francs de confiserie et denrées à base de sucre
Nous faisons complètement abstraction des 1.719.000 francs de café qui ont été traités en 1906 à la rôtisserie de café, sise à Rolding, cette opération peut être en effet considérée comme ne rentrant pas dans le processus des opérations industrielles.
S 6. — La Fédéralisation du Danemark.
Le Danemark est le pays du monde où le mouvement coopératif a réalisé le plus haut degré de fédéralisation : la performance que réalise la Fédération danoise l'emporte sensiblement sur celle de la coopération anglaise ou écossaise, tel est le fait capital qui ressort de notre étude.
a) Nombre des sociétés adhérentes. — Comme en Angleterre ou en Ecosse, la presque totalité des coopératives existant dans le pays a adhéré à la Fédération d'achat. 1.120 sociétés avaient adhéré à la fin de 1906 au Magasin de gros de Copenhague ; en dehors des cadres fédéraux, il ne restait donc qu’une centaine environ de sociétés coopératives, la plupart fort peu imporlantes.
b) Nombre des sociétaires. — L'immense majorité des coopérateurs danois s’est ralliée à la Fédération d'achat. En 1896, les sociétaires indirects de la Fédération ne représentaient que le quart de la population fédérative danoise — 30.690 sur 116.250 ; à l'heure actuelle, exactement en 1906, la Fédération n’embrasse pas moins de 86 0/0 de l'effectif total des coopérateurs danois. Les Fédérations anglaise et écossaise atteignaient la même année la proportion un peu supérieure de 94 et 97 0/0, l'avantage est à l'Angleterre et à l'Ecosse, mais la différence est très faible (2).
(4) Statistique danoise n° 4, p. 365.
(2) Statistique générale n° 2, p. 158.
c) Chiffre d'affaires des sociétés. — Si nous considérons maintenant le rapport entre les ventes totales des sociétés coopéralives et les ventes totales de la Fédération, au Danemark et en Angleterre, les rôles sont renversés; l'avantage appartient incontestablement au Danemark.
La fédéralisation du chiffre d'affaires des coopératives danoises est toujours allée en augmentant : le rapport qui l'exprime était de 27 0/0, 41 0/0 et 45 0/0 en 189,6, 1900 et
En 1906, il n’atteignait pas moins de 71 0/0. La Fédération avait vendu cette année là plus de 42 millions de marchandises, alors que les ventes coopératives totales ne s’élevaient qu’à 60 millions.
Si l'on tient compte du fait que les marchandises fournies par les Magasins de gros aux coopératives sont mises en vente par celles-ci à un prix majoré de 20 0/0 environ, on voit que les ventes de la Fédération représentent approximativement 85 0/0 des ventes totales des distributives. Cette performance est absolument unique : la Hongrie, l'Angleterre et l'Ecosse n’obtiennent que la proportion de 40, 55 et 61 0/0, les autres pays coopérateurs n'arrivent péniblement qu'à la proportion de 18 0/0 au maximum. Si l’on songe que la Fédération danoise ne fait pas le commerce d’un nombre assez grand de marchandises que vendent les sociétés coopératives, notamment des farines, on demeure stupéfait de l'excellence du résultat obtenu. Cette fédéralisation si intense ne s'explique que par le fait que les sociétés danoïises, en moyenne extrèmement restreintes, ne peuvent en aucune manière effectuer elles-mêmes des achats avantageux ; siluées les unes et les autres à la campagne, mal renseignées sur le cours du marché, il leur faut de toute nécessité s'adresser au Magasin de gros.
À celte raison physique s'ajoute une raison d'ordre moral. C’est un fait avéré que l’éducation coopérative et fédéralive du Danemark est poussée fort loin. La très grande
fédéralisation du chiffre d'affaires des sociétés danoises procède du fait d’une éducation coopérative très avancée, tout autant que d'intérêls en quelque sorte physiques ; le mérite des coopérateurs danois se retrouve tout entier.
En Angleterre et en Ecosse, la « fédéralisation des coopéteurs », est à peine plus grande qu’au Danemark : 94 et 97 0/0 au lieu de 86 0/0 ; en revanche, au Danemark, la « fédéralisation des ventes coopératives » est beaucoup plus intense : 85 0/0 au lieu de 55 0/0 et 61 0/0. Le Danemark doit donc étre proclamé le pays du monde qui a réalisé le plus haut degré de fédéralisation.
La puissance de la Fédération danoise. — Grâce à cet effort vers la concentration des opérations coopératives, la Fédération danoise compte parmi les plus puissantes du globe ; de par son chiffre d’affaires, et sa puissance financière, le Magasin de gros danois occupe, sans contéstalion possible, le 3° et le 4 rang.
L’Angleterre, l'Ecosse, l'Allemagne, le Danemark arrivent respectivement à un total de ventes fédératives de 562, 178, 57 1/2 et 41 millions de francs ; la Suisse qui occupe le 5° rang est séparée du Danemark par une différence de plus de 30 millions de francs ; les dernières Fédérations ont un total de ventes moins considérable encore (1).
Il existe, de par le monde, quatre Fédérations d'achat coopératives géantes, hors de pair avec toutes les autres ; la Fédération danoise, malgré l’exiguïté du pays qui lui a donné naissance, est la quatrième de ces Fédérations géantes.
$S'7. — La Coopératisation du Danemark.
L'importance considérable de la coopération danoise se marque à un dernier point de vue: le principe coopératif
(1) Statistiques générales n° 2 et 3, p.158, 160.
joue dans l'économie nationale du Danemark un rôle beaucoup plus considérable que dans les autres pays coopératifs, l'Angleterre et l’Ecosse exceptées.
Sans doute, la coopération s’est plutôt développée au Danemark en étendue qu'en profondeur ; la consommation annuelle des ouvriers anglais et écossais inscrits à une société distributive atteint 729 et 930 francs ; au contraire, la consommation annuelle des agriculteurs danois, membres d’une société distributive, ne dépasse pas 333 francs, c’est le taux courant de la consommation annuelle des coopérateurs du continent européen ; les sociélaires des coopératives belges françaises et allemandes alleignent le chiffre de consommation annuelle tout à fait comparable de 300 à 308 francs par an.
Les ouvriers anglais et écossais, inscrits auprès d’une sociélé coopérative sont presque tous des ouvriers « qualifiés », leur rémunération annuelle est sensiblement supérieure à celle des agriculteurs et ouvriers agricoles danois, membres d'une société distributive. Cepeudant la différence entre 729 ou 930 francs et 333 francs est si forte qu’il en faut conclure que les coopérateurs danois ne font pas les mêmes efforts que les coopérateurs anglais ou écossais, pour acheler à la société distributive tous les objets dont ils se servent dans leur consommalion journalière.
La coopération danoise ne s'est pas particulièrement développée en profondeur, mais elle s'affirme comme tout à fait remarquable, si nous considérons son exlension en surface.
Fraclion importante de la population, intéressée au principe coopératif. — Si l'on admet, ainsi qu'il est raisonnable, que chaque membre des sociétés coopératives représente en moyenne 4 personnes, on observe que les sociétés coopératives embrassent dans leur sein 27 0/0 de la population Lotale du Danemark ; près du liers de la population totale danoise est intéressée au mouvement coopératif.
Une proportion si satisfaisante ne se rencontre qu’en An-
gleterre et en Ecosse où la coopération intéresse 2%5 0/0 et 33 0/0 de la population totale ; le Danemark se trouve à ce point de vue l'emporter sur l'Angleterre proprement dite. L'Allemagne qui a donné naissance à la Fédération de Hambourg, l'une des 4 Fédérations géantes, ne supporte pas la comparaison avec le Danemark; en terre allemande, 8 0/0 seulement de la populalion totale du pays sont intéressés par le principe coopératif.
Importance de la consommation coopérative par habitant. — Envisage-t-on maintenant l'importance des achats coopérafs par tête d’habitant et par an ? on constate que la consommation annuelle par habilant équivaut à 25 francs au Danemark. Ce chiffre est (rès remarquable ; les Anglais et les Ecossais, grâce à une consommation moyenne par coopérateur inscrit très élevée — 729 et 920 francs, au lieu de 333 fr. au Danemark — arrivent à la moyenne de 36 et 77 francs d'achats coopératifs par habitant,mais les autres pays sont loin d’être de niveau avec l'Angleterre et l’'Ecosse. Aussi le Danemark, avec ses 25 francs, occupe-t-il le troisième rang ; la Suisse vient ensuite avec 20 francs de consommation coopéralive annuelle par habitant du pays ; les autres nations, la France, l'Allemagne et la Belgique n'arrivent qu'à un chiffre très inférieur : 5, 6 el 8 francs de consommation coopérative moyenne générale (1).
Ces chiffres fournissent une double preuve ; non seulement la Fédération danoise occupe une situation resplendissante el mérite en tous points l'admiration qu’elle a excitée dans le monde coopéralif, mais il convient de dire bien haut que le mouvement coopératif danois est lui-même extrêmement remarquable —, sans être cependant tout à fait comparable au mouvement similaire anglais et écossais, — En tout cas, le Danemark défie toute concurrence avec les pays du continent ;
(4) Statistique générale n° 3, p.160.
aussi est-il digne de l'éloge qu'on s'est plû à lui rendre,quand on a dit de lui qu'il était « la perle coopérative de l'Europe continentale ».
Une fois de plus se trouve établie cette vérité scientifique, qu'une riche floraison coopéralive suppose nécessairement une puissante Fédération d'achat : la fédéralisation et la coopératisation d’un pays sont deux termes qui s’impliquent réciproquement, les principes coopératif et fédératif nous apparaissent comme indissolublement liés l'un à l’autre.
$S 3. — Hongrie
BIBLIOGRAPHIE
Statuts de la Fédération d'achat, la « Hangya » ; voir leur traduction allemande dans le Jahrbuch des Verbandes schweizer Konsumvereine für 1905, p. 81.
Comte de Mailath. -— Les coopératives en Hongrie, Rev. d’Econ. pol., 1905, p. 310.
De Rocquigny. — Le mouvement coopératif en Hongrie, Mémoires et documents du Musée social, juillet 1905,
Les Congrès de l'Alliance Coopérative Internationale, notamment le Vade mecum du Congrès de Crémone, 1907 (7° Congrès de l'Alliance), p. 119 et 237 à 243,
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