‹ Les femmesChapitre 25 sur 72 · LES INV1TEURS · texte numérisé non relu

LES INV1TEURS

roucoumille. Un peu braque , par exemple . Il arrivera chez vous sans chapeau, ou avec un soulier d'une façon et l'autre de l'autre.

diomède. Je vous présenterai à notre cercle. Le président sera heureux de vous accueillir. •

moi. En vérité, messieurs, vous me comblez.

roucoumille. Ëtes-vous amateur d'opéra?

moi. Jusqu'au délire!

roucoumille. Nous avons une troupe comme il n'y en a pas deux. Le ténor est un peu faible; mais la basse... c'est ça.

diomède. Nous n'aimons que les basses, à Toulouse.

caze^ave. Vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer, je vous en réponds.

moi. J'en suis convaincu.

diomède. Et les femmes, donc ! Vous nous en direz des nouvelles. Quels yeux ! quels cheveux ! Et comme c'est établi ! — Hein! les femmes, Cazenave?

càzenave. Oui, Clara, la maîtresse à Peyrolle.

roucoumille. Et Clotilde, celle au commandant !

diomède. Laisse donc! ta Glotilde a quatre dents fausses.

gazenave. Pour une belle femme, puiez-moi de Mariette, qui tient un magasin de modes ! Je veux que nous organisions une partie avec elle...

moi. Messieurs, messieurs, je suis marié !

gazenave. Bah! bah! une fois à Toulouse vous nous appartenez. Nous sommes une petite bande de lurons; nous avons un commissaire de police dans notre manche... — Mais vous ne pourrez rien voir en huit jours. Il faut nous rester un mois.

ROUCOUMILLE. DCUX lllOis !

diomède. Tout l'été !

moi. Je le voudrais de tout mon cœur, mais...

gazenave. Mais quoi? Est-ce que vous ne vous .reposez point quelquefois ? Est-ce que vous ne prenez jamais de vacances ?

moi. Si fait; je tacherai...

gazenave. Ah ça! pas de bêtise ! Vous savez que vous descendez chez moi, et que vous y demeurerez tout le temps de votre séjour.

moi. Oh ! pour cela, je ne peux accepter.

gazenave. Ce serait me faire un véritable affront, à moi et à mes ami», que d'aller à l'hôtel.

roucoumille. Certainement

LES INVITEURS. 111

diomède. D'abord, il n'y en a pas un de passable à Toulouse.

cazeinave. Je vous installerai dans une jolie petite chambre, au deuxième étage. Il y a une très-belle vue. Vous serez là entièrement chez vous; vous pourrez sortir et rentrer quand vous voudrez ; personne ne vous dérangera.

moi, ébranlé. Mais c'est moi qui vous dérangerai.

cazenave. Cessez. Je vous attends du premier au quinze mai.

moi. Eh bien, vous l'emportez, mon cher monsieur, mon cher...

cazenave. Appelez-moi Cazenave out court, vous me ferez plaisir.

moi. Oui, mon cher Cazenave, je cède à tant d'urbanité; j'irai à Toulouse, et je descendrai chez vous. — Ifeskiirs, soyez témoins de l'engagement solennel que j'en prends; j'ai éprouvé trop de plaisir dans votre compagnie pour ne pas désirer de me retrouver avec vous* le plus tôt possible. — A votre santé encore, messieurs, et au revoir à Toulouse!

TOl'S LES QUATRE, unissant leurs verres, comme ilans ui.e fin d'acte. A Toulouse!

112 LES FEMMES QUI FONT UEs SCÈNES.

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