PAR DELA L'EAU ET LES FORETS
Cette voix, cette chanson, c'étaient la chanson et la voix du méchant nain Roulon.
Victor Hugo {Le Rhin,)
O lumière blanche, lumière bleue,
Lumière violette,
O clair matin dans mes yeux.
Les rameurs sont partis dès l'aube et ils chantaient Dans la lumière,
— Rayons bleus, rayons blancs, rayons violets — Ils avançaient puissants sur les eaux familières Et le Soleil barbouillait de feu leurs bras nus
Et moi je les aimais
Pour leur force et leur chant que j'avais reconnu,
Montant dans la lumière bleue, blanche, violette,
O dans mes yeux claire campagne en fête !
Pourtant, là-bas, Roulon sifflait,
Par delà l'eau et les forêts.
Dans la-forêt-des-pas-perdus.
Les compagnes soyeuses des vigoureux rameurs
Allumaient aux yeux mâles des énergies nouvelles ;
Et je les regardais passer et c'était pour mon cœur
Une joie infinie, très pure et très cruelle
Et j'entendais leur rire et j'écoutais leurs chants
Et je voyais les beaux visages se penchant
Sous les grands parasols
Vivant dans la lumière comme des tournesols ;
Et j'entendais les bruits de l'hôtellerie voisine,
De joyeux diables blancs criaient dans la cuisine
Et le rire des femmes sonnait avec les verres
Et les rames glissaient au long de la rivière.
C'était une eau de France,
Fleurie comme ses routes.
On y voyait sauter de petites ablettes
Dans la lumière blanche, bleue et violette
Et l'eau chantait aussi pour elles une romance.
Et tout ce qui en moi de noble encor s'inquiète
Me commandait : Ecoute !
Mais dans le clair matin
Je n'ai plus entendu,