‹ Les FéeriesChapitre 16 sur 45 · FIANÇAILLES · texte numérisé non relu

FIANÇAILLES

Quatre grands lys poussaient tristes dans un jardin drôle

Où la grand ville dépose les reliefs quotidiens ;

Deux humains étaient là et ne songeaient à rien.

Elle dit : « Nous serions bien mieux au pied d'un saule ! »

Qiielqu'un sonna du cor. Quand la chanson du cor Et la chanson du saule bercent des cœurs novices L'àme se veut recluse et rentre dans « son corps », Son heureux maître, alors, est mûr pour tous les vices.

Des trains béants passaient, sifflant de la lumière, Elle reprit plus bas : h Quand nous nous marierons, Ils nous enmèneront, Pégase, Aigle, Chimère, Au pays où fleurissent l'olive et le citron. »

L'homme lui déroba quatre baisers au cou Et les lys secouant leur cœur jaune, approuvèrent ; « J'aime le son du cor, dit-elle, fais-moi des vers I » L'orgue de barbarie chanta, — « Est-ce pour nous? f^

Et les baisers fusèrent comme les étincelles D'un briquet de paysan et, quand le dernier S'éteignit, l'Amour leur souriait et ses ailes Se recouvraient d'un bel habit vert de douanier.

Mais l'homme, saisissant la longue chevelure,

L'éleva jusqu'à lui et s'en voila la face

Et les amants plongèrent, sans rien voir des azurs.

Au son du cor, de l'orgue et des trains — dans l'espace !

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