‹ Les féeries intérieures, 1885-1906Chapitre 30 sur 53 · MIDAS · texte numérisé non relu

MIDAS

A Ephral'm Mickaël.

Le Poète dissimule en sa tour taciturne une douleur qui lui valut ces mains philosophâtes.

Volontiers il blasphémerait tant d'excellence acquis au prix de tant de pire, n'était l'appréhension de braire.

Il vire avec un g^este d'aig-le et volte avecque des ruades, tandis que son pouce à chefsd'œuvre immortalise malgré lui des larmes et que la nécessaire esclave moissonne la céleste étable en tapinois, la joue quintefeuillée de gifles d'or.

LES REPOSOIRS DE LA PROCESSION

Las de son bât de g-énic dont s'illumine la ténèbre, enfin le Poète se couche.

Il song-e :

— La soufFrance véritable est faite de témoins. Or la foule, fascinée par mes fatales largesses, ig-nore encore qu'un peu dieu ne suis que parce que fus très homme .

Mais voici que, la brise d'étoile apportant le vag-ue vagissement du soupçon d'alentour, le song-eur sursaille — sans toutefois se lamenter, crainte, s'il touchait par még-arde au sonore jet de son g-osier, de voir sa plainte choir à ses orteils, solide, ainsi qu'un lingot d'ironie.

Paris, i885.

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