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DO es LES FAUX-MONNAYEURS
cause soient très cachés. Le repos de la paresse est
in charme secret de l’âme qui suspend soudaine-
sent les plus ardentes poursuites et les plus opi-
- mâtres résolutions. Pour donner enfin la véritable
idée de cette passion, 1l faut dire que la paresse est
__ ‘vomme une béatitude de l’âme, qui la console de
‘toutes ses pertes et qui lui tient lieu de tous les biens. »
«— Prétendez-vous, me dit alors Sophroniska, que La Rochefoucauld, en écrivant ceci, ait voulu insinuer ce que nous disions ?
«— I se peut ; mais je ne le crois pas. Nos auteurs classiques sont riches de toutes les interprétations qu’ils permettent. Leur précision est d'autant plus admirable qu’elle ne se prétend pas exclusive.
« Je lui ai demandé de me montrer ce fameux talisman de Boris. Elle m’a dit qu’elle ne l’avait plus, qu’elle l'avait donné à quelqu'un qui s’intéressait à Boris et qui lui avait demandé de le lui laisser en souvenir. — « Un certain M. Strouvilhou, que j'ai À | rencontré ici quelque temps avant votre arrivée. » | « J'ai dit à Sophroniska que j'avais vu ce nom sur le registre de l’hôtel ; que j'avais connu dans le temps un Strouvilhou, et que j'aurais été curieux de savoir si c'était le même. A la description qu’elle m'a faite de lui, on ne pouvait pas s’y tromper ; mais elle n’a rien su me dire à son sujet qui satisfît ma curiosité. J'ai su seulement qu'il était très aimable, très empressé, qu'il lw paraissait fort. intelligent mais un peu paresseux lui-même, « si j'ose encore employer ce mot », a-t-elle ajouté en
riant. Je lui ai raconté à mon tour ce que je savais de Strouvilhou, et cela m’a amené à lui parler de la pension où nous nous étions rencontrés, des parents de Laura (qui de son côté lui avait fait ses confidences), du vieux La Pérouse enfin, des liens de parenté qui l’attachaient au petit Boris, et de la promesse que je lui avais faite en le quittant de lui amener cet enfant. Comme Sophroniska m'avait dit précédemment qu’elle ne croyait pas souhaitable que Boris continuât à vivre avec sa mère : « Que ne le mettez-vous én pension chez les Azaïs ? » ai-je demandé. En lui suggérant cela, je songeais surtout à l'immense joie du grand-père à savoir Boris tout près de lui, chez des amis, où 1l pourrait le voir à Son gré ; mais je ne puis croire que, de son côté, le petit n'y soit bien. Sophroniska m'a dit qu’elle fallait y réfléchir; au demeurant, extrêmement “intéressée par tout ce que je venais de lui apprendre,
> «Sophroniska va répétant que le petit Boris est guéri ; cette cure doit corroborer sa méthode ; mais je crains qu’elle n’anticipe un peu. Naturellement je ne veux pas la contredire ; et je reconnais que les tics, les gestes-repentirs, les réticences du langage, ont à peu près disparu ; mais 1l me semble que la “maladie s’est simplement réfugiée dans une région plus profonde de l’être, comme pour échapper au regard inquisiteur du médecin ; et que c'est à présent l'âme même qui est atteinte. De même qu’à l’ona- Re svAient mieads 1 mouvements nerveux,