‹ Les faux brillants [microforme] (volume 2)Chapitre 2 sur 13 · ACTE 2e—SCÈNE 8e · texte numérisé non relu

ACTE 2e—SCÈNE 8e

CEciLE.—Vous désirez me voir, Mon père ?

DuMonT.—Oui, pour fixer mes droits et ton devoir.

Ma volonté, d'abord, est ici souveraine ; L'unique autorité, sous mon toit, c’est la mienne ; Tout le monde, entends-tu, devra s’y conformer, Sinon.

CECILE.—Mais, cher papa, voulez-vous m'informer À quel propos.

DumonrT.—S$ilence !.. et laisse-moi tout dire... Les lois de la famille ont perdu leur empire ; Le monde est renversé !.. Notre siècle pervers, Du bon sens, tous les jours, présente le revers ; Au sortir du berceau, l'enfant devient son maitre ; Le devoir filial paraît sans raison d'être ; L'autorité n'est plus qu'un vain mot dont on rit; C’est en la méprisant qu’on montre son esprit, Et l’on voit, grâce aux torts qui partout se répandent, Les parents obéir aux enfants qui commandent !.. Je ne veux plus, chez moi, tolérer ces abus Et, du père, abdiquer les nobles attributs.

F, G. MARCHAND

Non! Chacun doit, ici, se conduire à ma guise ; Je veux être obéi….

CECILE.—Ne suis-je pas soumise ?

DuMonT.—Toi soumise !

CECILE.--Oui, soumise à votre volonté...

DUMONT.—A la mienne ?.. Allons donc! Ton esprit indompté

N'a pour guide constant que son propre caprice ; Il subit sans contrainte et même avec délice L'influence du siècle et sa perversion ;

Ta conduite le prouve à chaque occasion.

CECILE.—Ah, mon père, pour moi, comme pour notre époque,

Vous êtes rigoureux! Parlons saus équivoque.

L'homme, depuis Adam, montre des goûts pervers, Oui, le mal a toujours régné dans l'univers ; Mais, au-dessus du mal, les bons sentiments règnent, Et la vertu ne fuit que ceux qui la dédaignent, La nature obéit, sans cesse, aux mêmes lois ; Le monde est aujourd'hui ce qu'il fut autrefois, Mélange incohérent de vertus héroïques Et de vices hideux.….

DumonT.—Comment! Tu me répliques Par l'éloge insensé du siècle où nous vivons! Mais sais-tu, pauvre enfant, à quoi nous arrivons Avec ce beau gâchis de notions modernes, Dont on fait le sujet d'un tas de balivernes Où l'absurdité parle et la raison se tait !.…

CEcirE.—Mais enfin dites-moi, de grâce, qu'ai-je fait,

Mon père ?.… Expliquez-vous, car je tiens à comprendre En quoi j'ai pu manquer...

DUMONT.—Oui, je vais te l’apprendre.

Le rang et la richesse, à tes yeux, sont sans prix; Plus le mérite est grand, plus il a ton mépris. Il faut être bien né pour encourir ta haine, Et ton esprit, cédant au penchant qui l’entraine, Par un caprice étrange inhérent à l'erreur, Cherche dans les bas-fonds pour trouver la grandeur. Ah !.. Si, pour entrevoir un horizon plus ample, Tu suivais, de ta sœur, le beau... le noble exemple, J'atteindrais, grâce à toi, le comble de mes vœux !.… Au lieu d’un gendre illustre.

CEcize—Eh bien ?

DUuMOoNT.—J'’en aurais deux !.… CECILE.—Comment, deux ?…

DuMonT.—Le baron épouserait Elise, Et ta main...

BR PES WP PTE 20 2 4Ve ri

Dumoxr

CECIIE.

N'es

Qui, CECILE.

DuMonT.

Page 1