Scène V
Les mêmes, MARGUERITE
Marguerite. — Allons tout de suite au fait... Il V a im accroc du côté de Branchin.
Valérie. — Lequel?... Voyons?...
Marguerite. — D'abord, quand je lui ai pai*lé d'un journal, il n'a rien voulu savoir. Je lui ai dit que Villerbois était de l'affaire, ça, ça l'a un peu rassuré... Mais dès que j*ai prononcé le nom de God- :fîsh, il est devenu méfiant. II est donc juif, Godfish?
Valérie. — D'où sortez-vous?
Marguerite. — Je le croyais Anglais.
Valérie. — Il est juif anglais.
Marguerite. — Ça n'a aucun rapport... Enfin, il se méfie de Godfish. Jamais il n'aurait accepté un rendez-vous d'affaire avec lui... Tout ce que j'ai pu obtenir, c'est qu'il le rencontrât cet après-midi, chez vous... Il ne s'agira d'abord que d'une conversation de salon, nous verrons après.
La Comtesse. — Il est à Paris, Godfish?
Marguerite. — Il est arrivé de Londres hier soir, je le sais par Jeannine, et il ne manquera pas de venir vous voir.
La Comtesse. — C'est un excellent ami à moi.
Il me fait une visite à chacun de ses voyages.
Marguerite. — Nous aurons donc besoin, chère cotntesse, de toute votre autorité et de toute votre diplomatie.
Valérie. — Il faut compter aussi sur Jeannine, qui tient à ce journal autant que nous, sinon plus.#. parce que nous, c'est pour des motifs avouables...
Marguerite. — Tandis qu'elle...
Valérie. — Elle, c'est pour faire une situation au petit Maugraine dont elle est folle.
La Comtesse. — Qu'elle se méfie, Godfish est très jaloux.
• Marguerite. — Il est très jaloux, mais il habite Londres une partie de Tannée. Il veut avoir une maîtresse à Paris quand il y vient, ces choses-là se paient.
La Comtesse. — Au total, voulez-vous mon opinion? Cette affaire-là doit réu^r.
Sntre Jeannine.