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CHAPITRE IV

A Loango. — Les nymphes de la source des diamants. La fête des Calebasses.

A Loango, les dames au visage pâle deviennent plus rares; je n'en ai rencontré que deux spécimens, charmants il est vrai : l'un est la belle Mme Fourneau, la femme de l'administrateur, et l'autre Mme Roques, la femme de l'aimable et obligeant docteur qui m'a fourni des documents précieux.

Mme Fourneau, qui est la grâce en personne, est, m'a-t-on assuré, d'origine britannique. J'ignorais cette circonstance et j'ai commis vis-à-vis d'elle une gaffe, que, j'espère, elle voudra bien me pardonner; car j'affirme ici que cette dame estbien le démenti le plus formel à tout ce que j'ai avancé dans mon livre à propos des Anglaises

que j'avais aperçues à bord de Y Albertville.

Revenons aux Africaines. J'emprunte encore les lignes suivantes à mon premier récit, en le complétant d'autres souvenirs recueillis à Loango.

Durant une excursion que nous fîmes, le lieutenant Simon et moi, avec M. Yergnes, négociant de l'endroit, à la merveilleuse rivière dite des diamants, nous rencontrâmes une source, qui sort des rochers et forme une grande vasque, abritée sous un immense bosquet de verdure; dans ce lieu, plein de fraîcheur et de mystère, où l'eau s'écoule avec un doux murmure, se baignait et s'ébattait tout un essaim de jeunes filles.

Notre apparition subite ne troubla et n'effaroucha en aucune façon ces enfants de la nature, qui jouaient en poussant des petits cris d'oiseaux. Elles nous procurèrent durant un instant un spectacle des plus gracieux : plusieurs me semblèrent presque jolies, surtout de corps. Ces filles, coquettes naturellement, adoptent en fait de toilette des usages et des modes qui les enlaidissent à plaisir : ainsi d'aucunes, les vierges, je crois, ou plutôt celles qui ont des prétentions à cet état, se barbouillent avec de la couleur rouge, non seulement le visage, mais tout le corps

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