II
jusqu'à la ceinture; la plupart ont, tatoués en relief, des ornements sur la poitrine et dans le dos. Elles ont également la fâcheuse habitude de s'attacher, en travers de la partie supérieure des seins, soit un lacet, soit leur pagne; elles arrivent ainsi à déformer rapidement une partie du corps qu'elles ont souvent très belle.
Tout calculé néanmoins, je ne saurais trop le redire, les femmes de couleur ne pourraient guère supporter la comparaison avec les blanches.
Chez la négresse, les charmes se flétrissent vite; la vie en plein air, le manque de soins, les durs travaux en sont la cause principale.
Les vieilles sont absolument hideuses et, en ce genre, elles défient toute description. Les pauvres créatures n'ont qu'une seule chose pour se consoler : c'est l'affection de leurs enfants qui gardent toujours, paraît-il, pour la mère, une tendresse sans égale, ce qui prouverait dans une grande mesure que le nègre est beaucoup moins mauvais qu'on ne dit.
C'est à Loango que j'ai eu pour la première fois le curieux spectacle d'un tam-tam, espèce de fête nocturne qui consiste à danser autour d'un feu, en battant du tambour et en poussant
des hurlements cadencés, avec force contorsions des hanches et du bassin. Il est à remarquer, en passant, que la danse, dans tout le continent africain, semble surtout destinée à surexciter les passions amoureuses, dans ce qu'elles ont de plus charnel et de plus animal : les femmes, aussi bien les Mauresques que les négresses, font assaut de mouvements lascifs. Ces exercices, qui durent jusqu'à une heure avancée de la nuit, semblent amuser énormément les noirs, qui me paraissent, avec une innocence d'enfant, se soucier fort peu de la décence et de la correction du maintien. Ça n'est pas en Afrique qu'il faut venir chercher des leçons de pudeur; du reste, ces gens-là semblent peu faits pour porter des vêtements. Rien n'est comique comme des nègres en toilette, hommes ou femmes.
Il m'a été donné également d'assister à une fête annuelle, dite des calebasses.
Les calebasses sont des jeunes filles arrivées à l'âge de puberté et qui, eu fait de fiançailles, se débarrassent, ce jour-là, en grande pompe et sans aucune façon, de leur virginité.
Voici comme il est procédé à cette étrange cé2*émonie :