‹ Les faux bonshommesChapitre 93 sur 114 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

OCTAVE

Mais non; je veux dire seulement que s'il me fallait recommencer pour un autre motif, je ne pourrais pas.

Ta parole I

OCTAVE, lui soirant h main avec tendresse.

Oh ! chère petite femme !

EDGARD, même jeu.

On écrit de Bilbao. (a octave.) Oh ! mon ami, écoute donc ça, quel sinistre ! (Lisant :) « Un violent incendie s'est déclaré

chez un porteur d'eau. (Oclnvc cmlu-asse la main d'Emmelinc. — Kilgaril, (|ui avail un instant quitlp son joninal îles yeux, reprenant vivement sa lec'nrp : )

Les pompiers du poste de la rue Richer, secondés par.., » (s'aiTi-iani.) Allous, bon ! je ne sais pas ce que je lis.

(il se lève et va un pou plus loin.] EII.'IELINE, à Octave, ((ui veut lui embrasser le cou. *

Oh ! finis donc !

OCTAVE, insistant.

La femme doit obéissance à son mari...

F.MMELIINE, résignée.

C'est pourtant vrai !

(Elle so penche un peu, Octave l'embrasse.) EDGARD, se If.vant.

Ahî saperlottel mes enfants, je vous en prie ! un peu do charité !

OCTAVE

Qu'as-tu donc ?

EDGARD, iniligné.

Comment, ce que j'ai ? mais j'ai que tout à l'heure vous m'avez laissé déjeuner tout seul et que maintenant vous me laissez tout seul avec mes pompiers...

OCTAVE, à Emir.cline, riant.

Comme c'est jaloux les célibataires !

EDGAUD.

Comme c'est égoïste les gens mariés I

EMMELINE, se levant.

Ah ! monsieur Edgard !

EDGARD

C'est vrai, ça ! entre vous deux je suis comme saint Laurent sur son gril, et comme Tantale dans sa baignoire, moi.

' Etlgai'tl, Eiiim -ruie, Octave.

140 LF"S FAUX RONSHOMMES

OCTAVE, liant.

Mais...

EDGARD

Hier, par exemple, vous me dites : Edgard, allons faire une partie de campagne tous les trois. Une partie de campagne de ce temps-ci, en voilà une tocade ; enfin ! moi, j'accepte innocemment, et une fois dans les bois, vous commencez par aller cueillir des violettes dans des endroits accessibles seulement aux chèvres et aux amoureux; je ne pouvais pas vous suivre, avec ça que je portais le manteau et le chapeau de madame.

EMMELINK, assise sur la causeuse, le câlinant.

Mon bon ami!...

EDGARD

11 n'y a pas de mon bon ami. (coniinnam.) C'est que ce n'est pas tout encore. Nous allons dîner à Robinson, et après le potage vous me laissez là tout seul sur mon arbre perché, ça ne se fait pas, ça.

OCTAVE, riant.

Voyons, ne gronde pas, une autre fois...

EDGARD

Vous irez à la campagne sans moi, n'est-ce pas?...

EMMELINE

Mais non.

EDGARD

Vous ne me quitterez pas? eh bien! ce sera bien amusant pour vous.

OCTAVE

Eh bien alors, marie-toi. Comme cela (riam) \\-r\o restera personne sur l'arbre.

EDGARD, se levant.

Me marier? jamais ! Je préfère encore mon rôle de Robinson. Le sort ne veut pas que je me maiie, d'ailleurs, (ociave s'assied sur une ciiâise près d'Emmeiine.) Je m'cntcnds. Eh bien, je resterai vieux- garçon et je deviendrai un vieil égoïste. Je n'aimerai que moi, je me donnerai des chaînes de montre à ma fête et des tabatières au jour de l'an. Je m'abonnerai chez Vachette, et je mangerai tout seul comme un goinfie. Le soir, j'irai digérer tout seul dans une stalle des Vaiiétés; et un beau jour, je mourrai tout seul d'une apoplexie de Irnffes et de Champagne.

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