ACTE II -i
OCTAVK.
Tu le trompes... Avant de savoir cela, il avait déjà dovino mon amour.
EDGARD
Qu'est-ce que tu me chantes là?...
OCTAVE
11 le considérait même d'un œil souriant.
EDGARD
Ah çà ! mais nous faisons poser papa.
OCTAVE
Non, mon ami, non! Monsieur Péponot m'a avoué que, tout en me sachant pauvre, il avait des vues sur moi, qu'il rêvait même déjà mon bonheur à venir, et je suis bien convaincu que lors même que mon oncle ne l'erait rien pour moi, ma position auprès de monsieur Péponet serait toujouis la même.
EDGAKD.
En vérité!
OCTAVE
Si tu l'avais entendu, tu ne pourrais plus douter.
EDGARD
Ah çà! mais ce n'est plus mon Péponet; on me l'a changé! c'est un Péponet nouveau! Et moi qui avais déjà fourré l'ancien dans ma galerie des faux bonshonnnes!...
OCTAVE
Tu étais injuste.
Je le vois bien! et parbleu! j'en suis enchanté, ravi!... Je vais le rayer des deux mains!... un faux bonhomme do perdu, dix de retrouvés!... Ah çà! dis-moi, vous avez parlé de la question matérielle, de sa majesté l'Argent?... (ociavo ûui un gosie.) Qu'est-ce que tu veux, puisqu'il en faut pour vivre!... Voyons, que t'a-t-il dit à propos de la dot?
OCTAVE
Oh ! il m'en a parlé longuement.
EDGARD
Bon! qu'est-ce qu'il donne à sa fille?
OCTAVE
Je t'avoue que je n'ai pas trop fait attention... Cependanl, io. crois qu'il a dit cinquante mille francs, dont il iicus fera la rente...
EDGARD
Ah! parfait! ah! très-bien! j'y suis ir.aintonant!... Voilà mon Poponct retrouvé... le vrai Péponet qui a exploité ton amour, (jui a fait une allaire... (Fiapium duis so» aiimm.) Déeidément il y restera! Sais-lu combien il donnait à l'autre? deux cent cinijuante mille francs!... Anatole vient de me le dire.
OCTAVE
Eh! que m'importe?... Ne vas-tu pas devenir un homme d'argent, toi aussi?... Ce que je veux, c'est iMimieline, c'est elle t^eule. Dois-jo, quand il s'agit d'elle, m'intéresser à une misérable question de billets de banque?
EDGARD
Allons, j'ai tort... tu es un brave garçon; épouse et laissons le Péponet pour ce qu'il vaut...
OCTAVE
11 est meilleur que tu ne le crois, et une fois dans la famille, j'espère bien que je pourrai te servir auprès de ma petite belle-sœur, auprès d'Eugénie.
EDGARD
Bon! bon! je n'ai pas d'oncle millionnaire... ne l'inquiète pas de cela.
OCTAVE
Comment! ne l'aimes- tu pas?
EDGARD
On n'a jamais pu savoir... la justice informe!...
OCTAVE
Cependant, quand lu es loin d'elle...
EDGARD
Eh bien! oui, quand je suis loin d'elle, il me semble que je l'aime; mais quand elle est près de moi, je la reprends en grippe, (ociave souiii.) Parole d'honneur! elle m'agace! elle me crispe!... Une petite lille qui ne pense qu'à sa toilette, qui n'aime que le plaisir, et qui juge un mari sur la quantité de chevaux qu'il possède dans ses écuries ou le nombre de cachemires qu'il peut donner à sa iViimic! Tiens, décidément^ je crois que je ne l'aime ni de près ni de loin.
OCTAVE
Ah! quel original lu fais!
EDGARD
Mais il ne s'agit pas d'elle^ il s'agit de sa sœur, celte douce
ACTl': II Ji.y
Einmeliiic, (]i)i a pris pour'cllo seule toutes los qualités de la famille... Tieiis, la voici !
OCTAVE, courant à elle.
Venez, mademoiselle; venez vite que je vous apprenne une bonne nouvelle!