L'AVARE
J'ai conservé quelques espoirs
Très anciens
Et qui sont mon bien.
Je n'en fais rien
Mais je les caresse le soir
D'un sourire. Et le temps passe.
Harpagon I Harpagon I regarde-moi en face,
Pourras-tu sans trembler, vieux ladre aux doigts crochus,
G)ntempler à loisir cet avare imprévu,
Ce fils que tu n'attendais pas ?
Regarde-moi, Papa !
LAVARE
Ton or ? Qpand par miracle il m'en tombe un morceau Dans les dents, je le croque ou le crache au ruisseau, Ton âme de métal pourtant sonne en mon âme.
Vieil avare de comédie, explique-toi mon petit drame. Ce qu'en vain je cajole à la faveur des soirs, Harpagon, ce n'est pas de l'or mais de Tespoir Ht, comme tu jeûnais pour empiler des sous, Je me prive d'amour, d'orgueil et de folie, Pour conserver mes vieux espoirs dans l'agonie. Pour me rouler dessus et pour dormir dessous. Pour me rouler dessus comme un porc Sur le douillet fumier.
Comme toi sur ton or.
Mon Père bien-aimé.