ACTE I
Mon oncle me défendait de m'occupcr de pciiilure.
PÉPONET.
Bien! je devine I... vous étiez jeune, vous avez fait un coup de lète, et aujourd'hui vous vous en repentez, j'en suis sûr?
OCTAVE
Permettez!...
PÉPONET.
Allons! pas de fausse honte!... Vortillac va venir... vous vous raccommoderez, je m'en charge!
OCTAVE
Je doute fort que...
PÉPONET.
Refuseriez-vous de lui tendre la main ?
OCTAVE
Non, certes !
PÉPONET.
EU bien! ça marchera toYit seul... Ah! ah! c't'st (ju'il iic faut pas rester brouillé avec Crésiis, quand Cresus na «juc vous d'héritiei'.
OCTAVE
Oh!
PKPONET.
Oui, vous ne tenez pas à l'argent pour l'argenl lui-mcnic; vous êtes comme moi. Mais onfln la lurtiiniî ne nuit jamais, je vous l'assure, quand on sait on faire un l^pn usage... Ah!
à propos! '(Sc rapprocbant d'Octave.) 11 faut que je VOUS dounc UU
conseil... c'est au sujet de monsieur Edgard... ocrXvE.
Comment ?
PÉPONET.
Vous voyez que je l'ai parfaitement reçu à cause de vous... mais, si vous m'en croyez, vous vous en détacherez... Vous comprenez, dans votre position... neveu d'un millionnaire ! . . .
OCTAVE
Permettez!... Edgard est un digne et brave garçon, à l'amitié duquel je tiens beaucoup.
PÉPONET.
Eh bien! précisément I... c'est pour cela qu'il faut roiiîpre avec lui, peu à peu... parce que si vous restez inlimoment
36 LKS FAUX BONSHOMMES
liés, suivez-moi bien, comme il est pauvre, il vous empruntera tôt ou lard de l'argent, et cela vous brouillera.
OCTAVE
Vous VOUS trompez.
PÉPONET. '
Enfin, je vous dis cela dans voli'o intérêt; vous réfléchirez... Mais, voyons, qu'aviez-vous à me dire?
OCTAVE, tremblant ot se rapprochant.
Monsieur Péponet... je suis amoureux comme un fou !
PÉPOÎSET, riant.
Vos moyens vous le permettent.
OCTAVE
Et mon bonheur dépend de vous.
PÉPONET.
Oh! oh! j'ai donc quelque pouvoir sur la personne en question?
OCTAVE
Mais... vous avez le pouvoir qu'ont tous les pères sur leurs enfants.
PÉPONET.
Bah! il s'agirait de l'une de mes filles?
OCTAVE, tremblant.
Oui, monsieur.
PÉPONET.
Allons! allons! il ne faut pas trembler ainsi.
OCTAVE, avec espoir.
Quoi !... je pourrais espérer ?. ..
PÉPONET .
Ai-je donc l'air si farouche?
OCTAVE
Oh ! monsieur !
PÉPONET, avec bonhomie. *
Ah çà! est-ce que vous croyez que je ne me doutais do rien?
Quoi! vous aviez remarqué?
PÉPONET.
Parbleu I
OCTAVE, se levant.
Et cependant vous daigniez m accueillir dans votre famille?