C. Del A VIGNE
® Qu'on n'aille pas croire qu'une femme, parce qu'elle est vieille, soit un écueil à éviter. Telle n'est pas notre pensée; bien au contraire. C'est la fréquentation des femmes qui inspire cette urbanité, cette élégance de manières, ce ton de politesse et de douceur, enfin cet amour-propre bien entendu qui peuvent seuls donner a l'homme cette ombre de perfection à laquelle il lui est permis d'atteindre. Mais les jeunes femmes, en nous faisant contracter à notre insu, par leur influence directe sur notre àme, toutes ces faciles habitudes qui font l'homme aimable, doivent plus tard profiter de cette amabilité que nous avons acquise auprès d'elles. Les femmes sont solidaires de bonté, de grâce, d'esprit et d'indulgence : ce sont des vertus qui s'étendent à tout le sexe en général. Notre respect et nos soins doivent donc se porter sur elles toutes. Combien n'avons-nous pas à profiter auprès d'une femme chez qui la vieillesse n'a détruit que la beauté! Combien deviennent doux alors les conseils de l'expérience! Ce ne sont plus les ' reproches et les récriminations d'un vieillard humoriste et désillusionné; ce sont les avis d'une femme aimable,' qui ne nous donne que des leçons douces, parce qu'elle les puise dans des souvenirs remplis de charmes. C'est une morale qui sait le chemin de notre cœur, parce qu'elle n'est pas ennemie du plaisir, et qu'elle nous est dite par ce sexe qui a toujours su se faire entendre à notre Ame.
Je parle ici des vieilles femmes en général. On en rencontre quelquefois que la vieillesse rend maussades et même méchantes, et qui se vengent sur les jeunes de la perte de leur beauté. Mais ce sont des exceptions auxquelles il ne faut pas s'arrêter, et l'on peut dire hardiment qu'un homme qui plaisante les vieilles femmes est indigne d'être aimé des jeunes. H. Raisson.
. ® Dans les deux sexes, c'est de la manière dont on a employé la jeunesse que dé|)end le sort de l'extrême vieillesse; cela est vrai de meilleure heure pour les femmes. Comment une femme de quarante-cin(| ans est-elle reçue dans le monde? D'une manière sévère et |)lutôt inférieure à son mérite; on les flatte s vingt ans, on les abandoime à quarante.
it>8 LES FEMMES D'APRÈS LES AUTEURS FRANÇAIS.
&3 Pauvres femmes, dès qu'elles n'ont plus le brillant de la jeunesse, leur unique et triste bonheur est de pouvoir se faire illusion sur le rôle qu'elles jouent dans le monde. Stendhal.
m Les vieilles femmes devraient toujours respecter assez leur mort prochaine pour ne point se harnacher de plumes, de guirlandes de fleurs, de rubans de couleur tendre et de mille affiquets qui ne vont qu'à l'extrême jeunesse. Elles ont beau faire des avances à la vie, la vie n'en veut plus.
Théophile Gautiek.
^ Un violent chagrin, pour une jeune femme, est une vieillesse anticipée, et, il faut le dire, une sorte de corruption. Oui, une douleur trop anière déprave le cœur, car on ne la supporte (ju'en la profanant. M'"" É. de Gh^abdin.
® Le diable aime à peigner avec ses cornes la quenouille des vieilles femmes.