‹ Les faux bonshommesChapitre 95 sur 114 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

EDGAItl).

Oui, reste là. Encoie une idée de renfant gàlée d'avoir voulu ajourner son mariage jusqu'après son voyage d'Italie.,. Comme elle doit s'amuser dans le pays des arts avec monsieur

Anatole et monsieur Pépo!... (Sm un mouvement d'Emmcline.) Oll !

pardon!... (a octave.) Et enfin, ne songes-tu pas que j'aurai ma part de la colère de monsieur Péponet lorsqu'à son débotté il apprendra que tu as encore une fois quitté la Bourse pour l'atelier ?

EMMELINE

Oh! quant à cela, mon père doit l'avoir appris depuis longtemps.

J'en doute fort, moi.

OCTAVE

Cependant tu sais bien que je me suis rebrouillé avec mon oncle le lendemain du départ de monsieur Péponet. Par conséquent, mon oncle a dû lui écrire ce qui était arrivé.

EDGARD

Comment expliquer alors le silence que garde monsieur Péponet depuis plus de deux mois?

EMMELINE

J'ai écrit tant de fois à mon père que j'étais heureuse ! Il aura fait son deuil du boursier et se sera accoutumé au peintre.

EDGARD, (lontaul.

Au fait, la vue des chefs-d'œuvre... (Même jc« qne plus haut.) Ah! sacrédié! mes enfants, vous êtes intolérables!

OCTAVE

Et d'ailleurs, monsieur Péponet a-t-il quelque chose à me reprocher, si Emmehne est heureuse?... et tu es heureuse, n'est-ce pas?

EDGARD

Oui, oui, elle est heureuse.

OCTAVE

J'ai joué au plus fin et j'ai gagné. Tant mieux pour moi. La façon dont monsieur Péponet m'avait retiré une piemièie fois la main d'Emmeline autorisait la conduite que j'ai tenue pour réussir, et ma foi...

* Emmeline, Octave, Eclgard.

144 LES FAI \ HONSHOMMES

KDGARD.

Ta toi! ta foi! ça n'empùcliu pas que tu étais peu rassuré et que tu as pris tes mesures pour.,.

OCTAVE

Eli l)ien, oui, s'il ne m'a pas pardonné par amour pour sa fille, j'espère qu'il me pardonnera par orgueil pour lui-même; et si le tableau que m'a commandé le ministre et que je viens de terminer est agréé, comme je l'espère, peut-êlre qu'un peu de gloire rejaillissant sur mon nom sera un excellent bouclier contre la colère de mon beau-père...

EDGARD

Et la rancune de ton oncle !

OCTAVE, avec doute

Oh! celui-là...

EDGARD

C'est juste!... l'homme de bronze! (imiiant vciiiiiac.) Un Vertillac ne change jamais, (il rit.) A propos, tu ne l'as pas l'evu depui^ votre séparation ?

OCTAVE

Non, pas du tout.

EDGARD

Du reste, ça n'est pas étonnant, il ne sort pas de la Bourse... Il couche dans la corbeille... Enfin, tout s'arrangera peut-être.

(ta bonne apporte le café. — Octave le lui prend et la renvoie. — Elle sort.) OCTAVE.

Mon Dieu, oui.

EMMELINEj.se levant.*

Votre mariage lui-même... je verrai Eugénie, je lui parlerai, je la confesserai.

EDGARD

Dame ! si vous voulez vous en mêlei'.

EMMELINE

Je vous le promets.

EDGARD

Vrai?... Eh bien ! tenez, je peux vous le dire...

EMMELINE

Oh! c'est inutile.

EDGAUD.

C'est égal, je vais vous le dire tout de même... (En conii.icMce.) Ça me rendra bien heureux, car je l'aime conmie un fou.

* Emmeline, Edgard, Octave.

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