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RUE SAINT-JACQUES

Rue Saint-Jacques, où j'ai vécu un rude hiver Que suivit par hasard un été tropical.

Et puis un autre hiver,

Dans une pauvre chambre encombrée de reps vert. Eté comme hiver plein de senteurs automnales, Je pouvais tout le jour songer à François Villon Pendant que mon voisin raclait son violon. Et j'y songeais vraiment,

Couché sur mon vieux lit qui devait ressembler

Au lit qu'il posséda, peut-être, rue Saint-Jacques

Et Todeur des tavernes et des chapelles à Pâques

Composait un parfum que seul venait troubler,

Selon la saison, l'iris ou le chrysanthème.

René de Montigny et Marion l'Idole I

Messi re Jehan Cotard I Le guet et les écoles !

Et la grosse Margot et la belle heaulmière !

Comme vous dansiez jadis dans ma lumière !

Si bien que je criais : « Fantômes, je vous aime ! »

Et quand, enfin, le soir tombait,

J'allumais ma bougie

Et le porte-manteau dessinait un gibet

Sur le mur tapissé d'oiseaux extravagants

Et dont je pouvais faire des corbeaux suffisants.

Je dois à tout cela de chastes élégies.

Plus tard on m'expulsa pour tapage nocturne.

Il fallut un matin abandonner la turne.

Je montai, le cœur gros, la vieille rue Saint-Jacques

Dont les cloches illustres carillonnaient Pâques,

Suivant, ainsi qu'un pauvre suit un corbillard,

La carriole triste où tristes brinqueballaient :

Des livres de poètes, une tête de mort.

Item une lanterne, Item un vieux balai,

Un carton à chapeau, des fleurs fraîches encore

Dans un coffret, avec un billet égrillard,

Item tout le passé, Item tous mes regrets.

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