OBSERVATION X XV
Précordialgie réflexe occasionnée par un lænia. \
MM... malade de la ville âgée de 48 ans.
N'a jamais eu de rhumatismes ; pas de siphylis, ne fume pas.
Depuis quelques mois se plaint de douleurs précordialgiques survenant sans cause apparente. Ces douleurs s’irradiant iégèrement vers le bras gauche provoquant une sensation d’angoisse et durant de 4à $ heures. Elles s'accompagnent de batiéments du cœur et de palpitations. :
Ces crises ont coïncidé avec l’emploi de viande crue, et depuis deux mois le malade ressent des douleurs abdominales intolérables, surtout à droite.
Depuis quelques semaines on s’est aperçu que le malade avait le ver solitaire.
A l'examen. — M. Huchard constate un peu de tachycardie émotive, un léger retentissement du deuxième bruit.
La présence de ces crises et leur coïncidence avec un tœnia fait porter à M. Huchard le diagnostic de cardiopathie réflexe
due au ver solitaire.
Le traitement fit expulser ce dernier et le malade revu depuis
n'a pas eu de nouvelles crises.
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OBSERVATION XX VI Palpilations d’origine périphérique.
Camille D..., 18 ans, profession, domestique. Entrée à l'hôpital Necker le 30 septembre 1898, dans le service de M. Huchard.
Anlécédents héréditaires. — Mère très rhumatisante.
Père d’une bonne constitution. k
Anlécédents collatéraux. — Deux frères et trois sœurs bien portants. |
Anlécédents personnels. -— Depuis le jeune âge elle a tous les ans une angine s’accompagnant de fièvre, d’un mauvais état géné-
ral, Cet angine est probablement une angine herpétique.
À 4 ans elle a eu la rougeole ; à 6 ans la coqueluche.
A 16 ans un torticolis rhumatismal qui a duré 3 mois, s’accom-
pagnant de douleurs dans les épaules et dans latête. Depuis ce temps, la malade éprouve continuellement des douleurs dans les
épaules.
Le 254 septembre dernier elle ressentit des douleurs dans les:
jambes, dans les bras, puis ces douleurs se généralisèrent aux membres.
Le 30 septembre, la malade ne pouvant presque plus marcher,
se décida à entrer à Necker.
Les douleurs deviennent bientôt atroces, la malade ne peut
plus faire le moindre mouvement dans son lit, A la même époque, on remarque une éruption érythémateuse, La peau est rouge et soulevée par plaques.
Ce sont des saillies rougeâtres, très douloureuses ; la douleur est exagérée par la pression, le moindre attouchement est insup=
portable à la malade,
Le
On porte le diagnostic d’érythème noueux.
D’abord localisé aux jambes, l’érythème se montre ensuite aux
bras.
L'état général reste satisfaisant. La maladie suit une marche subaiguë puis au bout de quinze jours, l'éruption change de couleur, devient violacée, puis pâlit et s’efface peu à peu.
A ce moment la malade se plaint d’une sensation de froid aux pieds, aux mains ; les extrémités sont glacées. En même temps elle accuse des palpitations violentes avec douleur précordiale.
M. Huchard porte le diagnostic de palpitations d’origine périphérique : il se produit un spasme dans les vaisseaux périphériques, consécutivement une gêne dans le fonctionnement du cœur, des palpitations. Il n'y a d’ailleurs aucune lésion du cœur. Le tracé du pouls montre une systole vibrante avec dicrotisme marqué.
Le traitement prescrit par M. Huchard se compose de frictions à l’alcool camphré, de massage et de tétanitrol à l’intérieur.
Les palpitations ont diminué d’abord puis disparu.