‹ Les femmesChapitre 12 sur 28 · VJ ÉLÊNORE DE CHASTENAY · texte numérisé non relu

VJ ÉLÊNORE DE CHASTENAY

obtenu votre permission; c'est pour remplir un devoir sacré, c'est pour obéira la prière d'une personne qui n'existe plus, et vous remettre une lettre d'un homme qui vous fut cher. Son contenu est un mystère pour moi. »

En finissant ces mots, Gaston présenta un billet à Élénore. Mademoiselle de Chastenay prit la lettre , et l'ouvrit. Pendant cette lecture, des larmes tombèrent souvent des yeux de la jeune femme; lorsqu'elle l'eut finie, elle se tourna vers Gaston :

« Je vous remercie, monsieur, lui dit-elle d'une voix émue ; je vous remercie de votre générosité : un rival comme vous vaut mieux qu'un ami. Mais, puisque vous ignorez ce que renferme cet écrit, veuillez m'écouter »

Élénore se mit alors à lire ce qui suit :

« Oh ! madame, je meurs sans vous avoir revue ! c'est le dernier, le plus cruel chagrin de ma vie. Le sort m'avait désigné pour être une des victimes de cette guerre fatale; priez pour moi sur la terre , je vais au ciel prier pour vous. Au moins, madame, ai-je la consolation de mourir airmilieu d'amis, de compatriotes; cette consolation, je la dois à mon rival en amour, à celui qui s'était résigné si héroïquement à son infortune, et que je n'avais pas d'abord apprécié, à M. de Saverny enfin. J'étais seul, éloigné de mon régiment, un bataillon ennemi m'entourait, j'allais tomber à la merci de ces misérables, lorsque M. de Saverny s'élança vers moi avec ses cavaliers, et parvint à me dégager : je tombai blessé dans ses bras. Ce n'est pas sa faute si je n'ai pas été sauvé : ses soins ont été dévoués eteonstants, et je lui rends grâce encore de m'avoir préservé de la honte d'être fait prisonnier. J'aime mieux mourir libre que d'avoir été vaincu.

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» Adieu, madame; daignez m'accorder une dernière grâce : donnez votre main à M. de Savenrj pour m'acquitter

envers lui. il est digne de vous. Je ne puis faire un plus bel éloge. Adieu, ange qui m'avez donné ici-bas une idée du ciel... »

" Élénore! s'écria Gaston , oh ! ne me refusez pas maintenait : je serais sans force contre une telle douleur.

Non , reprit Élénore en sourianl au milieu de ses larmes, puisqu'en vousépousanl , j'obéis à la fois au vœu de mon cœur ci au désir «le M. de Beauvoir. »

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