‹ Les faux bonshommesChapitre 100 sur 114 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, BASSECOURT.

BASSECOURT, en;rant a la raulonade. *

Il y est?... tant mieux!... (courant à ociave.) Ah! moucher Oi;lave, je suis heureux de vous rencontrer chez vous... (saluant.) Madame... (iiès-agite.) .^h! mon ami!... quel chagrin pour moi d'être contraint de venir vous troubler!... (Respirant.)

OCTAVE

Expliquez-vous...

' Efigard, Emmelirie, Oscar, Bassecniirt, Dnfoiiré.

OCTAVE

EDGARD

m LES FAUX BONSHOMMES

BASSECOURT.

Je ne voiuliais pas vous oiïravcr; seulement, si vous m'en croyez, vous ne resterez pas ici.

EMMELINE

Et pourquoi?

BASSECOURT.

i'arcc qu'il est revenu !

EDGARD

Qui ça?

Monsieur Péponet.

Mon père!

Il se pourrait !

Ah diable!...

OCTAVE

Et depuis quand?

BASSECOURT.

Depuis une demi-heure... je passais devant sa porte, une voiture s'arrête, Péponet s'élance, me saisit au passage, m'accable de questions... et sans me laisser le temps de lui répondre, entre tout à coup dans une colère épouvantable!

EMMELINE, effrayée.

Ah 1 mon Dieu !

OCTAVE, à Einmelinc.

Calme-toi... (a Basspconn.) Mais comment se fait-il?... pourquoi cette, colère tardive?... est-ce que monsieur Péponet n'était pas instruit de tout?...

BASSECOURT. *

Eh non! monsieur Vertillac lui avait écrit à Florence... quand la lettre est arrivée, monsieur Péponet était à Venise, je ne sais où : bref, il n'a trouvé laletire qu'il y a huit jours, en repassant à Florence... alors il a interrompu son voyage, il a pris la poste, et le voilà... J'ai voulu lui faire entendre raison... impossible, il crie toujours... il a pré, are un discours depuis Florence, et il faut qu'il le place, il n'y a pas à dire.

EMMELINE

0 mon Dieu! mon Dieu!

* Eilganl, Dufouré, Emmeline, Oscar, Bassecourt.

BASSKCOURT.

iNe VOUS effrayez pas mal à propos, ménagez vos forces, madame... vous en aurez besoin tout à l'heure.

OCTAVE, à liassccoiirt.

Mais faisez-vous donc, vous !..

BASSECOUUT.

Permettez... mais...

OCTAVE

Et après tout... sommes-nous donc des criminels?...

Non, sans doute... Et puis après?... quoi?... vous cies mariés, et quand il parle de reprendre sa fille...

OCTAVE

■ Hein ?

EMMELINE

Nous séparer?...

BASSECOURT.

(/est absurde!... c'es.t comme sa malédiction dont il vouj menace.

EMMELINE, effiavce.

Oh!...

EDGARD, criant.

Taisez-vous donc, sacrebleu!

OCTAVE

Mais vous eflrayez ma femme!...

BASSECOURT.

Moi? mais pas du tout... Madame sait bien, d'ailleurs, que son père ne la mangera pas... Elle n'a donc rien à craindre; seulement, à sa place, j'éviterais sa présence, de peur do l'irriter davantage, parce qu'à son âge et dans l'état d'exaspération où il est... un malheur est si vite arrivé...

EMMELINE

Ciel!...

EDGARD, bas à Oclave.

Envoie-le donc au diable.

Vous comprenez? Moi, je vous dis cela pour que vous vous épargniez des regrets éternels, car c'est bien douloureux lorsqu'on peut se reprocher... (a Dufouré.) Ah! tenez, vous en êtes un exemple, vous!...

' Fcigard, Dufouré, Bassecourt, Emmeline, Oclave. '* Bassecourt Dufouré, Eclgard, Octave, Emmeline.

iU LES FAUX BONSHOMMES

DUFOURÉ.

Comment cela?

BASSECOURT.

N'est-ce pas que vous soudiez beaucoup à la pensée que c'est poul-êtrc votre faute si votre femme est dangereusement malade à cette heure?

DUFOURÉ, sauiaiil. *

Comment, ma faute!...

BASSECOURT.

Allons, entre nous, vous la faites bien un peu mourir de clingriii !.,.

DUFOURÉ.

Mais ce n'est pas vrai !

BASSECOURT.

Non pas qu'elle ait jamais été amoureuse de vous!... ceci n'est pasprésumable, mais elle avait son petit orgueil... et si vous croyez que c'est agréable de se voir dédaignée ainsi... ça l'a minée!... et aujourd'hui...

Mais c'est infâme ce que vous dites là!

EMMELINE, qui causait avec Octave et Edgard.*

Non, non, tu as beau dire, je n'affronterai pas la colère de mou père.

OCTAVE

Tu es une enfant!...

EDGARD

Oclav{î a raison...

BASSECOURT.

Il a tort...

EDGARD

Je ne vous parle pas...

BASSECOURT.

Et moi, je vous dis que vous serez cause d'un malheur!...

DUFOURÉ, criant.

Vous êtes un brandon de discorde!...

BASSECOURT.

Eh bien I faites tout ce que vous voudrez... (a pan.) Obligez donc les gens!

EMMELINE

Oh ! décidément, j'ai trop peur, et je vais me cacher dans

* Dufoiiré, Bassecourt, Etlgard, Octave, Emmeline. *■ Bassecourt, Dufoiiré, Edgaril, Octavu, Emmeline.

AL l£. i V 1B6

ma chambre... Viens, Octave, sauvons-nous... (avcc im peiu ci.) Ah ! il n'est plus temps.

(péponel a paru, l'indignation au front et un parapluie sous le bras. Eugénie est avec lui.)

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