‹ Les faux brillantsChapitre 41 sur 48 · CECILE, OCTAVE · texte numérisé non relu

CECILE, OCTAVE

CECILE

Ah! c'est mon dernier recours.

Plus d'hésitation, car la mesure esl pleine : il a promis la main de ma sieur et la mienne A ces aventuriers ;... je ne subirai pas Un tel outrage... Non ! non ! plutôt le trép

OCTAVE

Espérons, mon enfant ! Dieu nous sera propice. L'honneur et le bon droit dominent l'injustice. Tes nobles sentiments, par le malheur grandis, Auront bientôt raison de ces affreux bandits.

CECILE

Espérons, puisqu'enfin vous voulez que j'espère ; Et prions pour que Dieu désabuse mon père. Mais Oscar !

OCTAVE

Oscar?

CECILE

Oui, je l'ai bien maltraité.

OCTAVE

Mais il ne se plaint pas, lui, de l'avoir été.

cecile (avec émotion) Il ne m'en veut pas ?

OCTAVE

Non. Il s'accuse, au contraire ; Il dit s'être montré brutalement sévère. Il m'a même chargé d'implorer ton pardon, Et de jurer pour lui que jamais...

cecile (avec chaleur)

Qu'il est bon !

Qu'il est grand, mon Oscar ! Ah! dites-lui...

octave

Sans doute, Sans doute... c'est connu.. . mais ce que je redoute, Ce n'est pas, mon enfant, ton courroux ni le sien. L'orage entre amoureux ne brisa jamais rien. 11 ne fait qu'enlever au froment son ivraie, Et séparer l'or pur de la fausse^monnaie ; C'est pourquoi votre amour, ma chère, a résisté A votre querelle.

cecile (joyeuse) Ah!

OCTAVE

Son cœur est attristé,

Mais...

cecile (vivement) II m'aime toujours!...

OCTAVE

Hé, mon Dieu, il t'adore !

cecile (avec volubilité) Cher oncle, dites-lui que je... je l'aime euco

Que je regrette... enfin... que j'ai beaucoup pleuré

Qu'il est généreux !...

OCTAVE

Oui ! oui !

CECILE

Qu'il est adoré !

Que toujours.. .

OCTAVE

Oui, fort bien, je connais la formule Et j'aurai, j'en suis sûr, un auditeur crédule, Saisissant tous les mots et leurs sous-entendus Avant que de ma bouche ils se soient répandus.

CECILE

Que vous êtes gentil !

OCTAVE

Bon... mais cherchons, Cécile, Comment désabuser ton père.

CECILE

Oh! c'est facile.

OCTAVE

Hum! facile...

CECILE

Oui. D'abord, ce prétendu baron N'est qu'un imposteur.

OCTAVE

Soit.

Qu'un vulgaire larron

OCTAVE

Mais la preuve ?

CECILE

Hé ! j'en ai l'assurance formelle D'un témoin de ses vols.

OCTAVE

De qui?

CECILE

De Jean Brunelle.

OCTAVE

Hein? Brunelle! Ce nom ne m'est pas inconnu.

CECILE

C'est un nouveau cousin qui nous est survenu,

Et qui, depuis huit jours, suit notre homme à la piste

octave (réfléchissant) Un cousin !

CECILE

Oui...

OCTAVE

Grand Dieu !

Quoi donc?

OCTAVE

Rien !

cecile (effrayée)

Ah ! j'insiste !

OCTAVE

Jean Brunelle ! mais c'est. . . c'est l'enfant de ma sœur.

CECILE

Oui, sans doute; un brave homme au surplus. . .

OCTAVE

Ah ! malheur!

Quel effrayant soupçon s'empare de mon âme !

CECILE

Un soupçon ?

octave (sans Ventendre) Plus de doute :

CECILE

Expliquez-vo

octave

L'infâme :

CECILE

Parlez

Le brigand !

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