‹ Les faux-monnayeurs, romanChapitre 44 sur 95 · DS “ER · texte numérisé non relu

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de ses mauvaises habitudes. J’avais l’espoir qu'avec ce talisman allaient disparaître les tics et les manies dont 1l souffre. Mais il s’y raccrochait, et la malidie

s’y raccrochait comme à un dernier refuge.

« — Vous dites pourtant qu'il s'était délivré de ses habitudes...

«— La maladie nerveuse n’a commencé qu’ensuite. Elle est née sans aucun doute de 2 contrainte que Boris a dû exercer sur lui-même pour se libérer, J'ai su par lui que sa mère l’avait surpris un jour en train de « faire de la magie » comme il dit. Pourquoi ne m'a-t-elle jamais parlé de cela ?... Par pudeur ?.….

« — Et sans doute parce qu’elle le savait corrigé.

« — C’est absurde. et cela est cause que j'ai tâtonné si longtemps. Je vous ai dit que je croyais Boris pe raeions pur. | ;

«— Vous m'avez même dit que c’é était cela qui vous gênait. | |

« — Vous voyez si j'avais raison !.…. La mère aurait dû m'avertir. Boris serait mi guéri, st j'avais pu aussitôt y voir clair. 3

« — Vous disiez que ces malaises n’ont commencé qu’ensuite.….

«— Je dis qu’ils sont nés par Present Sa mère l'a grondé, supplié, sermonné, j'imagine. La mort. du père est survenue. Boris s’est persuadé que ses pratiques secrètes, qu’on lui peignait comme si cou. pables, avaient reçu leur châtiment ; 31 s’est tenu pour responsable de la mort de son père ; 1l s’est cru criminel, damné. Il a pris peur ; et c’est alors.

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que, comme un animal traqué, son organisme débile a inventé cette quantité de petits subterfuges où se purge sa peine intime, et qui sont comme autant d’aveux. s

«— Si je vous comprends bien, vous estimez qu'il eût été moins préjudiciable pour Boris de continuer à se livrer tranquillement à la pratique de sa « magie » ?

« — Je crois qu'il n’était pas nécessaire, pour l’en guérir, de l’effrayer. Le changement de vie, qu’entraînait la mort de son père, eût sufli sans doute à l’en distraire, et le départ de Varsovie à le soustraire ‘à l’influence de son ami. On n'obtient rien de bon par l’épouvante. Quand j'ai su ce qui en était, lu reparlant de tout cela et revenant sur le passé, je lui ai fait honte d’avoir pu préférer la possession de biens imaginaires à celle des biens véritables, qui sont, lui ai-je dit, la récompense d’un effort. Loin de chercher à noircir son vice, je le lui ai représenté simplement, comme une des formes de la paresse ; et je crois en effet que c’en est une ; la plus subtile, la plus perfide.

«Je me souvins, à ces mots, de quelques lignes de La Rochefoucauld, que je voulus lui montrer, et, bien que j'eusse pu les lui citer de mémoire, j'allai chercher le petit livre des Maximes, sans lequel je ne voyage jamais. Je lui lus :

4 « De toutes les passions, celle qui est la plus in connue à nous-mêmes, c’est la paresse ; elle est la plus ardente et la plus maligne de toutes, quoique sa violence soit insensible et que les dommages qu’elle

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