‹ Les faux bonshommesChapitre 24 sur 114 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, EMMELINE.

EMMELINE

Qu'estoc donc? Je viens de rencontrer mon père... il p raissail tout jojeux ..

EDGARD, à part.

Je le crois bien! il gagne deux cent mille francs!

OCTAVE, avec feu.

Combien je vous aime !

EMMELINE, effrayée.

Prenez garde !

OCTAVE

Ne craignez rien! j'ai le droit maintenant de vous parler de mon amour... votre père m'y autorise.

EMMELINE

Mon père?

EDGARD

Eh oui! chère enfant! Octave a demandé votre main, et il l'a obtenue...

EMMELINE, coiUenaut sa joie.

Oh! mon Dieu!

(Elle s'asïicd au milieu.) EDGARD.

Ne contraignez pas votre cœur; il est heureux, n'est-ce pas?... eh bien! laissez-le parler.

EMMELINE

Oui, vous avez raison, monsieur Edgard. D'ailleurs, je ne sais pas feindre. Peut-être devrais-je recevoir froidement cette nouvelle, qui pourtant me rend bien heureuse.

OCTAVE

Chère Emmeliue !

■ Octavp, EniiiK'Iiiic, Edgard.

4fi LES FAUX BONSHOMMES

EMMELINE

Mais je n'ai pas été élevée comme les autres jeunes filles : ori)li(!linc, dès ma pvemicro enfance, je n'ai jamais été entoiuée des soins d'une mère ; car la seconde lomme de mon père ne m'aimait pas, et j'ai bien souvent pleuré en silence de l'abandon dans lerpiel je vivais; aussi toute la tendresse que Dieu avait donnée à mon àme, ai-je dû l'y refouler jus- (pi'au jour où vous m'avez parlé de voire amitié, (a EJga,d.) Aussi, je vous l'avoue, si mou père avait refusé, j'aurais été bien malheureuse!...

OCTAVE

Chère enfant!

EMMEI.I?iE.

C'cit que, voyez-vous, mon père n'aime pas les artistes, ei je craignais qu'il ne vous mît dans l'obligation de renoncer à moi ou de suivre une autre carrière.

EDGARD

Et, dans ce cas, qu'eussiez-vous conseillé à Octave?

EMMELINE

Mais de demeurer fidèle à la peinture et de m'oublier... Je n'aïuais pas voulu qu'un jour à venir mon mari pût me reprocher un sacrifice...

EDGARD

Eh bien ! rassurez-vous : monsieur Péponet n'a mis aucune condition à votre bonheur.

EMMELIISE. *

Oui, notre bonheur!... Je travaillerai près de vous dans votre atelier... et pendant les heures de lassitude, ces heures si douloureuses pour tous ceux qui cherchent à faire vivre leurs pensées, je serai là, toujours là... et je vous rendrai le

courage!...

EDGARD, à lui-même. *

Ma parole d'honneur, c'est un amour que cette enfant-là! Et dire que c'est un Péponet qui... C'est invraisemblable...

OCTAVE

Vous aimez donc les arts, Emmeline, que vous comprenez ainsi la vie de l'artiste ?

EMMELINE

Oh oui!... Écoutez, ce qui me fil d'abord songer à vous, ce

• Emmeline, Octave, Edganl.

- •* Kdij.iid, Kmim'liiie. Oclave.

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