POURQUOI !. ON AIME LA CAMPAGNE
l'amoureuse. Ces branches ont failli me déchirer la joue. C'est égal; c'est bien beau la campagne, n'est-ce pas, mon Paul ?
l'amoureux. J'aime la campagne !
ensemble. Nous aimons la campagne, parce qu'on y sent mieux son cœur battre ; parce que les aveux y fleurissent naturellement sur les lèvres; parce que les serments sont faits pour être prononcés sous le ciel et dans les parfums !
Nous aimons la campagne, parce que la campagne
C'est le désert. (Un bruit semblable à un baiser.)
un lézard. C'est étonnant ; ceux-là ne me font pas fuir.
DES BOURGEOIS, tout en sueur, leurs habits sous le bras, ployant sous dos paniers de victuailles.
Vive la campagne ! Vive l'herbe ! Vive les moutons ! Vive la joie et les pommes de terre en fleur!
Arrêtons-nous dans cet endroit, qui nous semble
très-favorable pour manger un morceau.
N'est-ce pas, madame Menesson?
N'est-ce pas, monsieur Douillard ?
Avec les châles de ces dames, que nous accrocherons aux branches des arbres (pas les dames, les châles; ni! ni! hi!) nous nous préserverons du soleil.
Allons, Chariot, mets la nappe, pendant que nous allons déballer les provisions...
une rose sauvage. Fi ! quelle société ! D'où cela sort-il?
un coucou. J'ai longtemps habité une cage, rue Saint-Denis; je crois que je reconnais une de ces figures-là.
les bourgeois. Dépêchons-nous! dépêchons-nous ! Ohé! les autres, arrivez donc!
Fichtre! le pâté s'est cassé en route, et la charcuterie a crevé le papier.
C'est égal, les morceaux en sont bons.
Il n'y a pas de plaisir sans peine, la brigue-dondaine !
Nous n'avons que trois assiettes, elles seront pour les dames; honneur au beau sexe!
Quant aux verres, puisque nous les avons oubliés, ma timbale d'argent servira pour tout le monde ; nous ne sommes pas dégoûtés les uns des autres.