ACTE I
nii'lioz à notre aise... Figurez-vous que nous n'osions pas nous en aller.
l'ÉPONET.
Quel enraiilillage!... Eli bien! maintenant vous êtes prévenus, et à l'avenir, vous ferez comme chez vous... adieu!... à demain!... (a Ociavc.) A l'iisure que vous voudrez... je vous 1-3 répèle .-je me lève au chant du coq!... Adieu!... adieu!...
(Germain ciilre pour eiikvor le clievalol, le lableau, elc.) EDGAIiD, à Octave.
Allons! nous n'avons plus qu'à mettre à la voile.
PÉPONET, à Germain.
Ail! Germain... n'oubliez pas de me prévenir dès que monsieur Vei'tillac arrivera.
■ (Germain s'incline el sort.) OCTAVE à pan.
Mou onclcl
EDGARDj cloi ne.
Verlillac !
IMiPONET, s'arrélanl.
Plaît-il?
EDGARD
Ne v2nez-vous pas de nommer monsienr \'erliiLic?
PÉFONET.
Oui!
EDGARD
L'ancien notaire qui a acheté, il y a quelques années, une charge d'agent de change?
PÉPONET, redescendant.
Oui!... Est-ce que vous le connaissez?
EDGARD
Moi ?... je ne lai jamais vu ; mais Oclave le connaît beaucoup, lui.
PÉPONET.
Bah ! il a fait son portrait ?
EDGARD
Non... mais c'est son oncle!
PÉPONET, courant à Octave.
Son oncle!... Vertillac est votre oncle?
OCTAVE
Oui, monsieur.
* OclavCj Pcponct, Edgard.
30 I,i:S FAUX r.ONSIIOMMHS
i'Ki'riMCT, Mais il est millionnaire !
OCTAVE, souriant.
Cela n'empêche pas !
PKPONET.
Parilieu!... ji; crois bien... au contraire !... (lui scnani i^ main.] Ce cher monsieur Octave!... Oh!... par exemple!... voilà un de ces hasards!.. Au reste, c'est assez curieux : maiil semblait que je sentisse cela !
EDGARD
Comment?
rÉPOJiKT. •
Oui ; quand je voulais absolument vous retenir à diner.
Enr.AP.n, à pan.
Eh bien ! elle est forte, celle-là!
PÉPONET.
11 y avait quelque chose qui me disait nue vous deviez con-, naître le convive que j'attendais. .. Hein! .. esl-ce bizarre?...
EDGAUDj Ircs-sérieux.
On a comme cela des pres-enliuients!...
PÉPOISET.
Oh ! moi, j'en ai toujours, (a Octave.) Mais, est-ce assez heureux que je ne vous aie pas laisst" parlir?... c'est que vous le • "vouliez absolument!... maintenant, j'espère que vous ne pouvez plus me refuser? (a Edgard.) Il ne peut plus me refuser!
Pardon... je...
PÉPONET.
Ce cher Vertillac!... va-t-il être agréablement surpris!
OCTAVE
Oh ! j'en doute, et même, si vous le permettez...
(Fausse sortie.) PÉPONET, riant ol le retonaïu.
Ah! ah! nous avons fait quelques farces à ce cher Vertillac?... quelques petites dettes qu'il lui aura fallu payer pojr son coquin de neveu, et son coqsiin de neveu a peur dVlie grondé?...
OCTAVE
Non, monsieur, ce n'esl pas cela. -
ACTK I 31
l'KPOlNICT. *
Alors, ça ne dnil pas valoir la peine d'en parler, (a pan.) Le ni'veu d'un millioiinaiie! et moi qui l'ai marchandé à propos de ce portrait!... Ali! si j'avais su qu'il travaillait pour son lilaisir!
(Geiinain entre pour rangpr.) EDGAUD, à qui Octave parlait bas.
Bah ! laisse aller les choses !...
OCTAVK.
Mais lu sais bien que je suis fâché avec mon oncle depuis que j'ai préféré la peinture aux affaires.
PÉPONKT.
Dilcs moi... Je sais que Vcrlillac est garçon et que, consinjucmment, il n'a pas d'héritiers directs... a-t-il beaucoup de
neveux?
OCTAVE
Je suis le seul.
!>ÉPONEï.
Le seul neveu'... (a r.onnain.) (iermain?
GERMAIN
Monsieur?
PÉPIINET.
Tu porteras les chevalets et les boites de ces messieurs dans le pavillon... (aux jeunes gons.) Il y a là deux petits logements où vous ne serez pas trop mal... je voulais toujours vous les offrir...
EDGARD, à part.
11 y a mis de la rédexion!
PEPONET.
Ce n'est pas splendidement décoré; mais enfin... vous m'excuserez... à la guerre, comme à la guerre !...
OCTAVE
Mais, monsieur Péponeti...
EDGARD
Ail çà, permettez!... je ne suis pas le neveu d'un millionnaire, moi !
PÉPONET.
Non ! mais vous êtes l'ami do monsieur Octave Delcroix... voifs êtes, comme lui, un artiste de talent et, à ce do;i!>li! titre, vous ne devez pus non pins loger ailleurs que chez moi,
■ Octave, Eiiy.'ir(i, Pépoiiot, .
OCTAVE
Cependant, monsieur...
PÉl'ONET.
Je ne vous écoute pas... cVst une aflaire anangco!... D'al)(ii(I, monsieur EdgarcI consent?...
EDGAUn.
Si je consens!.., mais c'est-à-dire que je me croirais le dernier des ingrats si je refusais luie hospitalité ofl'erte de si Ijon cœur et si instantanément.
rÉPONtr, il Octavo.
Vous l'entendez ?
EDGARU, avec oiitliousiasme.
Ail! monsieur Péponet! si tous les grands propriétaires vous imitaient!... l'hospitalité gratuite!... comme on en est loin aujourd'hui!
PÉl'ONET. '
Il faut être juste, tous les artistes n'ont pas...
EDGAUD.
Un oncle millionnaire!... c'est vrai !...
PÉPONiCT.
Oh! je ne parle pas de cela; la fortune n'ajoute rien au mérite des gens.
EDGAUD.
Non, mais elle le fait bien valoir. Ainsi, c'est incroyable ce qu'il y a de personnes qui ne veulent reconnaître de talent à, un homme que lorsqu'elles le voient passer en brillant équipage.
PÉrONET.
Ah ! vous avez raison ! il y en a beaucoup !
EDGARD
Bien plus que vous ne croyez, mon cher monsieur i'éponel.
OCTAVE, voiilaiu ranélcr.
Edgard !
EDGARD
Eh bien, quoi? mais monsieur Péponet sait cela comme moi!
PÉPONET.
Parbleu ! il suffit d'avoir un peu vécu.
EDGARD
Je gage qu'il devine bien de qui je veux parler!
P^PONET.
Oh ! je m'en doute.