‹ Les Féeries: poésiesChapitre 27 sur 43 · ARTHUR RIMBAUD · texte numérisé non relu

ARTHUR RIMBAUD

Tu vendais du café, du poivre et de l'ivoire

Et des fusils au nègre qui jouait les Augustes,

Et si quelqu'un venu delà mourante Europe

Te demandait : «Vous avez fait des vers dans le temps? »

Tu fronçais le sourcil et haussais les épaules

Et refaisais le compte de tes dents d'éléphant.

Puis tu revins mourir quelque jour à Marseille,

Avec ton or conquis caché dans ta ceinture

Et tu traînais la jambe sur le pavé cruel,

Meurtri du poids de l'or, meurtri par tes blessures.

Rimbaud I ils f on dit mort en bon fils de l'Eglise

Car tu parlas d'Amour et de Terre promise...

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