‹ Les Féeries: poésiesChapitre 12 sur 43 · LA DAME AU LEVRIER · texte numérisé non relu

LA DAME AU LEVRIER

Celle dont la noblesse enfanta des poètes Répudie aujourd'hui les meilleurs ouvriers De son rêve, mirant, inerme à toute fête, Sa tristesse exécrable aux yeux du lévrier.

Le royal animal implore une caresse En redoutant un très injuste châtiment, Et c'est triste que tant d'extase et de paresse S'évade par un songe infidèle qui ment.

A la brève faveur d'une aube inexorable De violents bouquets vont mourir au soleil Avec de longs frissons d'humanité coupable.

C'est un déchirement et c'est un long réveil Et la Dame à son tour pleure sur sa défaite En séchant saintement les larmes de la bête.

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