SCÈNE VIII
Les Mêmes, EMMELINE, EUGÉNIE, puis ANATOLE.
EUGKNIE.
Coniinenl! la séance n'est pas encore levée?.,. Mais h»us n'y songez pas, mon père... nous avons du monde à diiier... vous ne pouvez recevoir en garde national.
PÉPONET.
Mais...
EUGÉNIE
J'en suis bien fâchée!... en voilà assez pour aujourd'hui.
OCTAVE, regardant Emmeline.
De grâce! encore quelques instants!...
EUGÉNIE
Cinq minutes 1 j'y consens; mais hàtez-yous!...
PÉPONET, voyant Anatole.
Tiens! ce cher cousin!
ANATOLE salue tout le monde, serre la main à Poponel, et oiïio nn bouquet a Emmeline et un autre à Eugénie.
Mesdames, messieurs, c'est absurde d'apporter des fleurs à la campagne, mais j'espère que vous aurez (pielque indulgence en faveur de l'intention.
î- EUGENIE, prenant le bouquet.
11 est délicieux !
(Emmeline pose IVoidomenl le bien sur ia table.)
* M»"^ Dufoiiré, Eflgurd, Eugénie, Bassccourt^ [^'ponet, Analolo, iDiifowfé, Emmeline, Octave.
Ce cher Anatole! c'est un garçon char...
OCTAVE, lui coupant la parole.
Ne parlez pas ! je tiens la bouche 1...
ANATOLE, à PéponBt.
Ce chemin de fer ne marchait pas!... J'avais une tol'e hàle d'être près de vous, que je n'ai pas voulu attendre Lccaidonel... il viendra par le premier convoi... A propos, cher beaupère, car désormais je veux vous donner ce titre...
PÉPONET.
C'est...
(Il s'anèlc sur uu gesle d'Oclavc.) ANATOLE, conliniiaiil.
J'ai passé chez. votre notaire... le contrat sera prêt dans quelques jours... je l'ai pressé vivement.
PEPONET, trcs-roidc et ouvrant à peine la boiiclic.
Ces amoureux sont toujours ainsi...
OCTAVE, à Anatole.
Monsieur, je vous en prie... ■
ANATOLE, à Oclavo.
Ah! pardon, monsieur, pardon.
EDGARD, à Bassccourl.
Il est très-bien, ce monsieur Anatole! très-bien! très-bien!
BASSECOURT. *
Oh! oui, seulement...
[U lui parle bas.) ANATOLE, à Emnieline.
Clière cousine, j'ai acheté un nouveau cheval... un bii brun magnifique!... Je veux qu'il soit consacré uniquement à votre service, et sitôt après notre mariage...
OCTAVE, vivement.
La séance est terminée.
EUGÉNIE
A la bonne heure!... Allons, papa, enlevez tout cela.
(Elle lui Ole son shako, etc.) PÉPONET.
Un moment.
* M^'e Dufoui-é, Edgard, Péponot, Eugénie, Dufouré, Einmcline Octave, Anatole.
** M'ûe Dufouré, Edgard, Péponet, Eugénie.
ACTK I 2»
F.DGARD.
Le désarmement de Mars !
MADAME DUFOURÉ, icganiant Eugénie.
Quelle vivacité enfantine!... quelle grâce charmante!. .
ANATOLE, à Pcponet.
Ma foi ! sur le contrat, j'avais envie de faire mettre le chiffre rond... vous savez... trois cent mille francs?
PÉP0^ET, vivement.
Du tout!... nous nous sommes arrêtés à deux cent cinquante mille, et je ne donne pas un sou de plus.
EMMELINE, à Octave.
Mon Dieu ! comme vous semblez triste !
OCTAVE
Hélas ! c'est que je désespère.
EMMELINE
Pourquoi ?
OCTAVE
11 y a tant d'obstacles entre nous!
EMMELINE
Et VOUS avez peur?
OCTAVK.
Oui, mais je lutterai jusqu'au bout! je vous aime tant!
MADAME DUFOURÉ, à Eugénie.
Vous avez vu mon fils au jardin?
EUGÉNIE
Mais non, madame.
MADAME DUFOURÉ.
Le pauvre enfant!... il est si timide!... je vais le chercher... (a Dufouré.) Viens-tu avec moi, Ernest?
DUFOURÉ.
Non, je retourne à la maison... M'accompagnez- vous, Bassecourt?
(MadanK- Durouré snrl.) BASSECOURT.
Volontiers... Sans adieu, Péponet.
(Us sorteul ) EUGÉNIE. *
Mais aide-moi donc, Emraelinc! Emmenons papa.
(Elle veut prcnilio le sabre.)
* EdgarcI, Eiigcnie, Péponet, Analolo, Eiumeliiic, Octave. ,
â6 LES FAUX 150NS1I0MMKS
riii'ONET.
Laisse mon sabre !... il n'y a que moi qui puisse y toucher !
EUGÉME.
Dépêchez-vous, ou je vi#ns vous chercher.
AISATOLIÎ.
Permettez, chère belle-sœur !
(il lui o(ïrc le bras.) EUGÉNIE, le picnant.
Viens (!onc, Emmeline.
EMMELINE , bas à Octave.
(lOUrage! (OcUvc saisit sa main cl la porte à ses lèvres. — Elfraycc.)
Ah!...
EUGÉNIE, fc rclournanl.
Quoi?
Uu'est-ce?
EMMELINE
Rien! le pied m'a tourné.
(Elles sorltnl avec Anatole. Pépouel va au fond ; il (juillc sa tuninuc, met :a r") € (le chambre et garde son sabre sous le bras.)