JE M'APPELLE CORBIN
J'ai à raconter une aventure arrivée à une femme, autant affolée de noblesse que la comtesse d'Escarbagnas.
Elle ne voulait frayer qu'avec des gens de qualittL
Et pourtant, elle était née avec un cœur sensible.
Comment accorder la voix, la voix suppliante de ce pauvre cœur, avec l'accent impérieux de l'orgueil héraldique ?
Il fallait au moins douze quartiers pour lui baiser la main;
Vingt quartiers pour lui écrire un billet doux;
Trente quartiers pour lui dire : Je vous aime !
Il fallait remonter jusqu'aux croisades pour suivre la progression.
Aussi, que de fois son cœur eut -il à souffrir et à murmurer!
Mais le préjugé fut toujours le plus fort.
Pas d'armes — pas de marquise.
Car elle était marquise.
Un jour, il se présenta un fort bel homme, à la poitrine bombée, aux sourcils extrêmement noirs et fournis, comme le Du Bousquet du roman de Balzac : la Vieille Fille.
C'était probablement un homme qui avait à se venger de quelque chose ou de quelqu'un.
Il se faisait appeler le vicomte de Saint -Ovipare.
Il avait un carrosse et des gens.
Son ton était exquis.
Il disait belle dame! à toutes les femmes, et il baisait dévotement le bout de leurs doigts gantés.
Le vicomte de Saint-Ovipare n'inspira aucune méfiance à la marquise.
Au contraire.
Il chercha à plaire, — il plut.
Il fit son métier de soupirant en conscience.
Enfin, il obtint un tendre rendez-vous.
Et... lorsqu'il n'eut plus rien à souhaiter, Il s'écria d'une vois retentissante :