‹ Les faux brillants [microforme] (volume 2)Chapitre 6 sur 13 · ACTE 2%e.—SCÈNE Je · texte numérisé non relu

ACTE 2%e.—SCÈNE Je

Faquino, pour mieux tromper Dumont, affecte de vouloir conserver le secret de son origine. Dumont redouble d'efforts pour le persuader qu'il faut abandonner cette détermination :

DumonT.—Muis pourquoi le silence ou votre esprit s’obstine.

Dans quel but, plus longtemps, cacher votre origine ?

QUELQUES SCÈNES D'UNE COMÉDIE INÉDITE

FAQUINO.—Pourquoi ?.. Pour éviter l'ennui d'être exposé 4 Au mépris d'un public, toujours mal disposé Envers ceux qui, d'un titre, à ses yeux font parade, | DuMoNT.—Votre mine suffit à prouver votre grade, Moi, je l'ai déviné sans en être averti.

l'AQUINO.—La sagesse est un don que Dieu n'a départi \ Qu'aux hommes dont le cœur est à la bonne place, Tout le monde n'est pas, comme vous, perspicace, Or, comment, dites moi, croirait-on l'étranger | Qui, sans aucun garant, oserait se ranger Parmi les grands seigneurs de la vieille Italie ? " On le dirait épris d'une étrange folie à On... quelque vil dessein lui serait imputé, Et son honneur, ainsi, lâchement discuté, Subirait, sans défense, une atteinte fatale.

DuMoxT.—En effet, des jaloux, la méchante cabale k Peut ternir un grand nom par de honteux débats. 1 Et... par zèle... peut-être, ai-je fait un faux pas ;.… Mais le mal est commis, pouvons-nous le défaire ! FAQUINO.—Oh, Dumont !

Dumonr.—Ce n’est plus le moment de se taire, Tout scrupule, à présent, doit être abandonné Pour...

aire,

FAQUINO.—Vous n'y songez pas. Voir mon nom soupçonné, Discuté.…,

# Dumoxr.—Le celer ne vous est plus loisible : I faut donc bravement le porter.

FAQUINO, (avec tristesse). —Im possible.

DUMONT. —Impossible ! (signe affirmatif de Faquino) Pourquoi ? FAQUINO.—C'est un triste secret 4 Qu'il me faut vous cacher, malgré tout l'intérêt Dont vous m'honorez.

f DumonT.—Ah !... mon cher baron, de grâce, 4 N'allez pas, d'un refus, m'infliger la disgrace ! 4 FAQUINO.—Dumont, n'insistez pas !.… + DUMONT. —

Ni... Je veux tout savoir.

Au nom de l'amitié, laissez-vous émouvoir !

(Signe négatif de Faquino d'un air de désespoir.) Ai-je done mérité de perdre votre estime ?

FAQUINO.—Mon Dieu, non! Mais pourquoi, d'une misère intime, Par un vain égoisme, aflliger mes amis ?

Dumoxr.—C'est pour cela que Dieu, près de vous, les a mis. FAQUINO, (lui tendant la main).—Nous l'emportez !.. Je cède à la douce influence Qu’exerce sur mon cœur votre persévérance Soc, I, 1882, 4,

> son léter-

F, G, MARCHAND

À scruter, de mes maux, l'affreuse profondeur... Sachez done, puisqu'il faut parler avec candeur, Que, le sort s'acharnant partout à ma ruine, M'impose le secret sur ma haute origine ;… (Tristement) Le rang, sans la fortune, est un luisant fardeau Qu'on retrouve parfois sous le sombre manteau D'une noble misère !... (il reste pensif.) DumonT.—Abh, je comprends le reste !

Et je déplore, en moi, l'aveuglement funeste Qui m'a fait ignorer votre triste abandon.

Il fallait, sans retard, m'informer...

FAQUINO.—A quoi bon

Proclamer ses malheurs quand ils sont sans remède !.. J'attends patiemment que la fortune cède, Et me rende les biens qu'un inflexible sort M'a fait perdre.

DuMoxT.—Allons donc! mais si je me fais fort De remplacer pour vous cette ingrate fortune, En comblant, par un prêt, la fatale lacune, Qui, dans votre budget, se laisse apercevoir, Que direz-vous ?

FAQUuINO.—Quel cœur! On ne peut concevoir D'amitié, cher Dumont, plus noble que la vôtre ! Vous êtes, du bonheur, le bienfaisant apôtre !

Et j'éprouve, vraiment, un sensible regret.

À vous refuser.

DuMonT, (désappointé) —Ah !.… FAQUINO, (avec fierté Mon nom en souffrirait.

Dumoxr.—Mais vos malheurs, pour moi, ne sont plus un mystère. FAQUINO.— Votre offre m'humilie autant que ma misère !.. Du reste, je craindrais.…

DumonT.—Mais que craindriez-vous ?

Nous ferions, de ce prêt, un secret entre nous, Et, jamais, hors d'ici,.… FAQUINO.—Non, non, merci, vous dis-je.

Je dois subir mon sort, c’est l'honneur qui l'exige ! Je ne puis m'exposer… DumonT.—Vous exposer à quoi ?

FAQUINO.— Aux indiscrétions… Dumonr— Vous fiez-vous à moi ?

FAQUINO.—Plus qu'à moi-même, mais.

DumoxrT.— Vous n'avez plus d'excuse, Et, pour dernier recours, permettez que j'abuse Des nobles sentiments qui...

QUELQUES SCÈNES D'UNE COMÉDIE INF UITE

FaQuINO.—Non, n'en parlons plus, DuMonT.—Pour nous brouiller, baron, il suffit d'un refus! FAQUINO.— Vraiment, votre amitié se montre tyrannique !

J'en crains, mon brave ami, la vigueur sympathique,

Et, s'il est un motif qui puisse m'ébranler,

C'est le danger de voir nos rapports se troubler. DumontTr.—Alors, vous acceptez ?…

FaquiNo.—Mon Dieu ! C’est un supplice

De vous résister! Mais...

DUMONT, (d'un air suppliant).—Rendez-moi le service,

S'il vous plait, cher baron, de prendre mon argent ! FAQUINO.—Vous me poussez à bout,.…

DumonT.—Oui, je suis exigeant, Mais j'insiste, baron! (1{ lui tend la main.) FAQUINO.—Eh, mon Dieu! pour vous plaire, Il n'est rien, cher Dumont, que je ne puisse faire ! (Ils se serrent La main.)

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