‹ Les favorites: comédie en quatre actesChapitre 45 sur 53 · Scène première · texte numérisé non relu

Scène première

LA COMTESSE, VALERIE

ï là, 1

La Comtesse. — ■ Ce que vous me nicontf chère, me stupéfie!... Il faut vraiment que vous me l'affirmiez !

Valéeie. — Oui... il y o quinze jours aujourd'hui que M. Bourdolle et sa femme ne se sont pas adressé la pai-ole... Il y a quinze jours que Buurdolle n'esl pas reutré chez lui... I^e bruit de \a. séparation ne s'est pas encore répandu. On a prétexté des voyages... le journal... Aline a passé quelques jours dans le Berry, chez sa mère... Ahne, c'est M"* Bourdolle.

La Comtesse. — Oui, je sais.

Valérie. — Je suis tout à fait au courant de la sitnatioti par Hélène Brancliin... Quelle charmante femme ! Vous ne la connaissez pasî

La Comtesse. — Je l'ai aperijue deux ou trois fois... Oui, elle est charmante.

ValÉbie. — Et quand on pense que Branehin la trompe avec une Marguerite Howard ! Bref, pour en revenir à Bourdolle, ou dissimule tant qu'on peut... Combien de temps retardera-t-on le scandale! Je

l'ignore... Quant ÎV moi, mon devoir est tout tracé...

(Prenant la main tic la comlcsM.) El j'ajOUte notre devoir

à toutes les deux, ma chère amie... Oui... oui... nous nous devons, voua et moi, de faire l'impossible pour amener une réconciliation entre les Bourdolle... Car nous sommes plutôt de ce monde-lù. n'est-ce pasT

La Comtesse, Bonriam. — Vous surtout, ma chère.

Valérie. — Mais vous aussi... lous aussi... par voire tact... par votre distinction. Enfin! je crois que nous avons besoin l'une de l'autre. Vous, a}:ris.><ez sur Bourdolle.

La Comtesse. — C'est ma spécialité avec lui. Je fais ses ruptures.

Valérie. — Vous allez le voir cet après-midi, je suppose t

La Comtesse . — Oui,., on s'est donné rendez-vous ici... entre la conférence et le dîner... Au faitf je ne vous ai pas aperçue à cette conférence!

Valérie, — Non... j'ai tenu à ne pas m'y moU' Irer. Ça a bien marché?

La Comtesse. — Oh ! parfaitement... grand succès... un monde fou... beaucoup d'éclat... C'est quelqu'un tout de même, cette petite femme-là I

Valérie. — Je ne dis pas... M^is M°* Bourdolle, c'est autre chose, je vous assure... Elle a beaucoup d'estime pour vous, vous savez!

La Comtesse. — Vraiment? Tant mieux!

Valérie. — .Et. je n'y suis: peut-être pas étrangère... Allons, je vous quitte. Il faut que j'aille un instant chez Hélène Branchin, c'est son jour. J'y rencontrerai probablement Aline.

La Comtesse. — On ne vous reverra pas, tantôt?

Valérie, réfléchissant. — Si ! Je reviendrai prendre une tasse de thé avec mon mari.

La Comtesse. — Et. s'il y a du nouveau?

Valérie. — Je vous tiendrai au courant, soyez tranquille.

Elle lui serre la main et sort, pendant que le valet de pied introduit BourdoUe par une autre porte.

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