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JEUNES FILLES DE LA MISSION, A LIBREVILLE

de la race des fameux nains dits de Stanley, appartenant à une tribu égarée dans les forêts environnantes. Elle et son mari vivaient à la Mission. Le R. P. Pringault a eu l'obligeance de me procurer leurs photographies; comme vous pourrez juger par cette image, ils ne sont pas séduisants et leur faciès indique une intelligence plutôt limitée. Les quelques types que je trouvai depuis sur ma route devaient me confirmer dans l'idée que ces nains sont encore inférieurs aux autres nègres ; ils me font en outre l'effet d'être rusés, vindicatifs et méchants.

J'ai également aperçu au milieu des négresses de l'endroit, parée d'une robe vert pomme et d'ornements extravagants, en similor, une albinos, absolument blanche de peau; c'était du reste répugnant à regarder, et cette femme me donna l'impression d'un lapin qu'on viendrait de dépouiller. En fait de portraits, je n'ai pu me procurer que celui de son frère, un chef du voisinage qui, m'a-t-on assuré, lui ressemblait parfaitement. Ces types de nègres blancs sont assez communs en Afrique. Ils naissent toujours de parents absolument noirs.

On rencontre à Libreville quelques dames

blanches avec leurs maris, qui le plus souvent appartiennent à l'Administration; ces dames, naturellement, n'ont rien de commun avee les femelles de l'endroit. L'une d'elles, dont j'ai déjà parlé dans mon premier volume, m'a frappé par sa grâce et l'élévation de son esprit, c'est Mme de Brazza. J'en ai conservé le plus respectueux et le plus charmant souvenir.

Une autre femme, digne de toutes les admirations, c'est la vénérable sœur Saint-Charles, qui, depuis trente-cinq ans vit dans le pays, qu'elle parcourt continuellement, à la recherche des infortunes à soulager, recueillant en même temps les petits noirs abandonnés ou malades. M. de Brazza m'a affirmé qu'elle faisait tous les jours 28 à 50 kilomètres à travers la brousse, par tous les temps, par toutes les saisons. Cette héroïne du bien a près de soixante-dix ans et continuera sans doute jusqu'à la mort sa mission d'abnégation et de charité.

Il y a tout de même de bien grandes femmes.

Je dois dire qu'en général les sœurs de Charité, que j'ai rencontrées ici, m'apparaissent très supérieures aux pères des Missions, surtout au point de vue du dévouement et de l'humilité chrétienne.

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