Soyons assurés qu'aucun de nos bavards de guerre ne subira un tel châtiment, dût-il mentir beaucoup plus qu'il ne convient. Aucun, même le plus excessif en ses propos, ne mourra sur le mont Nebo avec le regret de revoir seulement de loin le pays de Chanaan. Notre pays de Chanaan, à l'heure où sont écrites ces lignes, c'est la victoire*. Les contes des Imaginatifs n'ont jamais sérieusement entravé le geste des soldats". Et l'avenir pourra dire : « Tandis que loin des batailles de la guerre actuelle le monde entier supputait la ruine de l'orgueil germanique, poilus et tommies avec leurs Alliés, pierre à pierre, jour sur jour, 5^ travaillaient sans phrases «.
I. « Mes buts de guerre, c'est la victoire ». (Discours de M. Clemenceau, président du Conseil, au lendemain de la lecture de la déclaration ministérielle).
3. Voir, plus loin, le chapitre : La fausse nouvelle au front.