‹ Les faux brillants [microforme] (volume 2)Chapitre 13 sur 13 · ACTE 4me.—ScÈèNE 7me · texte numérisé non relu

ACTE 4me.—ScÈèNE 7me

Cecile a fuit connaître a Oscur lu détermination prise par son père de lui faire épouser le prétendu comte, ami de Faquino.

OscaR.—Il ose vous contraindre, Malgré la foi jurée, à briser notre amour!

CECILE.—Que faire !.

Oscar.—Laissez-moi vous parler sans détour.

CECILE.—Oui, rendez-moi l'espoir !

OscaR.—C'est un moyen suprême ; Mais rien n'est impossible à l’homme quand il aime. CECILE.—Parlez… OsCaR.—Si vous m'aimez comme je vous adore.

Fuyons!….

CECILE.—Fuir!... Vous voulez que je me déshonore !.. Oscar.—Cecile, pouvez-vous soupçonner mes motifs ? CECILE.—On regrette toujours les élans trop hâtifs.

Cette route inconnue où, sans vous défier, Vous voulez m'entrainer, Oscar,… Oscar.—C'est le sentier Qui conduit au bonheur.

CECILE.—Qui conduit à l’abime !

On ne peut arriver au bonheur par un crime.

OSCAR.—Vous refusez ?… CECILE.—Grand Dieu, soutenez-moi !.… Oscar.—De grâce !

Abrégez mon tourment, car chaque instant qui passe Est une éternité de tortures pour moi !.… Répondez...

CEcILE.—Le devoir est ma suprême loi.

OSCAR.—Quoi, votre honneur, ainsi, d'un serment se dispense ! CECILE.—L'enfant doit à son père entière obéissance. OSCAR.—Et vous nommez cela, Cecile 2...

élendu

QUELQUES SCÈNES D'UNE COMÉDIE INÉDITE

CEoILE.—Mon devoir.

OsCAR.—Mais lorsqu'un père aveugle abuse du pouvoir

Qu'il a reçu du ciel et que, par pur caprice,

D'un vil conspirateur, il se fait le complice !.. Crcire.—$ilence !.. Devant moi, n’osez pas discuter

L'honneur de mon père!

OscaR.—Ah ! CECILE.—Vous voulez imputer,

À ses actes, des torts que l'équité condamne ! ..

Et vous croyez que, moi, je permette qu'il plane

Sur ses intentions, un doute injurieux !.…

Ab, je vous aime, Oscar !.. Mais j'aime encore mieux

L'intégrité du nom qu'avec orgueil je porte !.…

Quelque obstacle, à nos vœux, que sa rigueur apporte,

Le respect sur l'amour, chez moi, doit prévaloir. OscaR.—Mais ses motifs, enfin, vous devez le savoir. Crcire.—Des motifs paternels, l'enfant n'est pas le juge. OscaR.—C'est fort beau. Le devoir vous fournit un refuge

Contre un amour qui nuit à vos projets pompeux. CECILE.—Oscar, Vous m'outragez !

OsCAR.—Mais je prends vos aveux,

Vous n'avez que dédain pour les amours vulgaires

Qui hantent sans éclat les sentiers ordinaires.

Suivez donc désormais, les sublimes élans

Qui portent votre cœur vers ces nobles galants

Qu'un hazard généreux a jetés sur nos rives

Pour captiver l'esprit des beautés. sensitives ! CECILE.—Ce gros sarcasme, Oscar, est une cruauté Qui répugne au bon sens, comme à la loyauté !…

Mon cœur, vous le savez, n'a pas ces goûts volages Pour les titres d'emprunt et les faux étalages Dont, si brutalement, vous osez m'accuser ; Et c'est de ma tendresse indûment abuser Que de venir, ainsi, pour des raisons frivoles, Travestir mes motifs en tronquant mes paro!.

Ma foi vous est acquise et, quelque soien' »»: ‘ts, Je vous aime toujours.

OscaR.—Eh, que veut dire, alors,

Cette attitude altière et cette résistance, Quand je veux, par l'hymen, unir notre existence !.… Vous avez droit.

CECILE.—J’ai droit de consulter mes goûts Et d'écouter mon cœur, dans le choix d'un époux ; J'ai droit de résister à l’ordre tyrannique De former, sans amour, une alliance inique,

F. G, MARCITAND : QUEIQUES SCÈNES D'UNE COMÉDIE,

Répugnant à mes vœux mme à ma dignité ; Le contrôle d'un père ess Dieu limité; Son pouvoir se termine où utrage commence... Mais jamais, avec droit, l'onfant ne se dispense De son autorité pour complêter les nœuds Eternels et sacrés de l'hymen.

Oscar.—Dites mieux, Tous ces beaux sentiments, dont vous donnez le texte, Arrivent à propos pour fournir un prétexte À votre trahison...

CECILE.—Assez! monsieur, assez !… Laissez-moi seule, ici, pleurer.

OscaR.—Vous me chassez ?… Très-bien, je pars.

CECILE.—Partez, puisque mon infortune Loin de vous attendrir, hélas ! vous importune ! OscaR.—C'est la victime, alors, qui devient le bourreau. CECILE.—La victime, c'est moi ;.… l'autre... Eh bien... Oscar.—C'en est trop !

Vous m'insultez !

CECILE.—C'est vous qui me lancez l'outrage !

OscaR.— Votre cœur se dément !

CECILE.—-Le votre d'avantage !

OscaR.—Ma présence vous nuit.

CECILE (avec dépit).—En effet, Oscar.—Je le sais.

Et vous ne m'aimez plus ?

CECILE (de méme). —Je crois que je vous hais. OsCAR.—Et, si le comte, ici, finissait par paraitre. Vous lui feriez l'accueil d'un prétendant.

CECILE ({owjours avec dépit) —Peut-être.

OscaR.—Et vous l'épouseriez….

CECILE.—Qui sait ?

OSCAR.—Précisément.

L'ardeur du faux amour s'éteint fort aisément. CECILE.—Vous en donnez la preuve.

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