L'INVITATION A L'EXTASE
Viens, je suis prêtre et dans mon temple je m'embête, — Tu verras dans sa châsse le cœur d'un poète — Les anges à plumeaux, balayeurs du Saint-Lieu, Ont fait choir sur le sol tous mes petits bondieux.
Tu sais ce qu'est un fou ? Les fous ont fait école. Je me meurs de grand'messe et je manque d'idok, La niche est vide, accours, ô déesse, l'église S'ouvre, écoute chanter un poète en chemise.
Ma chemise en zéphir c'est mon surplis, vois-tu. Et pour mieux être saint je gambade pieds nus, Je suis frère quêteur, quand je dirai la messe Sois tout: Dieu, enfant de chœur, dame patronesse.
Du rite révélé tu prendras l'habitude
Et ce sera charmant, je ferai des études
Que je vendrai très cher pour les besoins du culte,
Toi, Dieu, mettras des fleurs dans mes cheveux incultes.
Quand, bras dessus-dessous, le prêtre et la déesse, Nous rentrerons très tard — connais-tu ces paresses? Quel nom hurlerons-nous (tout dort le gaz éteint) Pour vexer le portier qui ronfle en sacristain ?
Et nous nous soûlerons d'absinthe et d'eau bénite, Tu fourniras l'encens et je fournirai l'orgue, Viens, le lit est très large et la chambre petite Et Tceil. entre les draps, on aperçoit la Morgue.
Ça n'est pas ça du tout ! Filons à la campagne,
On va se retremper dans la grande nature,
Nous jouerons aux sauvages enroulés dans des pagnes
Peints de symboles appropriés à l'aventure.