‹ Les femmes comme elles sontChapitre 4 sur 45 · COMMENTAIRE GALANT · texte numérisé non relu

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l'himme s'agite , la femme le inéne, parce que la femiïic est tout à la fais le bien et le mal, la quatrième vertu théol<h g(deetle huitième péché mortel. Comme range rebelle, qui se souvient du ciel et qui travaille pour Venfer, la femme est commencée par Dieu et achevée par Satan.

Où est la femme? disait le magistrat que vous savez, à cha^que procès que plaidaient ses justiciables*

Où est la femme? répètent avec le subtil questionneur touê ceux qui veulent expliquer à peu près raisonnablemefU Vhi^ toire des peuples et le rotnan des âmes.

Quand un sculpteur a fait une belle statue, — oà est la femme? Quand un poète a fait un beau livre ^ —• où est la

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femme? Qttand un héros a gagné une bataille, — où est la femme?

Dans r Olympe, le dieu de la pensée est un homme; mais Apollon , que fait'il sans les neuf muses ? Or toutes les fem» mes sont des muses, muses des passions et des crimes, des hé^ roïsmes et des misères.

Élus ou réprouvés, déchus ou rachetés, notre destinée commune se rattache à CÉden ou à Bethléem: nous relevons tous d'Eve ou de Marie l « Ab Jove principium! » s*écrie le poète fervent. Mais , s'il Veut que nous confessions Jupiter, il faut que, sous les antres de Crète, il nous ait arrêté Sabord dans le groupe souriant des nourrices du jeune dieu.

Si saint Bernard et saint Dominique ont fait des maîtres du monde les vassaux de leur parole brûlante c'est quHU étaient plutôt les chevaliers de la Vierge que les féaux du Christ; c'est qu'avant d'engager leurs croisades, ils avaient vu, durant les belles veillées d'extase, Vunivers rayonner dans le voile de Vhumble fille de Nazareth vers qui descendit Gabriel.

Oui, le ciel lui-même n'aurait plus sa chaleur et sa lumière sans cette présence réelle de la fenime !

La lyre d'Apollon ne commence à vibrer que sous le souffle léger de Daphné qui s'enfuit. Sans Isis , Osiris n'est que ta moitié d'un dieu ; sans Sitâ , Bamâ serait à peine un héros ! Quand l'âme du vieux Faust échappe aux griffes tenaces de Méphisto, elle flotte incertaine de sphère en sphère. En vain chemine»t^lle à travers les étoiles : ce ne sont pas les saints et les martyrs qui donneront un refuge à la pèlerine errante. Mais elle a retrouvé celle qui fut Marguerite, mais elle a été touchée par le rayon de la mère sept fois douloureuse ; elle est sauvée, elle est en possession de sa destinée bienheureuse, elle est entrée dans Téternel féminin !

Bedescendons sur terre. Aussi bien la femme n'est pas suze-

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raine seulement sur les cimes sacrées : Marie VÉgyptien^e et sainte Thérèse ont des sœurs qui se compromettent volontiers dans le sabbat des passions et dans le tripot des réalités; celles^ là imposent le mot d'ordre à toute V infernale compagnie d'ici'bas ; mais les unes et les autres gardent une égale mfluence.

Sainte Paula est pour beaucoup dans la sainteté de Jérôme; mais madame Guyon est pour plus encore dans les erreurs de Fénelon,

Pour rassurer contre quarante ans d'épreuves Vâme ora* geuse de Michel-Ange, il suffit du mystique attachement de la marquise de Pescaire, Pour ruiner et pour dépraver André del Sarte , il ne faut qu*un caprice vaniteux de sa Lucrèce, Depuis Eve , qui n'aimait pas asse% Adam, et depuis Zu-^ leikay qui aimait trop Joseph, les individus et les empires vi* vent au gré de quelques femmes.

L'Orient et VOcddent s'ébranlent pour Hélène, la veuve aux cinq maris ; Hercule est vaincu par Omphale; Antoine est dompté par Cléopûtre; Eurydice entraîne Orphée dans les Champs-Elysées; Merlin est emprisonné par Viviane; Fastrade morte enchaîne Charlemagne sur son tombeau; Béatrice élève Dante jusqu*aux bleus sentiers du paradis.

Ce n*est pas Hiram, c'est Balkis qui bâtit le temple de Jéru* salem , c'est la veuve adultère de Ninus qui dresse les porti* ques de Babylone , c'est la courtisane Rhodope qui assemble les masses énormes des pyramides ; mais c'est Thaïs la coût' tisane qui brûle les palais de Persépolis, Hersilie ou Vélurie arrêtent la fureur des soldats qui s'égorgent; mais quune marquise de hasard jette sa pantoufle au plafond en signe de guerre, et toutes les armées de VEurope bivaqueront sept ans sur les champs de bataille.

Donnez des couteaux à Judith^ qui va délivrer Béthulie, ei

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