‹ Les faux bonshommesChapitre 96 sur 114 · ACTE IV 14j · texte numérisé non relu

ACTE IV 14j

OCTAVE

Ah!

EDf.AnD.

J'en rougis, mais c'est comme ça.

OCTAVE

Parbleu !

EDGARD

Tout mon espoir est en vous, et comme me l'écrivail un jour un poëte de beaucoup de talent et de beaucoup de misère: « L'espérance est le mont-de-piëté du malheur, » et je vous engage ici ma dernière loque.

EMMELINE, descendant.

Comptez sur moi.

EDGARD

Merci !

OCTAVE

Madame est servie.

(ils se prennent par le bras.) EDGARD.

Et maintenant, regardons l'avcnii' par le bon bout de la lorgnette; tiens, je regarde et je vois que ton tableau est agrée.

EMMELINE

Et moi, je vois poindre d'ici un petit ruban. (loïKiiam la bou-

lonnicrc d'Octave.) Tu SaiS...

OCTAVE

Enfant ! y songes-tu ?

EMMELIXE. • '

Mieux que cela, j'en rêve.

OCTAVE

Quelle folie I

EDGARD

Uiie foUe? pourquoi donc?

D'abord, je ne l'ai pas demandée...

EMMELINE

Qu'est-ce que ça fait donc?

OCTAVE

Ça fait tout.

EDGARD

Pas toujours, et d'abord ton mérite parlera pour toi.

OCTAVE

Oh! il ne parle pas assez haut.

l'(6 LES FAUX BONSHOMMES

EDGARD

Allons! allons! pas de fausse modestie. Je dis qùe^'ttn^ fait au clicf-d'œuvre.

EMMELINE

.Moi aussi.

OCTAVE^ riant.

Allons, je veux bien.

(il embrasse Emmcline.) EDGARD.

Ah ! sacrebleu! mes enfants, c'est trop fort! Ainsi, c'est entendu : tu es riche, décoi'é.

OCTAVE, riant. *

Ou à peu près.

Et moi je mets le monde à l'envers avec ma galerie des faux bonsliommes. Ah ! à propos, et monsieur Dufourc, vous savez que sa femme était bien malade.

OCTAVE

C'est le départ de son fils pour le nouveau monde... ^

EDGARD

Oui a failli l'envoyer dans l'autre ? précisément.

EMMELUNE.

Eh bien?

EDGARD

Eh bien ! j'ai rencontré son médecin il y a une heure : il répond de sa guérison complète.

EMMELINE

Ah! monsieur Dufouré doit être bien heureux.

' EDGARD

11 ignore cette particularité. Le cher homme était sorti depuis ce matin.

" EMMELINE

Oh ! s'il venait, quelle bonne nouvelle à lui donner !

EDGARD

Ma chère Emmeline, je vous engage à ne la lui apprendre qu'avec les plus grands ménagements.

EMMELINE

Je comprends... la joie.*.

F.DfARD.

La joie?... Non, au contraire.

* Edgard, Emmeline, Octave.

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