CETTE ROSE
Cette rose à ton corsage,
Cette fleur rouge à ton col entrouvert !
Ah ! que j'ai ri des nouveaux mondes découverts
Et du sot qui n'a rien trouvé dans ses voyages
Qu'un peu de terre entre deux océans
Béants.
Qu'il regarde la rose à ton col dégrafé.
Ah ! le plus beau pays c'est le pays des fées.
Ah ! la vie et la mort
De cette rose à ton corsage !
Et tu crois à la vie et tu crois à la mort,
Pourtant l'éternité rêve, sur ton visage
Et nous serons, vois-tu, époux de telle sorte
Que nul soir, ô comprends-moi bien, nul son de cor
Ne viendra désunir
Nos mains et nous pourrons Tun et l'autre mourir
Sans qu'à travers les nuits le mort cherche sa morte.
O rinfmi des sphères éclos à ton corsage !
Cette rose naquit
Comme les autres, je présume,
Malgré la mauvaise herbe et près des fruits utiles
Et le bon jardinier
Qui cultivait la rose et soignait les légumes
Etait cousin des fées.
Et j'ai très bien compris qu'il me faudra mourir
Quand la rose mourra au bord de ma pensée.