‹ Les faux bonshommesChapitre 101 sur 114 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, PÉPONET, EUGÉNIE.*

EMMELINE, tremblante.

Mou père !...

PÉPONET, l'arrêtant avec noblesse.

Éloignez-vous.

EUGÉNIE, courant à Emmeline.

Chère petite soeur!... Oh ! papa est bien en colère, va...

OCTAVE

Monsieur Pépnnet...

PÉPONET, qui a paru avoir repassé son discours dans sa tête, à Octnve.

Monsieur, dans le premier moment, j'étais décidé a vous dire tout ce que je trouve de coupable dans votre conduile, mais j'ai réfléchi, et je ne la flétrirai que par un dédaigneux

silence... (Mouvement d'Octave.) Ah ! VOUS RVCZ blCU mené VOtl'O

barque, monsieur !

BASSECOURT, à part.

Bon ! voilà le discours.

PÉPONET.

Il vous fallait une dot...

Cette dot est chez un notaire, monsieur.

PÉPONET, qui n'écoule que lui, continuaDt.

Et rien ne vous a coûté pour l'obtenir...

OCTAVE

Pardon!... nous n'y avons pas touché...

PÉPONET.

Vous aviez des goûts somptueux...

OCTAVE

Vous vous trompez, monsieur.

PÉPONET, même jeu. ^

Et, pour les satisfaire, vous n'avez pas craint... de tromper un honnête homme...

* Bassecoiir(,Dtifouré, Péponel, Eugénii', Finmeline, Oscar, Edgard.

OCTAVE

Pardon encore une fois, mais...

l'ÉPONET.

Vous en aviez assez, n'est-ce pas, de votre vie obscure et toute de privations ?...

OCTAVE

Comment !

Aussi, une fois en possession de cette fortune, vous ctosvous empressé delà dissiper...

OCTAVE

J'ai eu l'honneur de vous dire...

PÉPONET.

De la gaspiller en folies de toutes sortes...

OCTAVE

Au contraire, je...

péponet; Vous avez payé vos dettes ! Mais était-ce à ma fille de combler les abîmes de votre passé?...

OCTAVE

Ah ! c'est trop fort !

PÉPONET.

Si vous aviez eu la moindre délicatesse, monsieur, vous ne vous seriez point exposé à recevoir une semblable leçon 1

OCTAVE, criant.*

Je vous dis que l'on n'a pas touché à votre argent, qu'il est chez un notaire! (criant) un notaire!... entendez-vous ? et ^i v^us en doutez, eh bien! interrogez votre fille...

EMMELINE

Mais en effet...

PÉPONET.

Ah oui!... ma fille! pauvre enfant!

Mais je suis heureuse, mon père!

PÉPONET.

Qui m'eût dit, lorsque je travaillais pour toi avec tant do courage...

EDGARD, à pari.

Bon ! l'autre moitié de la bobine.

* Bassecourt, Dufouré, Emmeline, Péponet, Octave, Eugénie, Edgar d.

PEPONET.

Qui m'eût dit que cela ne servirait à rien !

EMMELINE

Je vous répète, mon père, que je suis très-lieurouse.

PÉPONET.

Oh! mais du moins, pauvre enfant, ton père te reste!

OCTAVE, rageant.

Oh!

PÉPONET. *

Oui, il te reste, car le cœur d'un père ne saurait tenir longtemps rigueur à son enfant adorée !...

OCTAVE, bas à Edgard.

Tiens, vois-tu, j'ai envie de le mordre...

EDGARD, avec un petit rire convulsif.

Moi, il me semble que je vais avoir des attaques de nerfj...

PÉPONET, qui a embrjssé sa fille à plusieurs reprises.

Sache bien que, quoi qu'il arrive, la porte de ton père te sera toujours ouverte...

EMMELINE

Mais, papa...

PÉPONET.

Et que n'eût-il qu'un morceau de pain, il le partagerait avec toi...

OCTAVE, éclatant.

Ah çà! sacrebleui... vous croyez donc que votre fille meurt de faim!... Qu'est-ce que vous me contez avec votre pain... (c utant à la table.) Eu voilà du pain!

EDGAUD, criant.

Et du pâté!...

OCTAVE

Et pour la millième fois, je vous répète que votre dot est intacte!... (criam) intacte, entendez-vous?

PÉPONET.

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