‹ Les femmes au CongoChapitre 9 sur 42 · NAINE AKKA, DE LA MISSION · texte numérisé non relu

NAINE AKKA, DE LA MISSION

Je trouve les religieux bien plus égoïstes et plus préoccupés de leur bien-être que les pauvres sœurs, qu'ils tiennent le plus souvent en dure dépendance.

Parmi les dames qui ont eu le courage d'affronter les dangers du continent africain, j'en citerai encore deux, qui sont allées très avant dans l'intérieur; ce sont Mmes d'Encausse et Guynet, qui ont accompagné leurs maris en cours d'exploration au Soudan.

M. Guynet m'a raconté lui-même l'effet étrange et l'émotion produite dans le pays par l'arrivée d'une blanche. La curiosité de l'élément féminin se trouva excitée au plus haut degré: le costume, semi-masculin .et approprié aux nécessités d'un voyage dans la brousse, fit d'abord naître des doutes sur l'authenticité de son sexe, et il y eut parmi les noires un véritable travail de conspiration pour arriver à l'obliger à se baigner en compagnie des femmes du pays. Quant au chef, il voulut à tout prix mettre son harem à la disposition de M. Guynet, au vu et au su de Madame. Quelle diable d'idée ou de but pouvait bien avoir ce moricaud ?

Vous saurez qu'il circule, à propos des femmes

blanches, quantité de légendes au Soudan, entre autres celle que m'a racontée Marchand ; la voici pour ceux qui ne l'ont pas lue dans Vers le Nil:

« Il paraîtrait que trois espèces d'êtres peuplent l'univers : 1° les noirs, qui ont la terre; 2° les blancs, qui habitent la mer; 5° les diables, qui vivent dans un grand trou. Tous les ans, à une époque fixe, les blancs se rendent au bord de ce trou, et là le trafic suivant a lieu entre eux et les démons : ces derniers apportent toutes les choses extraordinaires qui étonnent les Africains et, quand le compte des objets est reconnu exact, les blancs emportent le stock et, en échange, j font un cadeau. Quel est ce cadeau? voilà le mystère. »

Le capitaine Marchand, à force 'de persévérance et de persuasion, aurait fini par faire avouer à un de ses domestiques noirs le grand secret : a ce que nous livrons en échange des trésors que nous apportent les démons, c'est (je vous le donne en mille) ... nos femmes ! ! !

ce Et voilà pourquoi on n'a jamais vu aucune femme blanche dans l'Afrique centrale. »

Si ces bons nègres ont en quoi que ce soit le sens de la galanterie, et je crois qu'ils l'ont, ils

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