‹ Les faux bonshommesChapitre 39 sur 114 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

MADAME DUFOURÉ, vivcmenl.

Vlmix-Ui le taire! (Tout (loucement.) Mais, mon ami, la Bourse est un jeu dangereux : on gagne un jour et l'on perd le lendemain...

RAOUL

Eh bien... je ne jouerai que tous les deux jours...

DUFOUKÉ.

Il est stupide!

MADAME DUFOURÉ.

Écoute... je veux bien croire que tu pouirais faire des affaires tout comme un autre, si tu étais sccoïklé... Eh bien , épouse mademoiselle Eugénie... et monsieur Péponet te mettra do moitié dans les excellentes opérations que lui fait fain; monsieur Lecardonel.

RAOUL

C'est ça, et quand j'aurais gagné, il donnerait mon gain à ma femme!... Du tout, je veux pouvoir manger mon argent à ma guise.

Et voilà la jeunesse d'aujourd'hui!... On ne pense plus qu'à se créer une société en dehors de la famille. Les liens de parenté sont anéantis!... on les brise!... on les foule aux pieds pour une misérable question de plaisir ou d'intérêt!...

RAOUL, entre ses dents.

Pour deux douzaines d'assiettes...

DUFOURÉ.

Que voulez-vous dire?

RAOUL, riant.

Ah! papa, vous ne vous souvenez pas qu'à la succession de grand'maman, vous vous êtes fâché avec mon oncle...

DUFOURÉ.

Monsieur I... «

RAOUL

Parce qu'il avait .pris de plus que vous une douzaine d'assiettes!

DUFOURÉ.

Je vous ordonne de vous taire...

RAOUL, à sa mère.

Va, maman, quand j'aurai fait une belle opération, je viendiai te prendre en voiture, cl nous écra^^erons les passants!

■ Dufouré, M'"^ Dufoiu-i', fiaoïil.

"jd LKS FAUX BONSHOMMES

MADAMR nUFOUnÉ, elle renihiassr.

11 a un cœur excellent!...

DUFOUKÉ.

Mais il nous mangerait jusqu'au dernier sou I... (a naoui.) Quand vous êtes arrivé, nous étions tout à fait d'accord, voire mère et moi... songez à nous obéir... Vous épouserez mudeaïoiselle Eugénie.

RAOUL

Ma foi non...

[U remonte prenJrc son chapeau. — Toute la lin de la scène est jouée à voix basse.)

DUFOL'Rli;, furieux.

Voilà le résultat de l'éducation que vous lui avez donnée.

MADAME DUFOURÉ.

Je vous répète que c'est plus votre faute que la mienne!

DUFOURÉ.

Tenez, je vous déteste!

MADAME DUFOURÉ.

Je vous le rends bien.

RAOUL, du fond.

Ah ! monsieur Edgard !

DUFOURÉ, vivement.

Du monde!... Tenez-vous, madame... que l'on ne sache pas...

MADAME DUFOURÉ, rageant.

Ah ! s'il n'y allait pas de l'avenir de mon enfant !...

DUFOURÉ, voyant entrer Edgard.**

Tu n'as pas de raison, ma chère amie, tu t'échauffes en parlant... te voilà toute rouge... tu sais bien que je fais toujours tes volontés.

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