‹ Les femmesChapitre 11 sur 28 · LE RETOUR · texte numérisé non relu

LE RETOUR

La première campagne de Lorraine était terminée ; le printemps rendait à la nature ses beaux habits de fête , le

BLÉNORE Dl CHASTENAY M

soleil reluisait sur 1rs toits anguleux du vieux Paris, ei frappai) sur les vitraux des gothiques fenêtres. Triste et le front penché, un jeune homme suivait achevai les détours sinueux des lues les [dus isolées; cet homme, c'était Gastonde Saveiny. Pour la première lois, il rentrait dans ce Paris qu'il avait quitté depuis six mois; pour la première lois, il revoyait ces lieux qui renfermaient tout ce qu'il avait aimé , tout ce qu'il aimait encore. Oh! comme il respirait avec délices l'air de ces rues étroites et malsaines : tant il est vrai que le bonheur, le soleil et l'air pur sont là où le cœur est attaché' ! . . .

En vain Gaston avait cherché la mort, il n'avait trouvé que la gloire, et c'était comblé d'honneurs et de grâces royales qu'il rentrait dans son pays. Pourtant, dédaigneux de toutes ces joies terrestres, il aspirait vers un bien plus réel ; mais il craignait de ne pas l'obtenir. Le doute et l'inquiétude torturaient son âme ; car jamais le calme n'accompagne un violent amour, et tous ces supplices se multiplient à l'infini.

Bientôt il s'arrêta devant un hôtel à l'antique façade, aux riches sculptures, et, donnant son cheval à garder à un écuyer, il demanda mademoiselle de Chastenay.

On l'introduisit dans un salon richement meublé, où l'or étincelait de tous côtés , où le velours tapissait les murs. Une femme était assise dans cette pièce somptueuse auprès d'une des fenêtres ogivées. C'était Élénore. A la vue de Gaston, elle se leva; mais son extrême émotion la força de se rasseoir.

« Madame, dit M. de Saverny en pliant un genou devant elle, veuillez m'excuser si je me présente ici sans avoir

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