AVANT-PROPOS
Pendant l’année que nous venons de passer dans le service de notre excellent maître le D' Bazy, nous avons eu l’occasion d’examiner un très grand nombre de malades, à la polyclinique des voies urinaires, tant à l'hôpital Saint-Louis, qu'à l'hôpital Beaujon. Or nous avons été vivement impressionné par la quantité de malades de tout âge qui se présentaient, se croyant atteints d’une affection des voies urinaires alors qu’en réalité ils n’avaient que des troubles fonctionnels. Un certain nombre venaient pour se faire soigner de la blennorrhagie, parce qu'ils éprouvaient une « brûlure », une « cuisson » en urinant ou parce qu'ils avaient un « écoulement », alors que la brûlure des uns n'était due qu'à une acidité exagérée des urines et le pseudo-écoulement des autres à une sécrétion exagérée des glandes uréthrales. Nous avons vu un malade qui avait été soigné pendant six mois par des injections au permanganate de potasse pour cette hypersécrétion quasi-physiologique qui avait été prise pour une uréthrite blennorrhagique. D'autres, bien plus nombreux encore, venaient se disant atteints d’un rétrécissement du canal, soit qu'ils éprouvassent quelques difficultés à uriner, soit très souvent parce qu'un médecin consulté
en ville leur avait déclaré qu’ils avaient un rétrécissement. Quel-
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ques-uns même, encore trop nombreux, avaient déjà été traités pour ces pseudo-rétrécissements, en particulier par l'électrolyse.
Très nombreux aussi les malades qui se croyaient d'eux-mêmes atteints de cystite ou qu'on envoyait avec ce diagnostic et qui n’avaientqu'une hyperphosphaturie desurines produisant le trouble des urines ; ou encore n'étaient autres que des névropathes, et des hypochondriaques atteints de pollakiurie psychopathique.
Nous avons vu également un certain nombre de sujets atteints d'incontinence d'urine névropathique,que nous avons pu améliorer, quelques-uns même guérir par l’application des rayons X sur l'influence desquels nous nous expliquerons.
C’est la grande proportion de ces « faux urinaires » qui nous a frappé et nous a donné l’idée de faire une étude d'ensemble de toutes les modalités sous lesquelles se présentent ces pseudo-affections des voies urinaires.
Nous pouvons faire sinon œuvre nouvelle, du moins œuvre utile, en vulgarisant ces errèurs journalières de la clinique urinaire et éviter ainsi bien des tourments aux malades, souvent des traitements inutiles, quelquefois nuisibles.
Avant d'entrer en matière, et arrivé au terme de nos études, nous sommes heureux de pouvoir témoigner notre reconnaissance aux maîtres qui ont contribué à notre instruction médicale et qui nous ont rendu ces dix années passées dans les hôpitaux, à la fois si utiles et si agréables.
Qu'il nous soit permis de rendre hommage à la mémoire du regretté D' Hanot qui nous inculqua les principes de l’auscultation.
C’est dans le service du D' Monod, à Saint-Antoine, que nous apprîmes les premiers éléments de la chirurgie. Nous lui sommes reconnaissant des marques de sympathie qu’il nous témoigna en de pénibles circonstances. |
Le D" Letulle voulut bien nous accueillir comme externe. Nous
conservons un bon souvenir de ce maître affable et le remercions de son enseignement.
*, Red
L'année suivante, passée dans le service de M. le Professeur
Dieulafoy, nous a laissé une profonde impression. On sait combien
“auprès de ce maître incomparable on prend le goût de la médecine et combien ses leçons cliniques sont universellement appréciées.
A la Clinique des maladies cutanées et syphilitiques de l'hôpital Saint-Louis nous pûmes bénéficier des leçons si claires et si précises du Professeur Fournier.
Nommé interne provisoire à l'hôpital Lariboisière, nous pûmes grâce à la bienveillance de notre maître, le D' Gouguenheim, nous initier aux maladies de la gorge, du larynx et du nez, et sous la direction du D' Gellé, aux maladies de l'oreille ; nous leur en conservons une vive gratitude.
À la Salpêtrière, pendant les quinze mois que dura notre deuxième année d'internat provisoire, nous eûmes d’abord commemaître, M. le Professeur Raymond, des brillantes leçons duquelnous avons tiré le meilleur profit; puis le D' Dejerine. Ce maître, si aimé de
- ses élèves, restera pour nous un objet d’admiration et nous ne saurions trop lui exprimer notre reconnaissance. C’est à son école que nous avons appris les maladies du système nerveux.
Que M. le D' Delens reçoive nos remerciements pour l'accueil qu’il nous fit dans son service ophtalmologique de Lariboisière.
M. le D' Maygrier voulut bien nous ouvrir son service de la Maternité de Lariboisière. Il nous a permis de faire, sous sa direction, quelques interventions obstétricales, nous lui en conservons un grand gré.
Que M. le D' Reynier veuille bien accepter nos plus sincères remerciements et l'assurance de notre profonde gratitude pour l'initiative qu'il nous a laissée, ce qui nous a permis de bénéficier amplement des ressources de son grand service de Lariboisière.
C’est auprès de notre maître, M. le D' Brocq, que nous avons appris, dans ces causeries séduisantes de 1 Annexe Pascal, la vraie dermatologie, celle qui repose sur la clinique et l'examen du malade. Nous garderons un précieux souvenir de ses savantes leçons.
Le D' d’IHeilly a bien voulu nous accepter quelques semaines