‹ Les faux bonshommesChapitre 6 sur 114 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

PÉPONET, OCTAVE, BASSECOURT, GERMAIN, AUGUSTE. '

PÉrONET.

Eh bien ! mon cher Bassecourt, cette petite promenade matinale m'a fait du bien. Maintenant, je poserai et je me roposci'ai même avec le plus grand plaisir.

(U lit et paraît enclniité.) BASSECOURT.

Charmant caractère !

(Octave a ouvert la boite et préparc sa palette. Germain et Auguste ciiilosseiil à Pejioiiet son iiniforrao pardessus son pantalon lilaiic, puis Gernuiin sort.)

■ Ba?socoiirt. PéiMuict, Aiig-uslc, Oïlavo.

8 LF.S FAUX DONSIIOMMKS

PÉPONET, ;< Oct:iVC, toiil on s' habillant.

Oh! mais soufflez im pL'ii, iiiunsiciir Oclave... Ah! c'es? (ju'on lie Iravei'si; pas comme cela ma* propriélé. (\ Angusic.) Au;-;iistc! mon sluiko, là, dans mon cabinet. (Ani^nsic va le cherciior. — A Oclave.) Comment avez-vous trouvé le petit bois?

OCTAVE

Très-agi'éahle.

PÉPONET, à Angiiste.

iJonnez-moi mon sabre le plus beaul

BASSECOIIRT, à pari.

Celui des dimanches.

PÉPONET le donne et sort. — A Bassccourt.

Et mes arbres fruitiers, hein?

BASSECOURT.

Admirables I Dos pèches superbes, des prunes de toute beauté!... seulement il me semble qu'elles ont beaucoup de

taches.

PÉI'ONET, froidement, passant.

Le soleil en a bien, (ii ini loumo le dos. — a octave.) Et la maison, elle est bien disposée, n'est-ce pas?

OCTAVE

Très-bien !

PÉPONET, Lonclont son ceinturon.

Ce. n'est pas princier; mais le confortable s'y trouve. Eh ! mon Dieu! c'est tout ce que je demande... Je n'ai pas la vanité de me poser en grand seigneur, moi ! quoique bien d'autres avec ma fortune... Mais ce n'est pas dans mes goûts...

BASSECOURT.

Ah! cela est vrai... vous n'avez jamais voulu jeter de la poudre aux yeux!

PÉPONET.

N'est-ce pas?

BASSECOURT.

Je vous rends cette justice, vous n'avez jamais oublié votre point de dépari : arrivé à Paris sans fortune, sans appui, sans Lviacation; car vous n'avez pas la moindre éducation, vous, i'éponct...

PÉPONET, blesse.

.Mais permettez, permettez!

BASSECOURT.

Non, vous n'en avez aucune, cher ami !... et c'est votre plus

ACTH I 0

beau tilrc, puisque vous avez su, inalgiv cela, arriver à la l'ortuue! Oli ! vous clés un homme remaniuable.

PÉPONET, avec modestie.

C'est ce que me disent (|uelques amis ti'op indulgents pou ■• m'encourager à me mettre sur les rangs des candidats au m \ fcil général du déparlement de l'Aube, dans lequel est silu;' ma propriété de Valjoli, ma nouvelle acquisition, mais...

BASSECOURT.

Ah ! à propos, j'ai reçu votre dernière carte portant ce no; nouveau accolé au vôtre.

l'ÉPONET.

Oui, Péponet de Valjoli. Oh! mon Dieu! je ne tenais pas du lo'.t à cela, comme vous le pensez bien; c'est Eugénie qui a voulu absolument...

BASSECOL'RT.

Vous n'y teniez pas? Vous aviez tort... cela se fait tous les jours. Beaucoup de gens même n'achètent une terre que pour en prendre le nom... Vous avez eu tout à fait raison d'agir ainsi... Seulement, je sais bien qu'au fond c'est pari'ailement ridicule, que c'est jouer à la noblesse comme les enfants jouent aux soldats...

PÉPONET.

Mais, mais... il me semble...

OCTAVE, qui pendant ce qui précède a toiil préparé pour pelmlro.

Quand vous voudriez, monsieur Péponet.

PÉPONET.

A vos ordres. Où étais-je donc hier?

(U pose. Basseconrl roinonle.) OCTAVE.

Attendez, (lc posant.) Vous étiez ici.

BASSECOUUT, admirant.

Ah! très-bien! très-bien! Tiens, une visite! madame Dufouré et son lils!

10 LF.S FAUX BONSHOMMES

Page 1