Scène VI
Uws mêmes, JEANNINE
Jeannine, fébrilement. — N'est-ce pas? Elle réussira, j'en suis certaine... (Poignées de main.) Et puis, nous sommes là, n'est-ce pas? D'abord, ce journal répond à un besoin... il est dans l'air... Tout le monde réclame un journal nouveau, vivant, rédigé par de jeunes écrivains... qui aient leur carrière à faire... Ah ! ce qu'il y a de talents inconnus, vous ne vous le fiirurez pas! Et qu'est-ce qu'on fait pour eux? Rien, rien et rien!
ALirguerite. — Et pour les artistes, pour les vraies artistes... pour celles qui ne se galvaudent pas, est-ce qu'on fait quelque chose?
Jeannine. — C'est une honte!
Valérie. — 11 faudra aussi donner un grand développement à la partie mondaine.
Jeannine. — Je crois bien, c'est capital !
La Comtesse. — Tenez, il y a encore un côté qui est très néglige* dans les journaux... C'est le côté sérieux, l'histoire, par exemple!
Jeannine. — Oui... oui. Vous avez raison... tout est à faire, tout!
La Comtesse. — Je vous recommande Lahure.
Jeannine. — Je crois bien! Il a beaucoup de talent.
Sonnerie de téléphone.
La Comtesse. — Attendez... (Elle va au téléphone et parle.) Boujour, Maugraine, oui... elle est arrivée... (A Jeannine.) Maugraine a oublié de vous faire une recommandation.
Jeannine, vivement — Ah! (EUe va à rappareil.
^ILLUSTRATION THÉÂTRALE
Qu'est-ce que c'est? Ah! oui... bien entendu... soyez tranquille... (Avec une voix tendre.) Oui, mon ami... oui...
Entre Godfish qui entend ces derniers mots. Jeannine repose l'appareil.