LAURA
— vue comptez-vous faire ? demanda Bernard en rendant la lettre.
| — Qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ? tépoudit Édouard un peu agacé, non point tant par la question de Bernard, que parce qu'il se l'était déjà posée. — S'il vient, je l’accueillerai de mon mieux. Je le conseillerai de mon mieux s’il me Consulte ; et tâcherai de le persuader qu’il n’a rien de mieux à faire que de se tenir tranquille. Des gens comme ce pauvre Douviers ont toujours tort de chercher à se mettre en avant. Vous penseriez de même si vous le connaissiez, croyez-moi. Laura, elle, était née pour les premiers rôles. Chacur de nous assume un drame à sa taille, et reçoit son contingent de tragique. Qu’'y pouvons-nous ? Le drame de Laura, c’est d’avoir épousé un comparse. Il n’y a rien à faire à cela.
— Et le drame de Douviers, c’est d’avoir épousé quelqu'un qui restera supérieur à lui, quoi qu'il fasse, reprit Bernard.
— Quoi qu l fasse. reprit Édouard en écho, — et ‘quoi que puisse faire Laura. L'admirable, c’est que,